Allez tous vous pendre, vous nous rendrez service !

On en a marre de voir l’histoire se répéter constamment.
Ce texte s’adresse à tous les gars cis violeurs, agresseurs, soutien des agresseurs et aux partisans silencieux de l’immobilisme.

Au cas où vous l’auriez oublié ou que vous ne vous en étiez jamais rendu compte (bande de cons), il existe des rapports de domination meufs/gars. Et oui, même dans notre joli petit milieu de toto squateur.euse.s !

Pour que tu comprennes bien ce qu’on veut dire, on va te filer quelques exemples. Tu vois, en réu quand tu parles tellement fort et que tu prends tellement de place que très peu de meufs peuvent s’exprimer, bah ça, c’est l’expression de tes privilèges (connard). Tu vois, quand tu t’imagines que ta vaisselle se fait toute seule dans ton squat magique qui se nettoie tout seul, bah ça, c’est l’expression de tes privilèges (connard). Tu vois, quand on est au bar et que tu nous passes devant sans même calculer que ça fait 10 minutes qu’on attend nos bières (gros con), bah ça, c’est l’expression de tes privilèges (connard). Tu vois, quand tu viens me parler - en présumant que je suis hétéra - et que tu remarques pas que j’ai juste envie que tu te casses et que tu n’apparaisses plus dans mon champ de vision, bah ça, c’est l’expression de tes privilèges (connard). Tu vois, quand tu fais ton couillu en manif, que tu finis en GAV et que, comme par magie, c’est tes copines qui vont s’activer à te sauver le cul et que tu fais le coq quand tu sors, sans même rien calculer, bah ça, c’est l’expression de tes privilèges (connard). Tu vois, quand toi/ton pote viole une meuf, bah ça, c’est l’expression de tes privilèges (connard). Tu vois, quand toi/ton pote agresse une meuf, bah ça, c’est l’expression de tes privilèges (connard). Tu vois, quand ton pote viole/agresse une meuf, et que toi tu dis/fais rien, bah ça, c’est l’expression de tes privilèges (va mourir connard). C’est fou comment tes privilèges s’expriment partout et tout le temps !

Bon maintenant que tu y vois un peu plus claire sur ces rapports de domination (on a de l’espoir), on passe à l’étape deux : la hiérarchisation des rapports de domination. Que c’est beau de te voir lire/parler toute la journée d’antirep et de la révolution qui n’arrive toujours pas, de te la péter parce que t’as tagué le camion de la CGT, de nous expliquer les bonnes postures militantes, et encore tellement de choses merveilleuses dont tu feras la liste toi-même. Mais au fait, t’es au courant qu’il existe aussi d’autres luttes ? (Attention le passage qui suit peut te piquer les yeux. Si quelques mots t’échappent, ils sont tous dans le dictionnaire, hein !) notamment les luttes féministes, transpédégouines, antiracistes, antispécistes...
Alors pourquoi (connard) quand une des tes potes se fait violer/agresser, t’es pas capable d’aller lire les textes féministes, qui sont nombreux dans ton milieu figure-toi. Pourquoi t’es pas capable de la soutenir. Pourquoi jamais tu te positionnes. Pourquoi tu restes dans ta chambre à croûter devant iaata.
Et pourquoi quand c’est toi le violeur/l’agresseur, tu te sens toujours aussi légitime à zoner tous les espaces, à draguer d’autres meufs, à te justifier, à nier. Pour toi y’a rien à faire, va juste mourir.

Pour les gros gars de la première catégorie – ceux qui soutiennent les violeurs/agresseurs ou ceux qui ne font rien (et vous êtes nombreux, on le sait) – voici quelques pistes de trucs auxquels vous auriez pu penser tous seuls, mais bon...

Tout d’abord si ta meilleure bonne fausse idée c’est de demander aux meufs si tu peux organiser des discut en non mixité gars, oublie ! Maintenant que tu as compris les positions oppresseur/oppressée, va pas chercher à t’approprier les outils des dominé.e.s et encore moins qu’elles te rendent légitime à le faire. Juste oublie.
Va lire, y’a plein de zines, y’a plein de brochures féministes (même en ligne !) qui parlent de ça et de plein d’autres trucs qui te serviront dans la vie.
Tu peux aussi retapisser ta maison, ta chambre, celle de tes potes, et des violeurs/agresseurs d’affiches, de textes féministes (y’en a plein en ligne !) Et puis ça évitera aux meufs de passer à la corep !
Si tu veux soutenir ta pote, va lire ! Y’a dix milles textes trop chouettes qui existent et qui te permettront de pas faire/dire de la merde. Et oui c’est pas donné de savoir soutenir.

Et pour ton pote violeur/agresseur, avant toutes choses tu demandes à la meuf son consentement sur tout ce que tu pourras faire, MAIS pour lui y’a pas moyen de parler de soutien. Tu l’éjectes des espaces et tu gères les espaces, y’a pas moyen que ta pote tombe sur lui. Tu l’empêches de se justifier de quoi que ce soit, de nier ce qu’il a fait. Tu passes pas sous silence ce qui s’est passé, tu le dis, tu l’exposes (et oui ça pourrait aussi éviter à une autre meuf d’être violée/agressée). Tu remets en questions ta relation d’amitié avec lui et vos rapports militants, parce que là, c’est plus un camarade. Ça c’est des pistes, mais encore une fois va lire. Et sinon le mieux que t’aies à faire c’est de lui filer la corde pour qu’il aille se pendre.

Des meufs féministes vénères.

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  • 21 octobre 2016

    Bonjour ! Merci pour ce texte, juste si c’est possible d’utiliser un autre mot que "con/connard" pour insulter ces sacs à merde, car la vulve n’est pas une insulte. merci :)

  • 5 juillet 2016

    Ok parler de suicide c’est peut-être pas la meilleure forme que pouvait prendre l’expression de cette colère, de ce désarroi (eh oui, sous la vigueur du texte ya aussi la douleur de voir que tout ça continue, encore, toujours, que nos potes et camarades ne comprennent toujours pas, voire s’en foutent).

    Mais déjà, ce texte existe ; alors qu’il pourrait ne jamais avoir été écrit et publié. Parce qu’à chaque fois qu’on le dit gentiment, on a l’impression de pisser dans un violon, et à chaque fois qu’on le dit sans policer notre ton, on se fait rabrouer sous divers prétextes. Alors saluons, d’abord, les meufs qui osent envers et contre tout prendre la parole pour dire tout ça.

    Pour ce qui est des priorités à se donner : soutenir les victimes d’agressions sexistes et les mettre à l’abri de leurs agresseurs passe avant tout le reste. Oublier l’existence des viols ordinaires serait une erreur, mais une réaction vigoureuse, immédiate et inconditionnelle aux agressions qui sont dénoncées (encore une fois grâce à des meufs qui osent l’ouvrir malgré les critiques) est un préalable à un travail de fond (qui ne devrait pas attendre de tels drames pour être mené).

    Oui, la plupart des mecs (et certaines meufs et autres) ont déjà commis des agressions sexuelles. C’est bien de le dire et d’en avoir conscience, c’est bien de briser le silence. Mais il ne faudrait pas oublier que le courage des agresseurs à assumer leur passé est un dû, pas un exploit. Le travail qu’ils font éventuellement dessus ne leur donne aucune légitimité à être soutenus socialement ; éventuellement ils peuvent être soutenus de façon privée dans ce travail, mais il n’y a pas lieu de les applaudir publiquement.

    Ce que tu ne dis pas, et je trouve ça très grave, c’est que travail ou pas, "repentir" ou pas, il est hors de question de leur donner accès aux lieux que fréquentent leurs victimes. Si elles choisissent un jour, sans aucune pression de leur entourage ou du "milieu", d’accepter la présence de leurs agresseurs, tant mieux pour eux, mais elles ne le leur doivent PAS. Jamais.

    Oui, c’est chiant. Oui, ça demande des sacrifices. Oui, c’est culpabilisant. Et frustrant. Mais c’est ça ou faire une violence supplémentaire aux victimes de ces agressions. C’est ça ou répéter le message "allez-y les gars, si vous êtes dénoncés comme agresseurs on vous demandera juste d’être désolés", ainsi que le message "bon les meufs, à vous de voir si vous voulez mettre toute cette énergie à ouvrir votre gueule pour rien".

    Et sinon pour revenir sur le suicide, moi non plus ça ne me va pas qu’on plaisante là-dessus, on ne parle pas de corde dans la maison d’un pendu. Mais en l’occurrence même avec l’illustration, ce texte ne m’a pas du tout posé le problème. Pas parce que c’est plus facile pour moi que pour toi, mais parce que gueuler "va mourir" à ses oppresseurs, c’est pas un jeu, c’est un acte de lutte.

  • 3 juillet 2016

    Merci. Encore merci <3

  • 10 mai 2016

    Question : Faut-il aussi pendre les amis des agresseurs, tant qu’à faire ? Et, à part pendre les mecs responsables d’agressions sexuelles (c’est à dire la totalité des mecs ayant eu des rapports avant d’être vigilants quant au consentement véritable des personnes, c’est à dire (presque) tous), ou à minima de les exclure et faire en sorte que ni leurs ami-e-s ni leurs familles ne veuille encore les voir, de les pourrir publiquement et finalement faire tout ce qui est possible pour qu’ils se pendent d’eux-même, que peut-on faire pour qu’il n’y ait plus (ou en tout cas bien moins) d’agressions sexuelles dans nos milieux ?

    Réponse A : Pendons tous les oppresseurs, et leurs amis et l’oppression disparaitra !!
    Réponse B : Se saisir du problème collectivement dans un autre contexte que celui de la justice punitive et inquisitrice. C’est à dire laisser ouverte la possibilité aux mecs d’entrer dans une démarche de remise en question radicale et collective, d’oser affirmer qu’ils ne veulent plus être des violeurs (ordinaires) sans crainte d’être lynchés, plutôt que de cacher leur culpabilité derrière l’exclusion d’autres, coupables avérés, sur lesquels ils feront porter la responsabilité du sexisme et se blanchiront hypocritement par la même occasion.

    Mais c’est vrai que la pendaison c’est plus simple...
    On glisse vers des schémas bien dangereux et j’aimerais émettre un doute quant au fait que tuer le mal(e) soit efficace pour en détruire la cause.

  • 7 mai 2016

    Désolé je fais le con et je m’exprime pas sur le contenu du contexte, je veux juste dire à celle ou celles qui a pensé de repeter deux fois d’aller se pendre et qui a pensé d’ajouter à cet article l’image de la corde qu’il faut parler et utiliser les mots quand on sait la realité à laquelle elles renvoyent. Repondez comme vous voulez mais juste le suicide n’est pas un jeu.

  • 4 mai 2016

    Merci pour votre texte.
    Magnifique.

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