A 27 ans, il meurt sous les balles de la police en plein centre de Toulouse

Le service communication de la préfecture de police a du passer une nuit bien courte, ce mardi 30 mai à Toulouse. Car comment expliquer qu’un jeune automobiliste de 27 ans ait reçu dix balles dans l’habitacle dont une dans la tête alors qu’il tentait simplement d’échapper à un contrôle ? Surtout quand on sait qu’il n’était pas armé et que l’on découvre le motif de la course poursuite : il roulait "tous feux éteints"...

Une semaine seulement après que la police municipale n’a pas hésité à abattre un chien de quatre cartouches à deux pas de la place Wilson, la police dégaine à nouveau, place Salengro... et vole la vie d’un homme.

La version policière est bien rodée :

Il est 4h15 ce mardi matin, lorsque les policiers de la BAC repèrent en plein centre-ville un véhicule Citroën C1 roulant tous feux éteints. Ils font signe au conducteur de s’arrêter mais celui-ci percute leur véhicule, blessant l’un des policiers, et poursuit sa route.

Quelques secondes plus tard, à l’angle des rues Baour-Lormian et Pantaléon, une voiture de police sérigraphiée et gyrophare allumé, croise à son tour le même véhicule. Les agents de la compagnie de sécurisation et d’intervention qui sont à son bord demandent à nouveau à son conducteur d’obtempérer, ce qu’il refuse. Il s’est alors engagé dans une impasse où trois policiers à pied tentaient de l’arrêter. "C’est dans ces conditions que l’un d’entre eux a fait usage de son arme de service à une reprise en direction du pneu avant droit du véhicule, détaille le procureur de la République dans un communiqué. Il a continué néanmoins sa course et a percuté le véhicule de service de la BAC qui barrait sa route. L’un des fonctionnaires de police a alors été blessé en raison de la violence du choc", précise le procureur.

Les agents de police de la compagnie de sécurisation et d’intervention, arrivés en renfort, n’ont alors d’autre choix que d’ouvrir le feu à plusieurs reprises sur le chauffard pour lui faire stopper sa course. Celui-ci est grièvement blessé à la tête et au torse.

Résumons. Un homme tente d’échapper à un contrôle de police. "Les agents de police n’ont alors d’autre choix que d’ouvrir le feu".

Mais existe-t-il seulement des êtres humains dont on n’a d’autres choix que de tuer ?

"A Toulouse, les policiers tirent sur un chauffard et le tuent"

Ainsi va le titre de La Dépêche. La police tire, et incidemment le tue. Qui ? "Un chauffard."

Il avait 27 ans.

Il était orginaire de Pau.

P.-S.

Parce qu’on ne se fait pas à l’idée de se contenter de la version policière, hésitez pas à nous en dire plus en compléments d’info.

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  • 5 juin

    « Vu la période et l’état d’urgence, les collègues ont tiré en état de légitime défense ». Un point de vue que des policiers nous ont assuré ne pas partager. « Une dizaine de tirs, c’est beaucoup. Ils auraient pu stopper le type en tirant dans les pneus », lâche un fonctionnaire en poste au Mirail.

    Source : http://www.liberation.fr/france/2017/06/04/a-pau-le-deuil-et-la-colere_1574547

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