De l’ignorance à la connaissance. Contribution à un éclairage sur une maltraitance psychiatrique et socio-judiciaire mortifère.

Le cas de Nathalie à Aix-en-Provence. Cette contribution s’inscrit dans un effort autonome orienté vers un démontage des mécanismes de la production de la maltraitance psychiatrique en lien systématique avec la prédation des tutelles et curatelles à Aix-en-Provence. Les éléments communiqués dans cette contribution se rapportent à un cas réel qui s’inscrit dans une signification globale. Rien ne justifie l’acharnement psychiatrique, socio-judiciaire et préfectoral contre une personne innocente coupable d’avoir demandé de l’aide et d’être écoutée. Les acteurs institutionnels de ce triangle infernal ont préféré faire abstraction de ses souffrances et de son innocence pour « justifier » des actions synonymes d’une fiction dans un film d’horreur. Le cas de Nathalie s’inscrit dans une signification globale de la maltraitance dans le monde psychiatrique et tutélaire en France.

De l’ignorance à la connaissance
Contribution à un éclairage sur une maltraitance
psychiatrique et socio-judiciaire mortifère.

Le cas de Nathalie à Aix-en-Provence

Introduction

« Je pense qu’actuellement, en France, le même danger nous guette : la tentation est grande de faire sortir de l’hôpital des patients incomplètement guéris, ce qui provoque des rechutes et des souffrances nouvelles aux malades et à leurs familles. ». P.175. Stanislas Tomkiewicz. L’adolescence volée. Ed. Calmann-Lévy. 1999

Il est ici question de pouvoir établir un lien cohérent et pratique entre des logiques institutionnelles articulées autour et à l’intérieur d’une expérience menée et vécue dans des dimensions humaines intenses, et dans un contexte aux paramètres et aux configurations difficiles de les ordonner dans l’axe spatio-temporel et des pratiques à la base desquelles le faire-face valide évanouissement du sens des logiques institutionnelles. Par leurs pesanteurs et grandeurs, ces paramètres s’inscrivent dans une synergie qui ne pourrait être détectable que par la capacité de réussir le passage du sensible à l’intelligible.

La transformation de cette expérience qu’on peut lui donner un nom ou un sous titre comme il est indiqué en haut, en un savoir d’expérience sur la manière de s’y prendre dans le faire-face aux contraintes externes et internes dans le processus d’« accompagnement » d’une proche, en état de besoin d’une régulation de son fonctionnement cognitif et psychique, affecté par des contraintes objectifs non pris en compte dans l’ensemble des diagnostics médico-psychiatriques et psychologiques justifie le fait de dire qu’il est le propre même de l’évaluation en tant que démarche, qui consiste à transformer l’objet d’expérience en objet de réflexion, à partir duquel l’analyse se construit.Un véritable objet de savoir qui mérité un long développement. « La sagesse est fille de l’expérience » Léonard de Vinci (1452-1519).
Cette contribution s’inscrit dans un contexte spécifique aux dimensions génératrices des interrogations profondes sur un ensemble de pratiques psychiatriques au centre hospitalier de Montperrin d’Aix-en-Provence et les collusions avec le service de la protection juridique des majeurs et la représentation de la puissance publique, la préfecture. Une véritable triangle mortifère. Voir la représentation graphique dans la problématique pratique.
Il n’est pas facile de plonger dans une situation-problème aux pesanteurs lourdes, imprévisibles et implicites dans laquelle le langage si fort et élaboré qu’il soit pourrait la décrire et l’interpréter à bon escient. L’examen des expériences dans le faire-face à des conjugaisons mortifères parfaitement menées dans le temps par l’ensemble des acteurs des services concernés, se situe dans des démarches ascendantes et aléatoires, sans pour autant avoir une connaissance si minime qu’elle soit sur le paradigme psychiatrique institutionnel et ses liens avec l’ensemble des acteurs des services connexes, en particulier celui de la soi-disant protection juridique des majeurs. Le systématique dans l’action s’efface pour laisser place à des sérendipités dans une irruption aux magmas sans odeur et sans couleur. Une véritable démarche d’un ignorant (Stuart Firestein, 2012). « Ce qu’on ne sait pas est plus utile et important de ce qu’on connaît ». https://www.college.columbia.edu/cct/archive/winter12/columbia_forum
La psychiatrie accuse, la justice s’exonère, la société se tait et l’inacceptable se normalise et s’institutionnalise.

Au-delà des limites conceptuelles et disciplinaires dans lesquelles on peut situer des notions d’accompagnement (Maela Paul, 2004), hospitalisation psychiatrique d’office ou sous contrainte au nom des « soins » et de de « sécurité », la maltraitance et les logiques de tutelle / curatelle au nom de la protection, celles-ci demeurent source d’interrogations sur des pratiques défectueuses et destructrices du processus, du sujet patient catégorisé socialement et juridiquement d’ « incapable » et stigmatisé de « handicap mental » par des diagnostics d’un temps ahistorique dans une violence caractérisée dans des jeux d’énonciation belliqueuse, symptomatique d’une juridiction linguistique qui prive le vulnérable de toute innocence. (Jean-Favret Saada, 1990). La psychiatrie accuse, la justice s’exonère, la société se tait et l’inacceptable se normalise et s’institutionnalise.

Résumé

Cet article témoignage s’inscrit dans une démarche active d’indignation et des interrogations sur des enchaînements dramatiques des logiques institutionnelles qui ont abouti à la destruction d’une citoyenne à l’âge de 43 ans. Rien ne justifie l’acharnement psychiatrique, socio-judiciaire et préfectoral contre une personne innocente coupable d’avoir demandé de l’aide et d’être écoutée. Les acteurs institutionnels de ce triangle infernal ont préféré faire abstraction de ses souffrances et de son innocence pour « justifier » des actions synonymes d’une fiction dans un film d’horreur.

Nathalie a été victime d’une maltraitance psychiatrique dans le centre hospitalier de Montperrin à Aix-en-Provence durant toutes les périodes de son hospitalisation, du 01 janvier 2010 au 26 avril 2010 et du 19 octobre 2010 au 19 janvier 2011. Une mise sous curatelle renforcée le 08 avril 2010 a été une courroie d’étranglement et d’étouffement par la dépossession de ses allocations « gérées » par des mandataires du « service judiciaire de protection des majeurs », agissant dans une association au fonctionnement d’une entreprise.. L’acharnement triangulaire n’avait pas pris de pause et avait continué après sa sortie de l’hôpital le 19 janvier 2011 jusqu’à sa destruction totale le 31 janvier 2014, laissant derrière un enfant né le 30 mars 2010 qui ne l’a jamais vu, enlevé parle juge avec la complicité active de la psychiatre et ses collaborateurs. Les mandataire la réduisait à un dossier comptable à boucler et la psychiatre à un récipient dans lequel on déversait des comprimés et des injections jusqu’à l’immobilisation totale de son corps. Toutes ces pratiques ont été menées au non de « soin » et de « protection » dans le pays des droits de l’Homme.

Cependant, toutes les démarches ont été effectuées auprès de ces acteurs pour éviter le drame, ils ont été bien informés et alertés par des rapports communiqués à leurs services pour agir, ils n’avaient rien fait. S’ils avaient pris en compte seulement une petite partie de ce qui leur a été communiqué, Nathalie aurait été sauvée. Et pourtant, elle avait fait face à cette inhumanité grandissante dans un état d’esprit citoyen et actif pour vivre dans la dignité et la paix. Elle a laissé derrière elle des manuscrits qui témoignent de la lutte qu’elle a menée pour ses droits et des souffrances qui lui ont été infligées par l’ensemble des services concernés dans cette ville insensible aux détresses et aux appels de secours des personnes vulnérables. Aix-en-Provence.

Son compagnon, M’hamed EL Yagoubi témoigne et signe.

Aspects chronologiques et dynamique d’une lutte désespérée

- Nathalie Dale, née le 21 mai 1970 à Cagnes-Sur-Mer
- Décédée le 31 janvier 2014 à Aix-en-Provence
- Cause : Le certificat de décès établi par le service de la médecine légale de l’hôpital de la Timone de Marseille le 03 février 2014 est clair : Cause de décès : « Défaillance respiratoire due au surcharge médicamenteux »
- Enterrée le 27 février 2014.
- Victime à la fois de traitements médicamenteux, de traitements psychiatriques abusifs, d’un internement illégitime et lourd de conséquences, dépossédée de son enfant, de ses biens et de sa dignité.

Les membres du « Collectif Vérité et Justice pour Nathalie » s’insurgent contre…

1 - Une maltraitance psychiatrique et curatélaire subie par Nathalie dans le centre hospitalier de Montperrin, à Aix-en-Provence. Elle n’y a été traitée que par des traitements lourds (comprimés et injections neuroleptiques) du 01/01/2010 au 26/04/2010, et du 19/10/2010 au 19/01/2011, ainsi qu’en externe (CMP) jusqu’à sa destruction totale et finale le 31/01/2014. Le certificat de décès établi par le service de la médecine légale de l’hôpital de la Timone de Marseille le 03 février 2014 est clair : Cause de décès : « Défaillance respiratoire due au surcharge médicamenteux »

2 - L’enlèvement de son enfant par le juge des tutelles avec la complicité active de la psychiatre et ses collaborateurs, et ce, dès l’accouchement le 30 mars 2010.

3 - Le placement de Nathalie sous « curatelle renforcée » (le 08/04/ 2010), soi-disant protection juridique dont les acteurs, fonctionnant comme une entreprise, ont détourné ses allocations AAH, ou ne les lui ont octroyées qu’au compte-goutte.

4 - L’arrêté préfectoral (18 octobre 2010) pour l’hospitalisation d’office de Nathalie, suite à une pétition malveillante de son voisinage, mensongère et non vérifiée. H.O. Du 19/01/12010 au 19/01/2011.
5 - Soins psychiatriques nocifs imposés au CMP du 19/01/2011 jusque sa destruction physique le 31 janvier 2014.

Cette synergie institutionnelle (préfecture - justice - affaires sociales - psychiatrie), « normale », tranquille, dépourvue d’un contre-pouvoir digne de ce nom, d’une Inspection Générale ou de tout autre système de contrôle, a permis et provoqué de longues années de souffrance ; elle a entraîné la mort de Nathalie le 31 janvier 2014, et ce, en raison d’une défaillance respiratoire due à une surcharge médicamenteuse, selon le certificat de décès établi par le service de la médecine légale le 03/02/2014.

Pour être menées au nom du « soin » et de la très fameuse “protection juridique des majeurs“, ces pratiques, tout à la fois professionnelles et alignées sur une éthique inexistante et péremptoire, n’en sont pas moins inversées fréquemment, fatalement et notoirement, comme ce fut le cas de feue Nathalie.

En amont ou en arrière fond de ces horreurs légales, il est un problème peu dit, mal dit, voire indicible, celui qui a fait mourir Nathalie : l’impossibilité actuelle d’une solidarité minimale, familiale, civique, sociale, politique, et même scientifique. Une solidarité minimale qui ferait barrage au pire et validerait le souci français pour les droits fondamentaux de la personne.
Une solidarité minimale qui n’aurait pas laissé Nathalie souffrir et mourir ainsi.

Qu’en est-il de ce non moins fameux et très bruyant souci de l’Autre et de la différence, du malade et du patient, du handicap et du grand âge, des grands principes et de l’universel, des chartes solennelles et des colloques internationaux, des émotions collectives et autres enflures médiatisées ?

Nous en avons d’ailleurs énervé plus d’un, dans la vaste toile socio-intello-médico-politique de l’indifférence, de l’irresponsabilité et de la prédation organisée, en leur rappelant d’une part les recommandations et les rapports des Nations-Unies, notamment la “Convention relative aux droits des personnes handicapées“, et d’autre part les auditions de l’État Français le 13 et 14 janvier 2016 par le Rapporteur Spécial (Genève) et plus récemment, les observations préliminaires de la Rapporteure Spéciale de la CDPH-ONU lors de sa visite en France du 03 au 13 octobre. Le lien ici : http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22245&LangID=F

Comment expliquer le silence et la passivité des acteurs institutionnels, puis leur hostilité ouverte pour tenter d’invalider (par tous les moyens) les démarches, rapports et autres signaux d’alerte adressés à tout niveau de responsabilité par le compagnon de Nathalie, à mesure de l’aggravation continue et visible de son état ?

Un minimum de chaleur humaine … plutôt que d’éthique rabâchée, klaxonnée ou rénovée à coups d’« humanitude »... et un peu de vrai professionnalisme, même à l’ancienne... eût épargné Nathalie. Seuls des experts en communication osent encore affirmer que ce ne fut qu’un « cas exceptionnel » et regrettable, alors que nous savons tous (expériences et informations à la clef) combien la maltraitance psychiatrique et socio-judiciaire relève d’un fonctionnement institutionnel, social, global et… terrifiant pour quiconque voit ou subit ces horreurs (directement ou indirectement), et accède, in fine, aux coulisses profondes de notre État de "droit".
Un domestique du « système », l’un de ses nombreux porte-paroles, peut verser dans une réelle et incontestable normopathie à force de suivisme et d’obéissance. Il cède alors à une parodie violente du mensonge institutionnel qui pour être hilarante n’en est pas moins révélatrice d’une mentalité courante, locale et quasiment culturelle, face à la différence et à la meilleure qui soit, mais qui n’en devient pas moins suspecte. Un trio immoral et obscène s’il en est, celui de la communication, de la frustration et du pouvoir :
« À propos de Nathalie, bien sûr, nous sommes désolés, oui, c’est un cas terrible, mais « exceptionnel » ! Et puis, soyons clairs, elle n’était pas innocente, oh non, loin de là ! Réalisez-vous !? Elle était en dépression ! Il y a tout de même des limites ! Tout cela doit se payer ! Quant à son compagnon… Alors là, il y a quelque chose qui cloche. Vous rendez-vous compte ? Un partenaire… enfin, un compagnon, qui démontre une telle inconditionnalité et une telle constance dans son soutien, et veut nous donner une leçon d’humanité, d’éthique ou de je ne sais quoi… alors que nous, les professionnels, sommes formés et mandatés pour une prise en charge médicale et juridique de Nathalie… Non, tout cela est plus que suspect. Et que devient la démocratie là-dedans ? »

Par voie de conséquence, deux plaintes, preuves détaillées à l’appui, ont été déposées le 12/11/ 2014 au TGI d’Aix-en- Provence :

1) Contre la psychiatre hospitalière pour homicide involontaire et maltraitances.

2) Contre la mandataire désignée par le service juridique de protection des majeurs pour escroquerie et négligence systématique.

Peut-on encore croire à quelque aboutissement positif de ces diverses procédures ? Aucune illusion. Seules des luttes et des mobilisations collectives et citoyennes s’imposent, non seulement pour la dignité et la sécurité de personnes tout à la fois vulnérables et victimes d’une maltraitance psychiatrique et sociale, mais encore pour une restauration de toute protection humanisée (officielle : judiciaire, sociale et médicale) , pour que celle-ci soit à nouveau le bouclier du handicap et de la vulnérabilité face au prédateur professionnel... et non pas l’inverse.

Le Collectif Vérité et Justice pour Nathalie lance un appel fort aux femmes et aux hommes de toutes sensibilités et de toutes conditions pour le soutenir dans ce combat qui lui fut imposé, lequel nous concerne tous, pour la vie, l’honneur et pour la dignité.

En alliance avec le "Collectif National des Victimes de la Psychiatrie" et autres collectifs et sensibilités critiques, il interpelle une fois de plus les institutions et l’ensemble de la société ; il pose un refus radical à une déshumanisation en cours.

Il lance un appel à toutes les sensibilités individuelles et collectives pour le soutenir dans ce combat. Il concerne la société entière et la dignité humaine surtout des vulnérables. La maltraitance psychiatrique et tutélaire n’est pas un cas ou des cas, mais un fait institutionnel et social massif. C’est dans ce cadre que ce petit collectif constitué des éléments simples animé par une idée de l’humanité œuvre et milite pour la dignité les vulnérables surtout les personnes victimes des horreurs de la psychiatrie et de la prédation de la tutelle et curatelle.

Agissons nous contre la maltraitance psychiatrique et tutélaire des personnes vulnérables pour ne pas être du mauvais côté de l’histoire !

Nathalie née en 1970. Morte en 2014 après de longues années de souffrance. Cause : « Défaillance respiratoire au surcharge médicamenteux » selon le certificat établi par le service de médecine légale 3 jours après sa mort. Laissant derrière elle son enfant et ses témoignages en manuscrit.

1 - Victime d’un traitement psychiatrique dangereux et mortel dans son dosage à longue durée sans aucune modification pour atténuer les effets secondaires dévastateurs.
2- Traumatisée par l’enlèvement brutal de son enfant par le juge avec la complicité de la psychiatre juste après l’accouchement le 30 mars 2010. Elle ne l’a jamais vu en dépit des multiples démarches conventionnelles.
3 - Mise sous curatelle renforcée suite à une ordonnance d’avril 2010, alors qu’elle était toujours en hospitalisation.
4 - Éjection de l’hôpital psychiatrique en avril 2010 par la psychiatre sans son enfant et sans aucun centime en dépit du courrier adressé à la même psychiatre le 23 avril 2010 dans lequel des

informations lui ont été communiquées pour mieux tenir compte de ses conditions fondamentales.
5- Dépossédée de ses allocations par les mandataires déléguées du service juridique de la protection des majeurs. Plusieurs courriers adressés aux services concernés : courrier du 04 juin 2010 au service social de l’hôpital sans compter des appels téléphoniques et des déplacements directs. Des dizaines de courriers également adressés à l’association mandataire et surtout à l’antenne locale. Des courriers adressés au service des juges des tutelles du Tribunal d’Instance ; Le dernier en octobre 2013, juste trois mois et demi avant sa destruction en janvier 2014.
6 - Hospitalisation d’office (arrêté préfectoral) du 19/10/2010 au 19/01/2011 suite à une pétition mensongère d’une partie du voisinage aux comportements malveillants contaminés par l’effet du communautarisme, abusant de sa vulnérabilité.
7 - Des soins imposés au CMP dès sa sortie en janvier 2011 jusqu’à sa destruction en 2014 à l’âge de 43 ans. Le même traitement psychiatrique médicamenteux avec surdosage.

Questionnements et pistes d’analyse suscités par la situation

- Le cas de Nathalie s’inscrit dans une signification globale de la maltraitance dans le monde psychiatrique et tutélaire en France.
- Nathalie a été victime de la maltraitance psychiatrique médicamenteuse et de l’abus du système de curatelle.
- Elle aurait été sauvée si les services concernés avaient pris en compte une petite partie des nombreux rapports d’alerte et de signalement communiqués par son proche et compagnon. Aucune écoute.
- La définition de ce fait social et institutionnel est bien explicité ici par l’Ansem et le Conseil de l’Europe (1987) : « La définition de la maltraitance retenue par l’Anesm est celle du Conseil de l’Europe de 1987 : Une violence se caractérisant « par tout acte ou omission commis par une personne s’il porte atteinte à la vie, à l’intégrité corporelle ou psychique ou à la liberté d’une autre personne, ou compromet gravement le développement de sa personnalité et/ou nuit à sa sécurité financière. »
- Une mise violente à la rue sans aucune ressource et sans aucun accompagnement et suivi
- Il n’était pas étonnant de constater des effets désastreux de la conjonction de la brutalité psychiatrique avec l’absence de soutien matériel et de suivi social avant d’avoir des informations sur la mesure de curatelle à son insu.
- La psychiatre l’éjecta de l’hôpital en avril 2010 dans un état indescriptible, sans se soucier de son état physique ni de ses ressources et de ses besoins matériels. En effet, lors de son éjection, l’action est exacte, Nathalie non seulement se trouvait dans un état mental et psychologique grave dû à la privation de son enfant mais de surcroît, ses allocations avait été coupées pour payer l’hôpital avec l’appui des juges de tutelle.
- La désignation d’une curatrice opérant dans le cadre d’une association suite à une ordonnance dans le cadre de ce qu’on appelle « le dispositif de la protection judiciaire des majeurs », n’avait pas amélioré sa situation matérielle, bien au contraire. Et pourtant, la psychiatre avait été bien informée par courrier directement sur son état social et financier sans compter des appels téléphoniques quotidiens à son service.

- Cette mesure l’a totalement dépossédé d’une façon encore plus grave de celle qui est décrite dans le livre de Valérie Labrousse (2014) : « LES DEPOSSEDES, Enquête sur la mafia des tutelles, éditions Du Moment ». Un véritable dispositif d’affaiblissement et d’appauvrissement extrême des vulnérables. Non seulement ce qu’elle avait écrit était vrai, mais c’est du présent et du réel dans ses détails les plus édifiants. Cette auteure a entrepris une initiative courageuse et audacieuse en dépit des conséquences personnelles et professionnelles et des réactions violentes des acteurs concernés.

Recommandations ou pistes de développement (d’action)
Quelques éléments pour une recommandation écologique

1) L’urgence d’inverser le paradigme existant dans la relation soignant-patient.

2) L’écoute active du patient et ses proches

3) Séparation entre le pouvoir psychiatrique et le pouvoir judiciaire

4) Prise en compte de l’expérience du patient dans la gestion de son état de santé et son potentiel dans l’affranchissement des contraintes objectives et subjectives.

5) Contextualisation et articulation des dimensions sociales et écologiques dans la perception et la relation thérapeutique. Une véritable invention stratégique et alternative.

6) Mettre fin au fonctionnement du système de tutelle et curatelle dans ses formes actuelles. Ce ne sont pas des mesures de protection mais des mesures qui entravent la liberté. Voir les observations préliminaires de la Rapporteure Spéciale de CDPH-ONU (Convention relative des Droits des Personnes Handicapées de l’ONU), publié le 13 octobre 2017.

7) Réintroduire le droit de manière explicite dans le secteur psychiatrique et lutter pour le faire valoir aux usagers.

8) Abolition des hospitalisations sous contraintes et toutes les formes de contention au nom des principes des droits de l’homme.

9) Reconnaissance et protection du statut de lanceur d’alerte contre la maltraitance psychiatrique et l’abus de tutelle et curatelle.

10) Bannir les concepts psychiatriques qui portent atteinte à l’idée de l’intelligence et ses facettes. Elle est une qualité aux dimensions multiples hors portée de la psychiatrie et ses prolongements idéologiques. Les sciences médicales, psychologiques et sociales doivent refonder leur paradigme dans la perception du l’humain, du processus et du vivant et s’affranchir du réductionnisme hospitalo-psychiatrique accusateur. Ces sciences sont invitées à réduire l’intensité de leur langage d’accusation et de privation du destinataire de son innocence par les jeux de juridiction linguistique spécifique à la langue institutionnelle, langue du pouvoir-agir. Le psychique est un développement qui se réalise dans des interactions réelles et complexes. Alexi Léonteiv. le développement du psychisme, 1959 éditions de l’université de Moscou.

11) Création d’un Observatoire indépendant sur l’abus de tutelle et curatelle en attendant une autre alternative et une déontologie de la profession.

Ce sont des éléments simples et plus simples que le simple. Malheureusement, aucun d’eux n’aura de chance d’aboutir dans cette société prise en tenaille par les scies d’une idéologie glaciale qui niche partout dans tous les étages des institutions et le labyrinthe du paradigme des sciences sociales et humaines, qui n’ont même pas une autonomie si minime qu’elle soit pour s’affranchir de la tutelle de cette idéologie et renouer avec leurs sémantiques fondatrices de leur légitimité.

Le cas de Nathalie a été un véritable apprentissage et un acte de connaître qu’il n’est pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une signification globale d’une inhumanité grandissante érigée en modernité et en une rationalité qui par leurs pesanteurs scientistes masquent des pratiques gestionnaires mortifères instituées et cautionnées par les Agences régionales de Santé (ARS) au nom de la rationalisation et de la gestion pour servir un système de norme lui-même conducteur des boucles systémiques conservatrices d’un ordre oppressif et nivélateur.

A quoi servent des centaines des conférences, des colloques et des rencontres scientifiques ou militants autour des problématiques psychiatriques et du handicap psycho-social tant que la société elle-même demeure dans sa majorité indifférente et insensible ?
La radicalité de cette question n’est pas de l’extrémisme. Elle est tout à fait humaine dans ses fondements.

Principaux textes de droits mobilisés dans la situation ou qui pourraient l’être :

La CDPH-ONU. http://www.un.org/disabilities/documents/convention/convoptprot-f.pdf

Rapport de la Contrôleure Générales des Lieux de Privation de Liberté (2016). 
http://www.cglpl.fr/wp-content/uploads/2016/05/CGLPL_Rapport-isolement-et-contention_Dalloz.pdf

Observations préliminaires de la Rapporteuse spéciale sur les droits des personnes handicapées, Mme Catalina Devandas-Aguilar au cours de sa visite en France, du 3 au 13 octobre 2017
http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22245&LangID=F

Le rapport de la Cour des Comptes sur la protection juridique des majeurs publié le 04 octobre 2016 : une réforme ambitieuse, une mise en œuvre défaillante. Le lien ici :
http://www.ccomptes.fr/Accueil/Publications/Publications/La-protection-juridique-des-majeurs-une-reforme-ambitieuse-une-mise-en-aeuvre-defaillante

Le rapport de Défenseur des droits sur la faiblesse et la complexité du système de protection publié le 29 septembre 2016. La volonté du Défenseur des droits, qui est conscient de la complexité de ces questions et de la faiblesse des moyens des juridictions, est de provoquer une réflexion des pouvoirs publics permettant de préparer d’éventuels changements de principes qu’il recommande en conscience. Le lien ici :
http://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/rapport-majeurs_vulnerables-v5-num.pdf

M’hamed EL Yagoubi
Compagnon de Nathalie
Marseille

Collectif Vérité et justice pour Nathalie
www.cvjn.over-blog.com

P.-S.

Tous les éléments cités dans cette contribution sont authentifiés, vérifiés et évalués en amont et en aval du processus de rédaction et de contextualisation.
Merci de donner une suite favorable à la publication.

M’hamed EL Yagoubi

Marseille

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  • 16 avril

    Je remercie les animateurs du site IAATA d’avoir accepté la publication de cette contribution et la mettre en ligne après avoir modifié quelques aspects dans l’introduction. Je tiens ici à dire à tout-es- les lecteur-ices que les éléments traités dans cette contribution ne sont qu’une petite partie visible de l’iceberg. Il y aura des suites pour plus d’éclairage sur cette énormité inscrite dans le fonctionnement de la psychiatrie psychiatgrisante aux aboutissements mortifères en France en parfaite synergie avec des logiques de tutelle et curatelles, des logiques prédatrices exposées au nom de la "protection".
    Le cas de Nathalie est tout à fait révélateur de cette énormité. Détruite systématiquement dans ce pays « si versé dans les droits de l’homme » et dans une ville excessivement exposées dans la publicité mensongère : « Aix-en-Provence où il fait bon vivre ». Elle n’a réclamé que son droit à la vie, à la sécurité, au respect et à la santé… elle était irrecevable et coupable. Elle n’a réclamé que son droit aux droits de l’homme dans un pays qui se dit de droit. Elle a obtenu la mort, ultime système de punition au nom de la justice dans une indifférence quasi-totale en dépit des alertes et des signalements à tous les étages de responsabilité hiérarchique. Ce n’est pas de l’exagération mais c’est du réel auquel cette hiérarchie tourne le dos dans un geste glacial. Je ne souhaite cette histoire à personne même aux détracteurs au regard oblique.

    www.cvjn.over-blog.com

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