Aurillac est mort, vive Aurillac !

C’est la phrase que l’on pouvait apercevoir peinturlurée sur un des murs du centre ville. La métaphore représente tout ce que j’ai ressenti concernant l’ambiance de cette 69ème édition qui s’est déroulée du 23 au 26 août dernier.

Pas qu’un simple festival d’art de rue, Aurillac est bien connu par toutes les personnes marginalisées et se veut un de leur lieu de rendez-vous mais aussi le terrain d’expression des amoureu(x)ses de la liberté. Chaque année la ville est assaillie de personnes venues de partout pour se retrouver, découvrir et faire la fête. Les parkings sont envahis des camions les plus exhubérants, les parcs se transforment l’espace d’une semaine en campings sauvages, les banques se voient recouvrir leur facade de superbe poésie, le siège local du front national se retrouve fraquassé et bien sur pendant 5 jours, des artistes du monde entier envahissent la ville pour partager, dans la plus belle des ambiance, leur talent.

Ces deux dernières années, suite aux attentats de Paris et plus proche celui de Nice, l’état à imposé tout un tas de mesures sécuritaires obligatoires dans la majorité des évennements publics, quand elle ne les a pas annulés. En effet dès 2016 la préfecture à sorti le grand jeu à Aurillac, des blocs de béton anti-camion ainsi que des barrières herras munient de vigilles cloturaient tout le centre ville dans le but que chaque personne voulant assister au déroulement du festival doive subir la fouille de son sac, les employé.es des entreprises privés de sécurité confisquaient tout objet allant de la bombe à la moindre chose tranchante en passant bien sûr par cette substance dangereuse en temps de guerre : l’alcool, les fouilles se déroullaient bien sur sous l’oeil attentif des CRS en équipement de travail sur le coté. Si les dernières années quelques contrôles de camions étaient effectués par la police, jamais les milliers de participants n’avaient du passer de portique de sécurité pour rentrer dans le centre ville. Directement, il y eu des conflits entre les personnes refusant les contrôles et les vigilles, parfois violents qui finnissaient parfois en interpellation. Le deuxième jour du festival, une désormais célèbre émeute spontanée éclata et détruisi temporairement le check-point de la grande entrée ouest. Le même jour certain(e)s artistes se sont vu annuler leur spectable et les bus vers le camping furent suspendu car selon les "gillets jaunes" il n’y avait plus suffisament de place pour se garer. Cette journée fut la dernière de liberté à Aurillac.

Cette année les organisatriceurs du festival ont négociés avec la préfecture à l’avance pour que les contrôles n’aient plus lieu, le directeur de l’organisation en personne s’y est opposé. Malgré tout rien n’y fit les fouilles étaient belles et bien présentes... Quand on questionnait les vigilles il était cette année moins question de bombes que de couteaux et verre, "imaginez un peu qu’on vous lance une bouteille sur la tête" s’exclama l’un d’entre elleux. L’alcool lui n’était étrangement plus prohibé, peut-être est-ce parce que terrorisme rimait trop lourdement avec capitalisme ? Les fouilles se résumaient à palper gentillement le sac avec un grand sourire pour que cela passe tout en douceur face aux centaines de personnes trouvant ça plus qu’ennuyant. Une fois dans le centre ville une émotion indescriptible nous envahit mes ami.es et moi voyant que tous les magasins de la ville vendaient en fait des couteaux et des bouteilles en verre.... Le climat sécuritaire était moins visible mais bien plus présent pour qui à l’habitude d’y faire attention. Les blocs anti-camions étaient de nouveau à leur place mais les CRS étaient plus discrets, rentranchés vers leur camion. 50 caméras avaient étées instalées dans toute la ville scotchées aux lampadaires pour l’évennement ; devant chaque banque se trouvait un vigille potégeant ces précieuses vitrines . Bien sur des flics, encore eux, patrouillants par groupe de 3, tantôt une arme de guerre tantôt un lbd40 (version améliorée du flash-ball) à la main quand ils n’étaient pas sur les toits des batiments à observer les gens aux jumelles. La Brigade anti-criminalité était souvent visible dans le centre ville, on peut noter qu’ils aimaient suivre notamment la battucada dansante la nuit, sans faire l’effort d’esquisser le moindre signe d’amusement.

Cette ambiance mortifère était déjà pénible, mais nous avons également eu à subir plusieurs fois durant le festival la stupidité, l’arrogance, et l’abus de pouvoir de quelques policiers. Dès les premiers pas dans le centre ville le mardi 22 au soir, deux d’entre nous furent pris à partie par trois flics en uniformes, en moins de 10 secondes une main partait dans le visage de notre compagnon, une dizaine de personnes se réunnissa immédiatement et les trois policiers dans leur courage ultime les laissèrent partir. L’ensemble du festival se déroula de manière simillaire : contrôles d’identités au faciès, fouilles, confiscations d’herbe, pressions en se mettant à nombreux autour de compagnons... Pour finir le tout, un ami reçu un coup de tonfa (matraque volée aux arts-martiaux japonais) dans la machoire, y laissant des séquelles. Même si loin de moi le désir de la justification pacifiste , à aucun moment nous n’avons usé de la moindre violence, nous n’avons que systématiquement refusé les fouilles et les contrôlles d’identité.

Fort heureseument, nous avons pu compter sur certains collectifs d’artistes s’étant établis aux abords du centre ville qui surent nous accueillir dans une ambiance festive et apaisante, sans vigilles, sans flics. Ces collectifs les ont refusés et n’hésitaient pas à les dénoncer allègrement avant, pendant, et après chaque spectacle. Un grand merci pour ces derniers espaces de libertés.

Un message maintenant aux personnes à l’initiatives de ces mesures ainsi qu’a leurs éxécutants. 240 000 euros, c’est l’argent qui à été donné aux entreprises de sécurités, mais ce n’est pas le réel problème. Vous avez détruit ce qui rendait Aurillac unique vous pouvez toujours vous justifier par le fait que vous ne faites que votre travail ou que vous protéger la population, vous pouvez toujours vous consoler en argumentant que si le festival à accueilli deux fois moins de monde que l’année précédente c’est à cause du changement de date. Mais sachez que nous, nous ne sommes pas en guerre et nous ne voulons en aucun cas des votres, ne ne voulons pas non plus de vos soi-disantes paix aux allures de 1984. Vous avez rendu ce festival comme la majorité des évennements de ce pays, austère et angoissant, vous avez détruit son âme.

Allez crever, vous et le monde sombre et amer que vous êtes entrain de créer
Aurillac est mort, vive Aurillac !

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