Le Uber de la restauration débarque à Toulouse. L’indépendance, c’est l’esclavage.

« On travaille en free-lance » ; l’affirmation, orwellienne, sort de la bouche d’un de ces jeunes gens branchés qui arpentent depuis peu les rues de Toulouse. Trench, sacs à dos et casquettes vertes vissés sur la tête, ils et elles vous livrent chez vous et en vélo le plat de votre resto favori. Ils et elles n’ont pas de contrat de travail, sont rémunéréEs à la course, et n’ont qu’un seul client : Take Eat Easy pour les unEs, Deliveroo pour les autres. Récit d’une collaboration libre, heureuse et, surtout, totalement indépendante.

Jordan a 23 ans, enchaîne les petits boulots et a deux passions : le vélo et la liberté. Récemment, il s’est donc créé un statut d’auto-entrepreneur, condition préalable pour pouvoir « collaborer » avec Take Eat Easy, une association de promotion du vélo et de la liberté, qui se propose de mettre en relation les plus grands restaurants avec les plus flemmardEs de leurs clientEs. Jordan a entendu dire qu’ils recrutaient des cyclistes passionnéEs :


Ce dimanche matin, il est en retard pour sa « shift » (on ne dit plus « vacation », c’est has been) : il s’était inscrit via l’application Take Eat Easy pour pratiquer sa passion de 11h30 à 15h30. Tous les magasins sont fermés et il a mis un certain temps avant de trouver une chambre à air pour son vélo, dont la roue a crevé la veille lors d’une livraison free-lance. C’est ça, le prix de l’indépendance ! On a la charge de son propre matériel. Mais la bonne nouvelle c’est qu’il lui suffira d’une livraison (rémunérée 6€ brut) pour se rembourser. Et hop, une chambre à air gratos !

Il a eu chaud, Jordan. Le week-end dernier, il était tombé malade et avait du annuler sa shift au dernier moment. Annuler moins de 48h avant la prise de poste, c’est un « strike ». Au troisième, c’est la sanction : on ne fait plus appel à vous. Mais on ne se prend pas le chou avec des procédures de licenciement : Dieu merci, vous n’êtes pas salariéE !

Sauf que samedi, il en était déjà à son deuxième strike. Sa crevaison l’avait amené à refuser une commande. Et il est interdit de refuser une course, même librement, tant que la shift n’est pas finie.

11h30. Jordan se rend au point de rendez-vous, où il retrouve des jeunes collègues aussi épris de liberté que lui, ainsi que leur chef d’équipe, oups, leur collaborateur/formateur de Take Eat Easy.

Librement, toujours, il attend que le smartphone fourni par la boîte sonne. Dans ce téléphone, un tracker GPS, qui permet à son employeur, pardon, son client, d’admirer ses performances sportives en temps réel. Sauf qu’aujourd’hui, il fait beau, et les commandes ne se bousculent pas. Et quand plusieurs livreurs.ses sont vacantEs en même temps et au même endroit, l’algorithme fait appel en priorité aux cyclistes les plus rapides, les plus passionnéEs. Autrement dit à celleux qui grillent le plus de feux rouges [1]. Drôle d’ambiance, mais ça participe à l’esprit sportif de la communauté ! Le belge Adrien Roose, CEO de la boîte (oui, « Chief Executive Officier », c’est moins ringard que « Président Directeur-général », vous en conviendrez) le dit lui-même ; « Les gens qui font ça ne le font pas que pour le complément de revenu, mais aussi pour appartenir à une communauté, pour faire du sport. » [2] Une vraie MJC ! Adrien n’a d’ailleurs pas hésité à lever 16 millions d’euros sur les marchés financiers pour promouvoir le sport en général et la pratique de la petite reine en particulier.

De temps en temps, Jordan croise les types d’Allo Resto, sur leurs scooters du siècle dernier. Ils.elles font le même boulot, à la différence qu’ils.elles sont sous le joug d’un contrat de travail. On dit que ce sont des « salariéEs »... Un mot un peu barbare, qui fait rigoler Jordan. Et en même temps, il ne peut s’empêcher de les plaindre. Lui, il est libre. Il n’est pas obligé d’observer un jour de repos par semaine, de s’ennuyer en congés payés, de cotiser à des mutuelles obligatoires… Bref, il est in-dé-pen-dant.

Il s’est renseigné, il peut même crever librement ! Le journal La Tribune a posé la question au CEO. « Qu’avez-vous prévu si [l’unE de vos coursierEs] se retourne contre vous en cas d’accident ?
– Nous avons étudié cette question avec nos conseillers juridiques. Normalement, les coursiers ne pourraient pas se retourner contre nous, l’assurance est à leur charge et nous vérifions qu’ils en ont une.
 »

Magnifique !

Qu’un coursier en manque de sollicitations force un peu sur la pédale pour améliorer ses résultats ne regarde que lui, et éventuellement la carrosserie du véhicule sur lequel sa tête viendra percuter. Chez Take Eat Easy, le droit à la vie privée n’est pas un vain mot !

Bien sûr, Jordan n’est pas assuré, et, comme certains de ses collègues, il n’a pas de freins sur son fixie. Ça lui rappelle la lourdeur administrative du salariat. Ce sont les mots du patron, enfin, du client (décidemment !) : « Nous ne pourrions pas opérer avec le statut d’employés. Il y a trop de lourdeurs administratives ». C’est vrai, c’est ennuyeux les lourdeurs administratives, surtout en vélo. « Mais après tout, nous proposons une alternative aux coursiers qui travaillent au noir ! » Les coursiers à vélo au noir, un des pires fléaux de notre temps... après les lourdeurs administratives.

Profession : salariéE indépendantE

C’est marrant, tout de même, ces collaborations auto-entrepreneuriales. Ça ressemblerait presque à du salariat !

Mais d’ailleurs, quelle est la différence ?

Oh, trois fois rien rien. Si ce n’est que le.la salariéE est encadréE par un vieux truc lénifiant que l’on appelle trivialement le « droit du travail », tandis que l’auto-entrepreneur.se est libre, libre comme l’air, libre comme le renard libre dans le poulailler libre, bref, libre de fermer sa gueule.

C’est à se demander comment il peut encore se trouver des entreprises assez rétrogrades pour salarier leurs travailleurs.ses… On voit de tout, certes, mais quand-même !

Un peu d’autodéfense juridique

C’est la cour de cassation et le ministère du travail qui ont posé des limites au recours à l’auto-entrepreneuriat. A la différence du.de la salariéE, l’auto-entrepreneur.se doit exercer son activité en toute indépendance, et ne peut avoir aucun lien de subordination avec son.sa clientE.

Comment définir le lien de subordination ? Selon la cour de cassation, il « est caractérisé par l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner le manquement de son subordonné ».

Le ministère du travail, interpellé en 2010 sur le fait que de plus en plus d’entreprises avaient la fâcheuse tendance à utiliser des jeunes auto-entrepreneurs.ses pour mieux contourner le droit du travail, a précisé la notion d’activité indépendante :

« Une activité indépendante se caractérise essentiellement par le fait que celui qui l’exerce a pris librement l’initiative de la créer ou de la reprendre, qu’il conserve, pour son exercice, la maîtrise de l’organisation des tâches à effectuer, ainsi que de la recherche de la clientèle et des fournisseurs.
Tout autre est donc la situation de personnes, salariées ou engagées dans un processus de recherche d’emploi, à qui l’on demande de se déclarer comme auto-entrepreneur alors qu’elles travaillent en pratique sous l’autorité de leur recruteur
 » [3].

C’est une lourdeur administrative qui pourrait avoir des conséquences très malheureuses pour Take Eat Easy, si par malheur Jordan se révélait de nature procédurière ou si, moins probable, il lisait IAATA entre deux shifts. En effet, s’il arrivait à prouver qu’il existait un lien de subordination entre son « client » et lui, alors il risquerait de gagner assez d’argent pour découvrir le vrai sens du mot « indépendance ».

Car en cas de requalification du contrat par le tribunal des prud’hommes, toutes les sommes versées à Jordan auraient rétroactivement le caractère d’un salaire. Par conséquent, le client, requalifié en employeur, serait condamné à acquitter l’ensemble des cotisations sociales afférentes aux sommes versées à l’auto-entrepreneur. Ce dernier pourrait du coup réclamer une rémunération au moins égale au SMIC. Sur le plan de la durée du travail, il deviendrait soumis au régime des 35 heures et pourrait solliciter le paiement d’heures supplémentaires s’il établit en avoir effectuées. Enfin, si la relation entre les parties prenait fin, la rupture serait nécessairement qualifiée de licenciement sans cause réelle et sérieuse. Dans ce cas, pour Jordan, c’est carrément le jackpot : Take Eat Easy devrait verser une indemnité légale de licenciement, une indemnité compensatrice de congés payés sur préavis, des dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse… [4]

Mais pour ce faire, il faudrait prouver le fameux lien de subordination. Rien de plus simple. La jurisprudence a reconnu quelques éléments permettant de déceler les abus :

-  Mise à disposition du matériel (Take Eat Easy fournit à Jordan un smartphone, une tenue estampillée du logo de l’entreprise, un sac de livraison et éventuellement un porte bagage) ;
-  Instructions spécifiques pour l’exercice d’une activité (Jordan est obligé de livrer en vélo, alors qu’unE clientE ne peut exiger qu’un résultat, et non une méthode pour y parvenir) ;
-  Travail au sein d’un service organisé (Jordan s’intègre à une organisation du travail entièrement pensée hors de lui) ;
-  Existence d’un système de sanction (les strikes) ;
-  Comptes-rendus périodiques (le tracking GPS) ;
-  Le fait de n’avoir qu’un seul client ;
-  Le fait pour le prestataire de n’avoir ni carte de visite ni adresse email professionnelle ;
-  …

Autant d’indices qui permettraient à une cour prud’homale d’apprécier le niveau d’indépendance de Jordan.

Mon entretien avec un porte-parole de Take Eat Easy

L’auteur de ces lignes, lui-même cycliste passionné (mais bénévole !), a voulu prévenir Take Eat Easy d’un tel péril (rouge). Endossant ma plus belle veste de costume (avec un jean en dessous hein, c’est une start-up, pas une entreprise...) j’ai été prendre un café avec Thomas Poitroneau, un officiel de la boîte.

Le rendez-vous est pris quelque part sur les allées Jean Jaurès, où Take Eat Easy partage son espace de co-working avec… Uber – la pomme ne tombe jamais loin du pommier. Dans sa novlangue polluée d’anglicisme à vous en faire saigner les oreilles, le « city manager » a pris le temps de me rassurer, une fois son « call » terminé (franco-belge, on a dit, la start-up).

Non, Take Eat Easy ne recourt pas à des auto-entrepreneurs.ses pour contourner le droit du travail. Quelle mauvaise langue faut-il être... S’il ne salarie pas ses coursierEs, c’est simplement parce que « 70% [d’entre elleux] sont étudiants ou ont déjà un job à côté » ! Moi qui pensais que l’on pouvait avoir un contrat de travail tout en suivant des études...

Mais si la start-up ne fait appel qu’à des prestataires, c’est surtout, surtout par amour de la liberté. « Les coursiers travaillent quand ils veulent, ils apprécient cette flexibilité » C’est beau, la flexibilité... Ça sonne quand-même mieux que « précarité », qui peut prétendre le contraire ? « Et en plus, ils sont payés pour faire leur passion !  » (sic). Alors...

Mais, vraiment, les coursierEs sont indépendantEs ? La veste Take Eat Easy ? « Personne n’est obligé de la porter, mais les coursiers la mettent quand-même, parce que ça protège de la pluie, c’est pratique » (re-sic). Le smartphone ? « On en donne uniquement à ceux qui n’en ont pas ! » Les coursierEs n’ont qu’un seul client, Take Eat Easy ? « Faux ! J’an plein de coursiers qui travaillent pour d’autres clients. Enfin, trois ou quatre…  » [sur plusieurs dizaines de livreurs.ses, ndlr]. Ils et elles peuvent donc, si je comprends bien, enfiler la casquette Take Eat Easy le samedi et celle de Deliveroo le dimanche ? « Aucun problème ! » Et ça se fait ? « Hum… » [5].

Mais, tout de même, Jordan m’a confié que le port du casque était obligatoire, et que s’il se faisait prendre sans, il écopait d’un strike. N’est-ce pas en contradiction avec le principe d’indépendance ? « Non, on ne leur donne pas un strike pour ça ! enfin, c’est ce qu’on leur dit, mais c’est pas vrai ! » Ouf, si c’est pas vrai, alors…

Il m’a dit aussi qu’on lui avait expressément demandé de créer un statut d’auto-entrepreneur pour pouvoir travailler pour vous, c’est vrai ? « Non, on leur dit que s’ils sont auto-entrepreneurs c’est bien, ça veut dire qu’ils pourront travailler pour nous, mais s’ils ne le sont pas, tant pis, on travaille pas ensemble ! » Décidément, je me suis vraiment inquiété pour rien.

Reste que, si Jordan voulait livrer en trottinette, le pourrait-il ? « Non, non, Take Eat Easy, c’est la livraison en vélo, c’est notre marque de fabrique ». Mais, si vous imposez à un prestataire ses méthodes de travail, ce n’est plus un prestataire, c’est un salarié, non ? « Hum… »

Et Thomas Poitrineau de laisser sa langue de bois (devrais-je dire sa langue de wood) au vestiaire pour m’exposer sa vision du monde. « Ce qui pose problème, c’est la législation. Ce n’est pas nous qui devrions travailler comme Allo Resto, mais Allo Resto qui devrait pouvoir travailler comme nous. » Comprendre : ce qui pose problème, c’est le fait qu’il existe une législation. Et les lourdeurs administratives qui vont avec...

Le monde que dessine Take Eat Easy, c’est celui dont Uber a fait l’ébauche ; une utopie libérale dans laquelle celui ou celle qui ne possède que sa force de travail traite sur un pied d’égalité avec celui.celle qui détient le capital. La législation, la loi, les règles ne font qu’entraver les belles promesses de la nouvelle économie, qui ne connaît ni exploitantEs, ni exploitéEs, seulement des collaborations entre riches et pauvres. Une sorte de retour au XIXème siècle qui nous prend assez pour des cons pour se donner des airs de modernité.

En me raccompagnant vers la sortie, Thomas Poitrineau m’interroge :
« Information Anti-Autoritaire Toulouse... qu’est-ce que ça veut dire, ça, anti-autoritaire ?
– Euh... Ca veut dire qu’on est indépendants des pouvoirs politiques, économiques...
Ah, indépendants ? Comme nos coursiers, quoi ! »

Tout pareil.

P.-S.

MAJ du 28/02. Beaucoup de malentendus autour du titre de cet article "L’indépendance, c’est l’esclavage". C’est une référence explicite à George Orwell, qui, quand il écrit "La liberté, c’est l’esclavage", ne dit bien sûr pas que la liberté équivaut effectivement à de l’esclavage...
Cet article n’affirme donc pas que les coursierEs sont des esclaves, ni d’ailleurs que le salariéEs sont libres, mais simplement qu’à la façon du "Ministère de la vérité", Take Eat Easy et consorts mènent une entreprise de travestissement du sens des mots, car pas plus que l’homme libre n’est esclave, le coursier de Take Eat Easy n’est libre.

Notes

[1Thomas Poitrineau dit ignorer cet aspect de l’algorithme. Ses coursierEs semblaient mieux renseignéEs que lui à ce sujet...

[2"Take Eat Easy, un "Uber" de la livraison par vélo lève 10 millions d’euros", La Tribune, http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/distribution/take-eat-easy-un-uber-de-la-livraison-par-velo-leve-10-millions-d-euros-501972.html

[4Auto-entrepreneurs : les risques de requalification. http://www.ocean-avocats.com/1026/

[5On peut douter de la perméabilité des deux boîtes au vu de la réaction des livreurs Deliveroo que j’ai rencontrés, qui, devant ma curiosité, m’ont demandé si j’étais un « espion de Take Eat Easy ». Ils m’ont assuré que c’était arrivé la veille...

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  • 5 mars

    Très bon cet article, et très rigolo (enfin moi il m’a fait beaucoup rire).

    Bon, à celleux qui croient en une révolution ’’libérale’’, vous pouvez vous assoir dessus, vous croyez vivre une situation moderne, vous pouvez aussi vous poser dessus. En fait c’est un assez simple et précis retour aux conditions des travailleureuses avant les années trente (1930 ;-). Visionnez à minima (je parle juste de ceux que je connais) des films sur les conditions sociales en espagne avant les années trente, ben vous y êtes. Les employé-es agricole travaillaient exactement comme vous, smartphone en moins, c’est beau le progrès. Employé-es au tour, obligé-es d’attendre qu’on veuille bien leur donner du boulot (sinon 0 revenus, rien à bouffer). Au moins vous savez ce qui vous pend au nez.

    Allez quelques précisions sur ce qui va vous arriver. Quand le ’’marché’’ sera développé, c’est à dire que les perspectives de développement seront moindre, où croyez vous que votre ’’client’’ va continuer à faire du profit ? Sur votre ’’revenu’’. Alors dans l’ambiance très ’’individualiste libérale’’ de l’époque vous vous dîtes surement, ’’ok mais à ce moment là j’aurai un ’’vrai job’’’’, ne rêvez pas non plus, en acceptant ces conditions maintenant, vous vous condamnez petit à petit à y être confronté toute votre vie (si vous êtes pas au jus, les travailleureuses du secteur pétrolier au moins, sont déjà obligé-es d’être en ’’auto-entreprise’’ (autre terme complètement débile, l’’’auto entreprise’’ c’est du ’’salariat isolé’’)). Vous acceptez maintenant de construire votre cadre de vie future.
    Un petit passage sur les ’’super revenus’’ de ces jobs, si vous voulez les comparer à un contrat, faut comparer avec le Brut, pas avec le net. Gagner 1000 balles cash en auto entreprise, c’est gagner 2000 balles en salariat le salariat c’est 1000 balles de cash et 1000 de cotisations (à quelques brouettes et c’est toujours la misère). Les cotisations sociales (c’est pas des charges), sont partie intégrante du revenu minimal pour vivre. Avec des cotisations vous avez une épargne équivalente au cash que vous recevez, si on les supprimait demain (pour faire plaisir au medef), les entreprises devraient quand même les payer en salaire, ceci afin que chaque employé-e puisse se faire un matelas en cas de coup dur (santé, perte d’emploi, retraite, formation à se financer, ....). C’est en ce sens que ce n’est pas une ’’charge’’ mais un coût impossible à éviter pour l’entreprise (sinon la productivité baisse trop). A 1000 balles cash par mois, vous devez pas être loin du salaire chinois (ajusté des coûts de la vie).

    Vous acceptez d’être isolé face à des machines qui vous broierons le moment venus. Ayez juste conscience de ça (tiens vous avez l’exemple des agriculteurices qui ont acceptés tout un tas de vos conditions super chouettes, maintenant illes crèvent). Toutes celleux qui ont mené les grandes luttes sociales victorieuses à partir des années trente, ont payés cher avant de conquérir quelques droits, illes venaient de la misère que vous acceptez. Vous vous croyez plus malin-es que elleux ?

  • 4 mars

    Je pense qu’il faut arrêter de parler de précarité. Je suis étudiant, je roule presque tout les soirs par plaisir, du coup pourquoi ne pas le faire en étant payé ? Déjà ça fais de l’argent comme si je ne travaillais pas au final donc gros point positif. Et si tu roules bien (je ne brule pas les feux, ou alors vraiment a la cool comme un piéton) et bien tu peux ressortir un salaire vraiment bon (1000 balles en une semaine et demi de vacances je suis pas sûr de trouver ça autre part). Après c’est sur qu’il faut avoir les mollets mais ça, ça tombe sous le sens.
    A un moment il faut arrêter de se plaindre. Il y a des boites qui proposent des CDI de coursiers, que ceux qui ne sont pas content de leur statut ni de leur paye y aillent plutôt que de toujours être en train de critiquer (ce qui, il faut le dire doit être une passion pour les Fancais).
    Voilà !

  • 2 mars

    Un point de détail qui a son importance, Allo Resto n’a pas de service de livraison... à la limite il fournit des scooters mais ce n’est pas des employés d’Allo Resto qui livre mais bien du restaurateur ou alors d’une société spécialisé dans la livraison.

  • 2 mars

    Je suis aussi indépendant au service d’une startup. Pas en tant que livreur, mais en tant que dévelopeur informatique, et je ne peux m’empêcher de voir un parallèle dans cette confusion des genres. C’est une boite américaine, chacun bosse de chez soi, sur son propre matériel évidement, et avec le statut d’indépendant. Ce que je constate au fil des mois et dans les commentaires ci-dessous, c’est que ce statut me convient tant que je reste très lucide sur mon statut, et que j’arrive à tenir tête à la direction de la boite en imposant mes horaires et en continuant d’avoir d’autres clients. Dans ce genre de négociations, j’ai toujours en tête le fait que mon salaire couterait le double à la direction s’ils étaient obligés de m’employer.

    Mais on n’a pas tous les jours cet aplomb, pour plein de raisons (maladie, peu d’expérience, ou juste un jour sans). Ce qui me plombe le plus dans cette ubérisation généralisée, ce n’est pas tant le discours des cadres de ces boites que la naïveté des indépendants prêts à n’importe quel compromis pour continuer de porter les couleurs du groupe, se sentir accepté. Par exemple il y a un jeune Indien dans l’équipe, qui s’excuse parfois de ne pas avoir pu travailler le dimanche. Ca me donne envie de le secouer : comment espérer ne pas se faire marcher dessus si on se présente comme un paillasson ?
    Bref, ce qui manque le plus à mon avis, c’est la culture du syndicat dans l’esprit des indépendants. On est par nature divisés, et donc il est plus facile de se soumettre à la seule entité fédératrice (la boite), plutôt que de s’organiser et défendre les droits qui accompagnent notre statut.

    Et je suis le premier mouton dans cette histoire, j’en suis pas fier. En plus je commande chez TEE parfois.

  • 1er mars

    Il y a quelques années il était admis que le travail salarié donne droit à une sécurité sociale, une retraite, des congés, un droit à des indemnités en cas de chômage, un droit à des indemnités en cas de maladie, un droit à la formation professionnelle, au repos, au remboursement des frais de transport* et qu’avec ces conditions respectées on avait aussi droit à un salaire qui ne pouvait être inférieur à un certain montant horaire définit par les organisations patronales et syndicales.

    Au moment où les gouvernements mettent en place l’austérité, diminuent les droits du salarié et organisent la fin de l’emploi, Uber, Take eat Easy, les GAFAM et autres proposent des emplois. Et en plus des emplois qui donnent le sentiment de roxer du poney.

    Il faut avoir en tête que les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) valent à eux 4 une capitalisation d’un trillion de dollars mais ne comptent à elles 4 toujours, que 150 000 employés. Par comparaison, Veolia capitalise 14 Mdrs d’euro et emploie 318 000 personnes.

    Si Take Eat Easy fonctionne c’est qu’il y a un besoin, le besoin de travailler pour gagner sa vie. Avec la crise économique, beaucoup de travailleurs et les plus jeunes notamment cherchent un travail salarié et trouvent un emploi uberisé.

    Le gouvernement s’en frotte les mains, finalement les entreprises numériques accompagnent la politique d’austérité de l’État en "palliant" le désengagement de celui-ci.

    Les travailleurs Uber/Take Eat Easy sont les victimes d’une politique économique gouvernementale de désengagement et d’une stratégie économique privée cynique.

    A défaut de se syndiquer pour défendre nos droits (mais chacun fait comme il veut), collectifons nous, unissons nous et manifestons le 9 mars par exemple, on fera cracher leur pognon respecter nos droits à ces multinationales, tout comme les époux Klur** ont réussi à faire respecter les leurs (un CDI gagné et 40 000 euros de frais de dédommagements) au roi du sac à main, Bernard Arnaud.

    * etc.
    ** Voir MerciPatron !

    PS un paragraphe a été emprunté à ce texte de Olivier Ertzscheid.

  • 1er mars

    Hello, je suis coursier chez TEE depuis deux mois. Les réactions se bousculent dans ma tête quand je pense à ma condition de livreur.

    Primo : ok je suis content de faire du flouze à vélo, mais sur le côté "passion" il faut savoir qu’on subit une sorte de dikat de la mode du "coursier new-york machin", et au delà du côté liberté il y’a véritablement un processus de domination qui se met en place, ainsi pour bosser chez eux il faut être bêtement heureux, être "meilleur qu’eux" et tout cela à base de bonnes formulations très "start-up", ce que je veux dire c’est que sans être explicite "ils" nous mettent une forme de préssion que tout-es les livreurs-euses se doivent de respecter pour rentrer dans le moule car "ils n’hésitent pas à te rappeler que tu les représentes (quid du free-lance ou du salarié... moi je représente personne et tant qu’on ne m’y soumet pas (et d’ailleurs par quel moyen ?) je ne porte pas de pubs pour eux).

    Deuzio : et ça rejoins vaguement mon point numéro un le recrutement se fait comme dans une boîte classique encore que moi j’ai profiter de la hausse d’activité exponentielle qui m’a permis d’être embauché à la va-vite. Qu’on se le dise "ils" se permettent de nous faire des réflexions, et pire (preuve que leur mode de fonctionnement est plus qu’acquis parmis les coursier) si l’un d’entre nous "l’ouvre" un peu trop les autres coursiers ne manqueront pas de lui faire comprendre, j’ai par ailleurs pu observer de la délation entre les livreurs et pire(2) une sorte de procès publique de la part des "bosss" quand à la posture de certains livreurs. Ainsi on constate que cette liberté a un prix, celui de mettre en exergue la base de la lutte sociale du travailleur, ainsi régis par un contrat de travail qui met l’accent sur les droits et devoirs de l’employeur et de l’employé (sans pour autant prendre la défense de notre beau système irréprochable... hum,hum) Donc la liberté révèle l’animosité et la non-maîtrise des droits du travail.

    Tercio : rejoint le point deux, on assiste à une sorte de mutation de l’esprit du travailleur qui deviens au final corvéable à merci par sa propre volonté, moi-même et d’autre livreurs trentenaires ressentont tout particuliérement cet effet sur les "jeunes" qui n’ont pas forcément ni conscience des droits du travail, ni des luttes qui ont permis d’avancer sur ce point, ni du simple fait que c’est bien de chaire à canon que nous servont et si nos "clients" (mouahahaha) -Take eat easy en ce qui me concerne- savent lever des fonds d’investissement, ouvrir des succursales dans tout l’hexagone et embaucher à tour de bras ils sauraient aussi se débattre dans les méandres administratifs pour créer de vrais emplois (et non une mascarade comme celle-ci... liberté, liberté, liberté) et ainsi joindre à l’utile, l’agréable du respect accorder au travailleur. Après on fait face à la nouvelle norme imposée par les écoles de commerces, qui sous pétexte de rentabilité se permettent tout et n’importe quoi ... enfin c’est un autre sujet.

    Moi je ne me plains que du fait de voir que mes collègues n’ont aucune considération pour le travail qu’ils éxecutent, de les voir se satisfaire d’une douce précarité. On reviens presque au moyen-âge en fait, a part que le propriétaire terriens ne nous coupe pas la tête. Je me plains aussi de voir le mot liberté asséné à toute les sauces. Et au fond de moi, en bon punk, je rêve de les voir se faire bouffer parce que moi j’ai connu l’usine et le syndicalisme et que j’aime voir des travailleurs imposer leurs conditions à ceux qui s’enrichissent sur notre dos, au nom de la liberté ne l’oublions pas.

  • 1er mars

    Personne n’empêche les livreurs de tout poil de monter une Scop, définir leur règlement, créer leur propre application et partager les bénéfices équitablement sans engraisser d’actionnaires. Ils seraient ainsi leur propre patron, en autogestion, ils gagneraient bien leur vie en bénéficiant des avantages du code du travail et pourraient encore plus s’éclater avec leur bicyclette.

    L’Uberisation est-il encore un problème si l’outil appartient aux employés ?
    Mais encore faudrait-il qu’ils veuillent être libres plutot que soumis...

    Toutes les pieces du puzzle sont disponibles, il suffit de les assembler.

  • 1er mars

    Dans la plupart des commentaires que je lis ici, les arguments en faveur de ce type d’entreprise sont principalement la flexibilité, la possibilité de choisir ses horaires et le fait de ne pas avoir de patron sur le dos pendant le travail. Mais ceci n’est pas du tout incompatible avec un contrat de travail !

    J’ai, en tant qu’étudiante, travaillé pour une boîte qui offrait cette même flexibilité et indépendance. Je faisais des états des lieux pour des agences immobilières : je choisissais mes créneaux horaires, la boîte calait les rdv pendant ces créneaux en prenant en compte un temps de transport (si je le trouvais trop court je pouvais les contacter pour modifier), et je renvoyais mes états des lieux par le biais d’un serveur. En cas de soucis (de ma part ou de la part du client), on calait un rdv téléphonique pour en discuter. J’étais payée à l’état des lieux, mais étais assurée d’un salaire minimum de 100€ net si il n’y avait pas d’activité. J’avais droit à des congés et cotisais pour la retraite.

    Du coup je me (vous) pose la question : quel est l’intérêt pour le travailleur d’être auto-entrepreneur dans ce cas ? Je ne vois pas. Le truc, c’est qu’on nous fait croire que cette flexibilité n’est pas possible dans un système salarié, mais c’est faux.

  • 1er mars

    Mais les commentaires sont très drôles......
    Delivroo :
    - obligent à porter les vêtements de la société.
    - interdit de refuser une course, sinon il te désactivent.
    - Ne respectent pas les bonus pluie, sauf si cela tombe pendant les shifts du soir.
    - Sur le staffomatic tu as 30 jours d’abscences maximum sur les sifts.
    - etre obliger de prevenir 1 semaines a l’avance pour une absence, et elle doit être validée !
    - respespecter les ordres venant des operateurs d’attendre quand un client ne reponds pas, normalement 15 minutes mais on m’a fait attendre plus de 25 minutes ( j’ai tout en capture d’ecran)
    - Il dezone a plus de 4 km entre l’endroit ou je suis et le restaurant, et on est obliger de mettre moins de 10 minutes et respecter les feux ?! pareil du restaurant au client....
    - erreur dans les factures, d’apres la loi 40 euros sur chaque factures doivent etre ajouter sur la prochaine facture....cela n’a jamais lieu et des erreurs ont lieu tres souvent....

    apres oui si tu es chez papa maman que tu es sous la mutuelle de papa maman forcément c’est plus avantageux pour toi même si tu as un accident, et en plus si tu as L’accre forcément c’est tout bénef pas de loyer à payer le Tessé mais par contre si tu fais ça et que tu dois payer à la fin de chaque mois 25 % et que en calculant toutes tes cotisation et que tu constate que tu gagne 1200 eu pour pour 140 h de boulot par mois et que tu n’a pas de congee payee et tout le reste, et que tu travailles meme le weekends et que les heures ne sont pas payee plus.
    c’est moins la liberter ;)

  • 1er mars

    "Soit tu es community manager chez les autres esclavagistes dont par l’article, soit tu es très très très naïf. C’est évident que plus tu vas vite, plus tu fais de livraisons, plus tu fais d’argent. C’est le propre de travail à la tâche, il n’y a pas besoin d’avoir fait Bac +12 pour le comprendre."

    En théorie c’est vrai. En pratique, on passe plus de temps à attendre (attendre une course, attendre que le resto finisse de préparer les plats, attendre/ralentir aux feux, sonner/téléphone/monter aux étages chez le client) qu’à rouler. De sorte qu’au final, sur une soirée de 4 heures, il n’y a qu’une grosse heure /1h30 de vélo.
    Donc prendre des risques, rouler à fond, ça influe assez peu au final. (ça empêche pas de le faire, ça fait parti du côté fun du truc, mais nullement obligatoire).

    Il suffit de jeter un oeil sur Strava : les gars qui font leur shift à 24 de moyenne (ça parait peu mais c’est énorme dans Paris) ou à 15km/h font le même nombre de commandes au final.

  • 1er mars

    Oui, en l’état actuel de la législation ces pratiques sont effectivement condamnables. Mais pour combien de temps ? Les dernières mesures gouvernementales limitent de plus en plus les indemnisations des travailleurs (préscription à trois ans, changement des planchers d’indemnisation). Du coup les prud’hommes ne feront bientôt plus peur à personne. Et personne n’en parle.
    Il y a quelques temps j’ai moi aussi bossé dans une boite où on me faisait croire que j’étais libre, que la succession de petits contrats était à mon avantage. Au bout de quatre ans et demi j’avais fait le tour de la question : une belle arnaque. Les prud’hommes m’ont donné raison.

  • 29 février

    Honnêtement, ce boulot est hyper flexible, pour un étudiant c’est juste le top, c’est le seul moyen agréable de bosser après les cours (les contrats dans les fast food quand on a 35 heures de cours plus du boulot à côté c’est pas gérable).
    Je comprend très bien qu’on critique le mode de recrutement de ces boites mais quand le porte parole dit "Ce qui pose problème, c’est la législation. Ce n’est pas nous qui devrions travailler comme Allo Resto, mais Allo Resto qui devrait pouvoir travailler comme nous. » et bah je suis entièrement d’accord avec lui, et pas que pour allô resto d’ailleurs. En plus pour deliveroo (je bosse que pour eux donc ailleurs je sais pas) on a pas les fameux strikes, et l’algorithme ne fait pas de différence entre les livreurs. Après c’est sur que si on a un incident ou quoi que ce soit on est pas couvert comme un salarié et franchement je m’en fout, je fais attention quand je roule et je m’efforce d’avoir un vélo en bon état. Ceci dit les gens qui font du vélo quotidiennement et qui roulent comme des malades quand ils livrent le font aussi dans la vie de tous les jours en se déplaçant... Bref tout ça pour dire que je fais cette activité et que je regrette pas du tout de m’être lancé, et que je me sens très libre et pas du tout esclavagisé. En plus le chroniqueur fait comprendre qu’il est très clairement contre les strikes, ok alors on fait pareil pour les salariés ? On a plus le droit de faire des rappels à l’ordre quand ils sont à la bourre ou même absent ? Et bah on est pas dans la merde tiens.

  • 29 février

    C’est marrant, vous décrivez exactement le système Rousselet, avec les chauffeurs pénalisés par la centrale s’ils ne peuvent pas déboiter, etc...
    Finalement, le "scandale" n’est pas très nouveau, c’est juste qu’il n’est plus couvert par les médias-amis qui choisissent de regarder ailleurs.

  • 29 février

    Bonjour,

    Un ami toulousain vient de me faire connaître ce papier très bien documenté sur une des facettes de l’ubérisation qui s’installe peu à peu dans notre quotidien. J’y ai retrouvé à peu près tous les points que j’ai développés auprès de la mairie de Bordeaux qui, récemment et croyant bien faire sans doute, a relayé les offres de "recrutement" de ces mêmes sociétés qui s’installent ici, à l’autre bout de la Garonne. Précarisation, détournement du statut d’auto-entrepreneur, risque de requalification en travail salarié... on est d’accord. Au sujet de l’assurance, il y a un point supplémentaire à prendre en compte : quid des responsabilités en cas d’intoxication alimentaire du client ? cela ne parait pas complètement idiot dans le cas d’une livraison de sushis, par exemple... et si le coursier à vélo, pour une raison ou une autre, n’a pas pu respecter la chaîne (sic !) du froid ? Bref, je souhaite bon courage à nos coursiers auto-entrepreneurs pour trouver un assureur qui accepte de couvrir le risque...

    Bien cordialement,

    Gilles Daïd
    Co-auteur du Guide pratique des micro-entrepreneurs (2016, Eyrolles)

  • 28 février

    juste pour mention, cet article qui avait déjà paru dans Alternative Libertaire et Anarcho-syndicalisme autour d’un statut nommé monotributo en Argentine et qui fait furieusement penser à l’article ci-dessus :

    http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?page=imprimir_articulo&id_article=2943

    gdg

  • 28 février

    "Chez Take Eat Easy, (Je ne parle pas de Deliveroo, je ne sais pas comment ça se passe).
    On fait sa livraison, on va a notre rythme. Aucune pression des supérieurs, aucune sensation désagréable avant de partir au travail, aucune tâche que l’on n’a pas envie de faire.
    Notre job là, c’est de faire du vélo. Et on roule de la manière dont on a envie ! Vite, doucement ou normalement."

    Soit tu es community manager chez les autres esclavagistes dont par l’article, soit tu es très très très naïf. C’est évident que plus tu vas vite, plus tu fais de livraisons, plus tu fais d’argent. C’est le propre de travail à la tâche, il n’y a pas besoin d’avoir fait Bac +12 pour le comprendre.

    Quant à ta défense des "strikes" et de la satisfaction du type qui peut pas se bouger le cul pour aller chercher à manger... Je sais pas... Tu n’as pas compris que ces "petits" boulots qu’on nous présente comme passager son en train de devenir la norme ?

  • 28 février

    Donc, resumons un peu les avantages/inconvenients du systeme :

    Les coursiers TEE gagnent plus qu’avec des boites de livraison qui pratiquent le salariat. Leurs horaires sont flexibles (ce qui permet d’avoir d’autres activites a cote, voire de creer son entreprise en parallele comme c’est parfois le cas). Ils ne subissent pas la pression d’un patron ni le stress du salariat (ce qui permet d’etre content d’aller gagner sa croute, d’avoir l’esprit plus libre, d’etre moins aigri que l’auteur de l’article ci dessus).

    Par contre, ils n’ont pas de conges payes, leur assurance est a leur charge (10 euros/mois pour une assurance responsabilite civile professionnelle) et ils n’auront pas d’indemnites de licenciement si leur client TEE cesse d’avoir recours a eux, et ne toucheront pas le chomage. Ils payent egalement des taxes sur leur chiffre d’affaire (24% du CA car activite de services, sauf si ils beneficient d’un abattement de charges comme le dispositif ACCRE qui leur permet de payer 5.8% la premiere annee, ce dispositif etant accessibles aux moins de 26 ans et aux demandeurs d’emploi, entre autres).

    Alors oui, ce n’est pas byzance (en meme temps c’est un job de livreur, hein), mais je pense que certains peuvent largement y trouver leur compte. Plutot que de critiquer ce systeme avec ce ton condescendant, pourquoi ne pas y voir une opportunite pour ces jeunes de faire autre chose de leur vie que d’attendre apres Pole Emploi ou le RSA ? Vous dites que ce systeme est equivalent a de l’esclavage, mais avez vous deja travaille pour un petit boulot salarie au smic ? Pour moi c’est cela l’esclavage, lorsque votre patron est constamment sur votre dos a vous imposer des taches non prevues dans votre contrat, a vous imposer vos horaires, et a vous menacer implicitement de licenciement au moindre faux pas. Les indemnites de licenciement ? Depuis que les periodes d’essai depassent les deux ou trois mois et sont renouvelables, vous pouvez les oublier. Et si vous finissez par craquer et demissionnez vous ne toucherez pas le chomage non plus. Quant a vos arrets maladie, gare aux jours de carence. Je vous le concede, vous aurez droit a une semaine de conges payes de temps en temps lorsque vous aurez suffisament cire les pompes de votre patron pour qu’il vous accorde un peu de vacances.

    Si vous preferez le salariat, libre a vous, mais svp laissez une chance a ceux pour qui la liberte ne se resume pas a siphonner un maximum d’aides sociales pour un minimum d’heures travaillees, merci.

  • 28 février

    Perso j’ai bossé pendant des années comme livreur de pizza. J’étais au black, je livrais avec ma voiture. Un jour j’ai eu un carton en livraison, mon boss n’a jamais déboursé un centime pour m’aider à financer les réparations. D’ailleurs j’ai arrêté peu de temps après ca.. Pas non plus de congés payés, puisque au black.. Bon la la différence c’est que la tout apparait comme être en règle. La précarisation devient légale..

  • 28 février

    J’aime beaucoup votre article qui donne plein d’information sur nos droits. Oui je suis coursier chez Take Eat Easy et je suis d’accord avec votre article sauf sur un point que je noterai un peu plus bas.

    Take Eat Easy offre une alternative ! A la différence des autres entreprises, celles qui proposes des CDI type Fast-food, ou livraison en scooter (puisque vous parlez de Allo-resto).

    Ce genre d’entreprise me passe par dessus de la tête.

    On peux bosser plus que son collègue de droite ou de gauche au finale on gagnera le même salaire.

    Chez Take Eat Easy, (Je ne parle pas de Deliveroo, je ne sais pas comment ça se passe).
    On fait sa livraison, on va a notre rythme. Aucune pression des supérieurs, aucune sensation désagréable avant de partir au travail, aucune tâche que l’on n’a pas envie de faire.
    Notre job là, c’est de faire du vélo. Et on roule de la manière dont on a envie ! Vite, doucement ou normalement.

    Le seul point ou tu as faux, c’est sûr l’algorithme.
    D’une part nous coursier n’avons pas accès à l’algorithme et d’autre part entre nous, coursier, nous cherchons encore à comprendre comment fonctionne celui-ci.
    Donc si Thomas ne donne pas/ n’a pas d’information. Je doute que nous livreur pouvons en avoir plus.

    "l’algorithme fait appel en priorité aux cyclistes les plus rapides, les plus passionnéEs. Autrement dit à celleux qui grillent le plus de feux rouges"

    Je ne fais pas parti des livreurs les plus rapides puisque je m’arrête au feu rouge. Mais j’ai autant de livraison, voir plus, que d’autres coursiers qui ne respecte pas forcément tout le temps les feux. La ville de Toulouse à fait de très gros aménagement pour les vélos dont la possibilité de tourner à droite au feu rouge.

    Pour finir, les strikes, sont la pour éviter les débordements. Du style, je m’inscris mais je ne viens jamais. En gros il manque un livreur. ça fera du travaille en plus certes, mais ça fera surtout un temps de livraison plus long pour les clients. Donc une moins grande satisfaction.
    Imaginons que je ne peux pas assurer X shift dans le mois. Avant de me dire au revoir. On viendra me demander pourquoi. Si je dis que j’ai pas de chambre à air. Bien sur que l’on me rigolera au nez. D’une part une chambre à air coûte 3 euros. Et d’autres part t’en a au moins une de rechange c’est comme votre roue de secours dans la voiture ! Au pire il y a la rustine...

  • 27 février

    > Ils et elles n’ont pas de contrat de travail, sont rémunéréEs à la course, et n’ont qu’un seul client

    Un seul client = salariat déguisé.

    On se demande pourquoi l’URSSAF ne fait rien pour requalifier tout ça en contrat de salariat. Pareil chez Uber et compagnie.

  • 27 février

    du début à la fin, l’indépendance (et donc l’esclavage) est opposée au salariat. Le salariat serait donc l’idéal de liberté ?

  • 26 février

    Pour information, des personnes portant les couleurs d’un de ces deux employeurs déguisés et déguisants tractaient pour faire la promotion de leur déguiseurs dans les rues du centre récemment.

    L’histoire ne dit pas s’ils étaient aussi quasi salariés pour cette tâche.

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