A qui appartient la ville ? Quelques pistes pour faire dérailler TESO

Texte lu devant la médiathèque José Cabanis à Toulouse lors de la manifestation du 1er avril contre le TESO et la métropole. Une tentative de comprendre qui se cache derrière l’empilement des acronymes, qui décide de l’aménagement de la ville, de la destruction d’une partie de la ville, et de la construction d’un quartier d’affaire géant. Une réponse technique à la question : « à qui appartient la ville ? ». Mais aussi quelques pistes pour faire dérailler le train TESO, ou du moins ses conducteurs.

Jean-Luc Moudenc

Bienvenue à toutes et à tous dans ce lieu magique. Là où vibre le cœur de la métropole toulousaine, un cœur dont le battement résonnera bientôt dans toute l’Europe grâce à l’Occitanie Tower ! Je suis Jean-Luc Moudenc votre maire. Et c’est un honneur de prendre la parole parmi vous.

Surtout dans ce lieu chargé d’histoire. Derrière moi les allées Jacques Chaban Delmas, ancien maire de Bordeaux, un grand visionnaire qui porta à bout de bras la destruction du quartier Meriadek à Bordeaux. Un grand quartier populaire rasé, des habitants chassés dans des citées dortoirs et remplacés par 30 ha de béton, une vraie merveille. Un exemple pour ma métropole, notre métropole !

A ma gauche et à ma droite, les locaux de Toulouse Métropole, une entité bienveillante mais surtout ambitieuse. Des locaux dont les vitres ont malheureusement été étoilé par quelques âmes perdus. [1]

Les présentations sont faites, nous allons maintenant passer dans le vifs du sujet, en détaillant les différents acteurs du projet TESO, Toulouse Euro Sud Ouest. Le langage de l’aménagement du territoire et de l’administration de vos vies déborde d’acronymes obscures, vous risquez de vous y perdre. Mes faites confiances à mes collaborateurs.

C’est avec regret que je dois vous quitter, mes fonctions m’appellent. N’oubliez pas qu’en plus d’être maire je suis également :
- Président du conseil d’administration et directeur général de la S.E.M. ECONOMIQUE ET TOU (office de Tourisme, So Toulouse, et Invest in Toulouse)
- Président du C.A. d’EUROPOLIA
- Administrateur de la S.E.M. D’EXPLOITATION DE CENTRES CULTUREL EDUC
- Président de Toulouse Métropole
- contrôleur général de 1re classe à la Cgefi : Contrôle général économique et financier
- Président de l’association France Urbaine, l’association des maires de France
- membre de SMTC-Tisséo, Syndicat Mixte Transports en Commun de L’Agglomération de Toulouse, un autre pilier du projet d’aménagement TESO.

Bref, il est largement temps de céder la parole à Mr... Alain Garès !

Alain Garès

Bonjour, je suis Alain Garès directeur général de la S.E.M. Europolia. L’entreprise qui gère le pompeux projet TESO.

S.E.M. pour Société d’Economie Mixte. Une société anonyme, une S.A. avec les pouvoirs d’une entité publique, et la souplesse du privée. Une S.E.M. peut acheter des terrains, en réquisitionner, faire construire puis vendre, accumuler des bénéfices, embaucher des sous-traitants. Le tout avec le fric des collectivités locales, la région Occitanie (Tower !) par exemple. J’en profite pour saluer Carole Delga qui doit être parmi nous aujourd’hui. Le reste du capital d’Europolia étant fourni par Toulouse Métropole. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir mutualisé une partie de ses moyens avec une autre S.E.M. toulousaine, Oppidea. Qui a elle dans son conseil d’administration la CCI, la Caisse d’Epargne, le Crédit Agricole ou encore la Banque Populaire : « un mode d’action conjuguant sens de l’intérêt général et obligation de résultat, engagement sur le long terme et réactivité », comme l’explique si bien le site internet de la SEM Oppidea. [2]

Mon métier en tant que Directeur Général consiste avant tout à promouvoir la con-cer-ta-tion. C’est « indispensable pour faire émerger une acceptation du projet et désamorcer les conflits » Mais soyez rassurés, « la concertation ne remplace pas les compétences des urbanistes et des ingénieurs ».

Bref je m’égare un peu. Je laisse la parole à une autre administratrice d’Europolia.

Nadia Pellefigue

Bonjour, bonjour à toutes et à tous. J’avoue être un peu mal à l’aise devant vous. J’ai plus l’habitude de parler devant des investisseurs, des créateurs d’entreprises et des promoteurs. [3] Comme lors des déjeuners DCF Montpellier, ce superbe réseau de commerciaux aux dents longues soutenu par Vinci Facilities, entre autres. [4]

Je souhaite que le projet TESO aille à son terme, le dynamisme de notre région est en jeu. Et je suis bien placé pour en parler, de part mes fonctions de présidente déléguée de Madeeli (l’agence de l’innovation en Occitanie (Tower !)), ma vice présidente du Conseil Régional d’Occitanie (Tower !), ma vice présidente de la commission des affaires européennes et de la coopération internationale, ma fonction d’administratrice de la S.E.M. Montpellier Events, de la SORIDEC (un fond d’investissement), de l’Etablissement Public Regional Port sud de France, et de MIDI-PYRENEES CROISSANCE un excroissance de BPI France : « Le meilleur du privé, le meilleur du public. Le tout, dans une banque. » [5]

J’occupe tout ces postes car « La politique n’est pas qu’une affaire de mandats » comme j’aime le dire. [6] Et il me faut une belle gare et un beau TGV pour assurez mon emploi du temps démesuré...

Le tout dans des lieux et des espaces, propres, apaisés. Et pour cela nous pouvons faire confiance à Olivier Arsac, l’adjoint au maire chargé de la sécurité. Je le salue.

Je remercie aussi chaleureusement Dominique Faure, la présidente de l’EPFL [7] du Grand Toulouse, qui réquisitionne de nombreux bien immobiliers pour les futurs aménagements du TESO. [8] Elle est également maire de St Orens et candidate aux législatives, peut-être irez vous faire un tour à son local de campagne lui passer bonjour de ma part, elle n’a pas pu faire le déplacement aujourd’hui.

La liste des remerciements serait bien trop longue, alors je m’arrête ici, et ne remercie par Guillaume Pepy, le président de la SNCF qui menace de nous priver de la LGV ! N’oubliez pas de signer la pétition de notre maire adoré !
A très bientôt !

Notes

[1En février 2016, en soutient à la ZAD de Notre-Dame des Landes. Voir ici.

[2Voir l’article Europolia, Toulouse Euro Sud Ouest, ou la fusion des bureaucraties pour la structure totalitaire finale, sur le blog Puissance Plume
http://www.p-plum.fr/spip.php?page=article&id_article=293 .

[3Réponse de Nadia Pellefigue « l’étoile montante du PS haut-garonnais » lorsqu’elle est interrogée à propos de son renoncement à être élu au Conseil Municipal de Toulose https://www.lejournaltoulousain.fr/politique/nadia-pellefigue-je-ne-pense-pas-que-lon-ait-besoin-de-personnalites-franciliennes-28511.

[4Le capital social d’Oppidea est détenue à 66 % par les collectivités locales. Le reste est partagé entre des établissements financiers, Habitat Toulouse, la Chambre de Commerce et d’Industrice, etc.
http://www.oppidea.fr/lentreprise.html.

[5Alain Garès : « Désamorcer les conflits » (Les Échos le 21/10/2015)
https://www.lesechos.fr/21/10/2015/LesEchos/22049-352-ECH_alain-gares-----desamorcer-les-conflits--.htm.

[6[6] DCF (Dirigeants Commerciaux de France), est une association dont un des buts est d’« Offrir aux directeurs commerciaux des grandes sociétés un groupe privé exclusif, de réflexion et d’influence. ». Nadia Pellefigue était l’invité de DCF Montepllier le 23 septembre 2016
https://fr-fr.facebook.com/DCFMontpellier/photos/pb.149172455202160.-2207520000.1475323955./1061023674017029/?type=3
DFC Montepllier a du beau monde parmi ses membres : le Responsable Commercial Vinci Facilities , le Conseiller clientèle de la Société Générale, le Directeur de Novotel Montpellier , la Chef des Ventes Languedoc-Roussillon JCDecaux, le Directeur Régional de Veolia, etc
https://www.dcfmontpellier.com/membres.

[7EPFL, Établissement Public Foncier Local du Grand Toulouse, créé en 2006 « permet de mettre en œuvre une stratégie foncière à l’échelle du territoire de la métropole, en constituant des réserves foncières et en réalisant les acquisitions foncières nécessaires aux opérations d’aménagement destinées à promouvoir le logement social, l’accueil d’activités économiques et la réalisation d’équipements publics » (Cours des Comptes, 2015)
https://www.ccomptes.fr/Actualites/Archives/L-etablissement-public-foncier-local-du-Grand-Toulouse-une-necessaire-reflexion-sur-le-perimetre-et-la-coordination-des-interventions. Soit acheter des terrains pour ensuite revendre aux collectivités, ou aux promoteurs. Une bonne partie des immeubles prochainement rasés pour le projet TESO ont déjà été racheté par l’EPFL ou Toulouse Métropole : « à la date du 31 décembre 2015, l’EPFL a d’ores et déjà procédé, pour le compte et à la demande de Toulouse Métropole, à l’acquisition de 222 biens immobiliers comprenant notamment 181 logements et 16 locaux commerciaux pour un montant global de 28,69 millions d’euros » (Projet Toulouse Euro Sud Ouest TESO) : Adoption d’une convention d’opération avec l’EPFL)
http://deliberations.toulouse.fr/data/archive/20160307_DELIBERATION_DEL-16-0054.pdf.

[8C’est leur véritable slogan. Chacun-e pourra l’interpréter à la guise
http://www.bpifrance.fr/

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  • 13 juin

    Europolia n’est pas une SEM (société d’économie mixte : capitaux publics et privés), europolia est une SPLA : société publique locale d’aménagement, elle n’a que des actionnaires publics, région et TM, n’a que de l’argent public, pilote des projet de maitrise d’ouvrage publique, a en son sein des agent détachés de leur établissemnt public ou collectivité mais qui y gagnent bien mieux leur vie, et ne peut travailler que pour ses actionnaire.
    bref c’est une société qui fait courir le risque financier uniquement sur des deniers publics. et pourtant globalement elle fonctionne comme du privé quand ça l’arrange : par exemple la rémunération de ses salariés, que dire de son DG, 68 ans accroché à la branche si prolifique pour lui...

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