Soirée Radicalise ta gauche : Contre le travail, contre le capital

#RadicaliseTaGauche #StopAnticapitalismeTronqué #ContreLeTravail #ContreLeCapital

« Soirée Radicalise ta gauche ! » ACTE I

CONTRE LE TRAVAIL, CONTRE LE CAPITAL

Mardi 2 avril 2019 à 19h L’Itinéraire-Bis 22 rue Périole, 31500 Toulouse (métro Marengo)

Bulldozériser l’anticapitalisme tronqué. Thèses pour un mouvement de destruction du travail et de l’argent (avec Clément Homs)

Déconstruire l’altercapitalisme : une critique de Bernard Friot et Frédéric Lordon (avec Benoît Bohy-Bunel)

« Je ne veux plus entendre dans notre pays qu’il est plus intéressant de faire autre chose que de travailler » (Emmanuel Macron)

Un fétiche domine la société, le fétiche du travail. Toutes les puissances du monde se sont liguées pour défendre cette domination : Macron et les populistes, Mélenchon et Marine Le Pen, les syndicats et les patrons, la gauche et la droite, les écologistes d’État et les profanateurs de la planète et des animaux. Tous n’ont qu’un mot à la bouche : travail, travail, travail !

Une fois tombé le masque du bavardage continuel sur les « possibilités d’emploi », il est partout devenu manifeste que flexibilité, personnalisation des conditions de travail, « travailler plus pour gagner plus » et Lois « Travaille ! » ne constituaient nullement des promesses mais bien plutôt des menaces qui n’avaient d’autre but qu’une dégradation rapide des conditions mêmes de la survie : stress au travail sans la sécurité de l’emploi, double socialisation des femmes, burnout généralisé, boulots de merde, quasi-esclavage dans les microentreprises et l’auto-entreprenariat, jobs temporaires et bas salaires pour les employés des services, etc.

Il ne s’agit plus de libérer le travail, mais de se libérer du travail.

Contre ces conditions de vie et de travail inacceptables, la contestation grandit.

La conscience de classe de la gauche, dont l’horizon mental persiste à considérer la précarisation comme découlant du « rapport conflictuel entre les classes » a beaucoup de difficulté à appréhender de manière adéquate le problème de l’emploi précaire au moyen de la catégorie positivée et non-théorisée de travail. Car la précarisation renvoie en réalité à une mutation fondamentale du capitalisme, où ce ne sont pas seulement certaines conditions de travail qui deviennent précaires, mais le travail en tant que tel.

Dans la mesure où, précisément, ce processus résulte directement du fait que les bases de la valorisation capitaliste sont devenues peu à peu obsolètes, tout mouvement de contestation qui s’alignerait sur la stratégie de la gauche altercapitaliste réclamant la réintégration des exclus, des précaires et des tâches domestiques attribuées aux femmes, dans le système du travail (et du droit) demeurerait vain et dérisoire. Quand la crise de la valorisation ne détermine pas elle-même l’impossibilité de toute amélioration de nos existences dans le capital, critiquer le capitalisme du point de vue du travail est une impossibilité logique, car on ne peut critiquer le capital du point de vue de sa propre substance. Travail et capital ne sont que deux états agrégés de cette même substance en procès qu’est le travail abstrait, les deux faces d’une même médaille. Par conséquent, la participation de tout le monde à une autre richesse sociale que celle de la valeur et de la marchandise dans une optique émancipatrice n’est possible qu’à condition d’en finir avec le travail et l’argent. Le contraire des conditions de travail précaires et dérégulées, ce n’est pas des conditions de travail régulées et un meilleur code du travail, mais pas de travail du tout.

Si la gauche entend marquer des points et être à la hauteur du scandale, autrement dit, de la mutilation grandissante de nos vies, la critique des folles prétentions capitalistes doit au contraire situer ses perspectives sur un plan autre que celui de la « justice sociale » et de la redistribution de l’argent des riches à l’intérieur de la forme-marchandise et du reste de la production de la non-vie. Il est urgent de larguer le ballast d’un anticapitalisme moral, « classiste » et superficiel et de renouer avec une critique du capitalisme-patriarcat adéquate à notre époque.

Il ne s’agit plus de libérer le travail, mais de se libérer du travail.

Les ressources matérielles doivent faire l’objet d’une appropriation directe et la création de richesses doit être affranchie du diktat de la forme-valeur. Etre anticapitaliste, ce n’est donc plus seulement lutter contre les riches et les capitalistes ; ce n’est pas uniquement récuser le mépris de classe qui alimente la morgue des maîtres de la société. C’est aussi combattre la forme de vie sociale en nous organisant en un mouvement radical d’appropriation réelle qui abolisse la sphère autonome de l’économie dans un tissu social consciemment organisé. Le mouvement réel qui abolira l’état de choses existant, ne sera rien d’autre que celui qui détruira l’économie.

Les personnes qui détruisent les marchandises montrent leur supériorité sur les marchandises

Soirée organisée par le Cercle critique de la valeur-dissociation/Occitanie et le collectif d’édition Crise & Critique.

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  • 27 mars

    "Les ressources matérielles doivent faire l’objet d’une appropriation directe"

    mouaif... il y aurait peut-être aussi à piocher du côté de cette fameuse "appropriation", présentée comme "anthropologique" et forme nécessaire et naturelle du rapport social (même le vieux barbu s’y était il est vrai englué, n’osant pas la discuter) ; d’autre part, actuellement, le mouvement critique de la valeur, au départ indéniablement pertinent, semble se réfugier, en concurrence avec quelques autres, dans un simplisme antimoderne, où on voit poindre une fois de plus la fiction du retour à une société saine, rurale, immédiate ; sauf qu’une société comme ça ne serait pas forcément sans économie sous jacente, et encore moins sans pouvoir(s)... pour une critique radicale du sujet, de ses objectifs sociaux "naturels" et de sa repro, pas simplement de l’économie ouvertement hétéronome


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