Nous, habitantEs des milieux ruraux, nous sommes nombreuSEx mais parfois isoléEs.
Faute de lieux ou d’évènements permettant de nous rencontrer, de par les gouffres culturels avec le monde hétéronormé ou par l’habitude d’être marginaliséE...
Alors hop, rien de tel qu’une bonne Pride pour nous visibiliser et nous rencontrer, sans honte, sans gêne et sans reproche dans nos diversités
- Une Pride pour se retrouver mais aussi se soutenir face aux obstacles - difficulté de trouver sa place préjugés et injonction à être invisibles, déshumanisation que le système patriarcal nous fait subir - qui peuvent prendre une résonance particulière en milieu rural.
- Une Pride parce qu’on le vaut bien, nous qui mettons tant d’énergie à réinventer des nouveaux modèles : familiaux, parentaux, amoureux, amicaux ; nous qui cherchons à créer des espaces de courage, de réflexion, de soutien, de déconstruction… Nous devons sans cesse redoubler d’inventivité dans nos stratégies pour obtenir et exercer nos droits, être acceptéEs dans le paysage, vivre pleinement.
- Comme tout le monde en milieu rural nous luttons pour l’accès à la santé dans les bien-nommés "déserts médicaux". Ces difficultés sont exacerbées par la quasi absence de professionnellEs forméEs dans le département à nos spécificités (prises d’hormones, suivi de traitements, préventions, santés sexuelles...)
- Comme tout le monde en milieu rural nous avons du mal à trouver des écoles de proximité, et nous avons besoin d’écoles respectueuses pour nos enfants.
Difficultés exacerbées par la nécessité de faire de la pédagogie à des équipes enseignantes peu formées, pas toujours informées, et par la peur du harcèlement que nos enfants pourraient subir.
- Enfin, comme tout le monde en milieu rural, nous sommes exposéEs à la précarité, faute d’accès à l’emploi ou au logement. Difficultés exacerbées par les préjugés et les discriminations, l’injonction à « ne pas faire de vague » et à rester « discretEs ».
- Les idées réactionnaires et l’extrême droite progressent partout, l’intangibilité de l’État de droit est attaquée. Dans ce contexte, nous souhaitons affirmer l’intersectionnalité de nos combats, nos rages d’être en vie et leur incapacité à nous faire taire..
- Les droits ne sont jamais définitivement acquis et ont toujours été arrachés de haute lutte. Aujourd’hui, comme hier, il est donc essentiel de continuer à hurler nos existences et nos cultures qui sont, de fait politiques.
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« Nous sommes les descendantEs des sorcières
qu’ils n’ont pas pu brûler. »
- Face à la division factice qu’essayent d’ériger certains discours politiques et médiatiques entre un "nous" et un "eux", nous souhaitons affirmer le contraire : la diversité est riche et unit. Que ce n’est pas en étant semblables que nous faisons société.
- Ce contexte un peu sombre n’est cependant pas une fatalité. Ils parlent fort mais on est plus nombreuSEs. Ils ont les médias, mais on a la rue. Le 28 juin, chausséEs de nos claquettes, baskets, plateformes, chaussures de rando et talons aiguilles, illuminons de nos strass et de rage la capitale du Couserans !

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