Pavillon Armengaud : récit et appel à soutien massif

La situation reste incertaine au pavillon Armengaud, sur le site du CHU de Purpan, habité depuis lundi dernier par un collectif de personnes qui risquaient de se retrouver jetées à la rue suite à l’expulsion programmée lundi 26 septembre de leur lieu d’habitation actuel situé rue Bourbaki. Les habitant-e-s et leurs soutiens nous donnent rendez-vous pour un goûter solidaire et une conférence de presse devant le bâtiment ce même lundi 26 septembre à 17h. Soyons nombreuses !

Mercredi : officialisation dans le calme

Face à difficulté à se loger et à la pression des expulsions, notamment celle prévue lundi 26 de l’immeuble HLM des Chalets situé rue Bourbaki, des personnes s’organisent pour réquisitionner les bâtiments vides plutôt que de se retrouver à la rue. C’est le cas des nouvelles habitant-e-s du pavillon Armengaud, sur le site du CHU de Purpan, vide depuis juillet 2015 et sans projet connu.

Jeudi dans la matinée, la habitant.e.s installéEs depuis lundi décident donc de rendre publique leur présence. Vers 11h, des banderoles sont déployées aux fenêtres du bâtiment.

La santé passe pas le logement
Réquisition des bâtiments vides - 75 personnes dont 25 enfants habitent ici

Au même moment, un groupe se rend au bureau du directeur général du CHU de Toulouse, Raymond Le Moign, situé sur le site de l’hôtel dieu à Saint Cyprien.
L’entrevue se solde par un bref échange avec l’assistante de direction qui prend les preuves d’un air détaché, tandis que le grand ponte ne daigne pas recevoir personnellement la délégation des habitant.e.s, malgré les lettres de soutien de plusieurs associations et syndicats.

Peu de temps après, alertés par un coup de fil de la direction, trois agents de sécurité de l’hôpital font le tour du bâtiment et remarquent la présence des banderoles. Ils sont vite rejoints par quelques soutiens qui entament une discussion dans le calme. Un rendez-vous est pris à 14h avec le chef des vigiles pour faire le tour du bâtiment, afin d’assurer "la sécurité des biens et des personnes".

Dans l’après-midi, des tracts sont distribués aux personnels et usagerEs de l’hôpital. À 14h, la visite, au cours de laquelle le fonctionnaire se borne à quelques mises en garde concernant les installations présentes dans le bâtiment, se déroule dans une ambience cordiale. Le directeur du site de Purpan, présent également sur les lieux, assure qu’une procédure légale sera lancée au plus vite. Le passage d’un huissier vendredi semble confirmer une posture plutôt tranquille de la direction.

Samedi : attitude ambigüe

Une posture soit disant rassurante qui est cependant remise en cause samedi matin par le passage d’un équipage de flics qui, sans aucune explication sur leur présence, prennent des informations sur le nombre de personnes présentes, et s’entretiennent longuement avec les services de sécurité de l’hôpital.

Voiture de vigiles garés non loin du bâtiment

Même incompréhension lorsque les vigiles mettent en place un véritable blocus autour du bâtiment. "Nous avons ordre de ne laisser passer aucun véhicule, et ce 24h/24", finissent-ils par admettre avec réticence. Une opération sans doute destinée à gêner l’installation des nouvelles et nouveaux habitantEs. "On est désolés, on applique les ordres", affirment-ils, sans qu’on sache trop jusqu’où ils sont prêt à aller dans la violence de leurs actions, sans se soucier en tout cas de laisser dormir sur le sol et sans aucun confort des personnes déjà fatiguées par une semaine difficile.

Route barrée - 684.3 ko
Route barrée
Route barrée

Route barrée

Tous les accès au site étant bloqués par des véhicules garés en travers de la chaussée, la zone prend des allures de quartier en quarantaine au coeur de l’hôpital. Les quelques patient-e-s de passage ce samedi contournent sagement les lieux, occupéEs par leurs propres soucis.

Lundi : appel à soutien massif

L’issue des quelques jours à venir est primordiale, et pourrait décider si les 75 habitant-e-s du pavillon Armengaud, parmi lesquelles 25 enfants, auront un toit au dessus de leurs têtes dans les mois qui viennent, ou bien seront de nouveau expulséEs pour laisser un bâtiment vide, car trop cher à remettre aux normes. Face aux jeux de dupes d’une administration hospitalière qui semble avoir oublié jusqu’à la simple notion de soin, les habitantEs et leurs soutiens appellent à une présence nombreuse lundi 26 septembre, en particulier à partir de 17h pour un goûter et une conférence de presse.

Toutes les associations, notamment en lien avec le secteur hospitalier, sont invitéEs à publier des communiqués de soutien. On peut également contacter le CHU afin de les interroger sur le rôle qu’ils souhaitent avoir dans cette affaire, en appelant par exemple le standard au 05 61 77 22 33, le secrétariat du directeur général Raymond Le Moign au 05 61 77 82 03 ou bien le responsable de la communication Dominque Soulié au 05 61 77 83 49. On peut également prendre contact par mail à dg.sec@chu-toulouse.fr.

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