Début décembre 2014 : quelques infos sur la révolte en Grèce

Le début du mois de décembre en Grèce est marquée par de nombreuses manifestations, émeutes, attaques et occupations en solidarité à Nikos Romanos, un prisonnier anarchiste en grève de la faim depuis le 10 novembre.
Revue de la révolte.

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Nikos Romanos entre les mains de la police après son arrestation le 2 février 2013 suite à un double braquage de banque à Velvento, dans le nord du pays. Il est arrêté avec ses camarades Dimitris Politis, Andreas-Dimitris Bourzoukos et Giannis Michailidis. Quinze jours plus tard, les anarchistes Fivos Harisis-Poulos et Argiris Dalios, se font interpeller à Athènes, eux aussi accusés de participation aux braquages. Tous les six ont été accusés de participation au groupe de lutte armée Conspiration des Cellules de Feu. Lors du procès cette accusation n’a pas été retenue, ils ont tous pris des peines allant de 11 à 16 ans.

2 décembre 2014 : environ 10 000 personnes dans la rue en solidarité avec Nikos Romanos.

Alors qu’il est en grève de la faim depuis 22 jours et que son état s’affaiblit, une imposante manifestation de solidarité se tient dans les rues d’Athènes. Nikos Romanos, condamné en première instance à 15 ans et 11 mois de prison, a entamé une grève de la faim le 10 novembre dernier, notamment pour faire valoir son droit à suivre des études hors de la prison, comme le prévoit la loi grecque [1].
Or, comme la grande majorité des prisonniers anarchistes, Nikos est sous le coup de mesures d’exception, ce qui les prive de la plupart des maigres droits des prisonniers. Situation qui s’amplifie suite à la récente loi sur les prisons de type C qui vise à restreindre de manière conséquente les droits des détenus, particulièrement ceux accusés de "terrorisme" ou de lutte armée [2].
Ce 2 décembre les émeutes se sont prolongées jusque tard dans la nuit à Exarchia, notamment autour de l’École Polytechnique, occupée.
Environ 10 000 personnes se sont solidarisées pour Nikos Romanos qui, depuis l’hôpital, dans un communiqué daté du 3 décembre, écrit qu’en ce qui le concerne il "repousse toute possibilité de reculer et répond par une lutte jusqu’à la victoire ou la lutte jusqu’à la mort".

Aux toutes dernières nouvelles il aurait décidé d’entamer une grève de la soif et son état est jugé préoccupant, au point que le premier ministre grec doit rencontrer les parents du camarade en début de semaine.

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Image d’un autobus entièrement brûlé par des manifestants solidaires, rue Stournari à Exarchia.

A lire le deuxième communiqué de l’assemblée d’occupation de Polytechnique (source : ContraInfo) :

Le 2 décembre 2014 a eu lieu une manifestation en solidarité avec le compagnon anarchiste Nikos Romanos, prisonnier en grève de la faim depuis le 10 novembre, pour l’obtention des sorties d’étude. Des milliers de personnes ont participé au cortège dont une partie s’est dirigée vers l’École polytechnique occupée.

Pour nous, le sol occupé de l’École Polytechnique d’Athènes n’a pas de valeur en soi. Au contraire, c’est une autre pièce de la mosaïque de la dignité et de la résistance contre tous ceux qui veulent faire de la société un cimetière. C’est une pièce de la mosaïque de résistance contre le totalitarisme contemporain qui étend son pouvoir sur nos vies ; des anarchistes qui s’engagent dans une grève de la faim aux mobilisations contre les prisons de très haute sécurité, ou encore aux grévistes de la faim syriens, enfin à tous ceux qui luttent pour la dignité et la liberté dans le monde entier.

Nous appelons toutes les personnes en lutte à prendre toutes les initiatives nécessaires pour la victoire du gréviste de la faim Nikos Romanos : de l’occupation d’université aux blocages des activités de production, aux ruptures de l’omertà médiatique, aux attaques contre les gardiens de l’ordre.

Soulevons-nous au niveau des exigences de notre temps face à la répression étatique, contre les logiques qui veulent faire de nous des spectateurs passifs et des électeurs. Solidarité inconditionnelle à Nikos Romanos, en grève de la faim depuis le 10/11, et aux compagnons en grève de faim solidaires, Yannis Michailidis (depuis le 17/11), Andreas-Dimitris Bouzoukos et Dimitris Politis (tous les deux depuis le 1/12).

Libération immédiate des détenus des émeutes du 2 décembre.

Occupation jusqu’à la victoire de la lutte de Nikos Romanos.

Assemblée d’occupation de Polytechnique
Athènes, le 2 décembre 2014.

A lire aussi : Athènes sur un volcan, le récit de Yannis Youlountas, participant à l’assemblée d’occupation de Polytechnique.

A voir : Une vidéo d’une partie des affrontements qui ont eu lieu à la fin de la manifestation du 2 décembre autour de l’École Polytechnique, dans le quartier d’Exarchia.

3 décembre :

Manifestation d’une centaine de personnes dans le petite ville de Mytilini sur l’île de Lesbos. Les vitres d’une banque volent en éclats tout comme celle du local des néo-nazis d’Aube Dorée. Une barricade est dressée aux abords de l’antenne universitaire.

4 décembre :

*Occupation du siège du syndicat GSEE, sur l’avenue Patission à Athènes.

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Solidarité avec l’anarchiste N.Romanos en grève de la faim depuis le 10/11 – GSEE occupée

Lire le communiqué de l’assemblée des occupants des locaux de GSEE sur ContraInfo.

*Occupation de la direction de l’Institut Technologique d’Athènes

Déclaration des occupants :

Le 4 décembre 2014, à huit heures du matin, le bâtiment de la direction de l’Institut Technologique d’Athènes a été occupé en solidarité avec l’anarchiste en grève de la faim Nikos Romanos, et avec les anarchistes Yannis Michailidis, Andreas-Dimitris Bourzoukos et Dimitris Politis, eux aussi en grève de la faim.

Tant qu’ils nous répriment, nous lutterons.

Des personnes solidaires

*Occupation de la mairie de Rethimno, en Crête.

6 décembre :

Manifestation organisée chaque année en mémoire d’Alexys Grigoropoulos. Ce jour de commémoration important pour nos camarades grecs avait cette année une teneur encore plus particulière avec les diverses actions et manifs des jours précédents en solidarité avec Nikos Romanos.

Article du Secours Rouge :

Violentes émeutes lors des commémorations de l’assassinat d’Alexys

Le 6 décembre 2008, Alexis Grigoropoulos, un jeune grec de 15 ans était assassiné par la police. A l’époque des émeutes avaient secoué la Grèce pendant des semaines donnant lieu aux plus violents affrontements depuis la chute de la dictature. Depuis, chaque 6 décembre est commémoré par de grandes manifestations qui donnent lieu à de violentes émeutes. Cette année le 6 décembre avait une connotation singulière puisque l’ami de Alexis Grigoropoulos, qui était présent lors de son meurtre est Nikos Romanos, prisonnier anarchiste en grève de la faim depuis un mois. Des scènes de guerre ont eu lieu toute cette nuit à travers toute la Grèce. C’est à Athènes et à Thessalonique que les affrontements ont été le plus violent. A Athènes, de nombreuses banques et grands magasins ont été attaqués, les manifestants ont vidé un magasin Zara de son contenu et l’ont brûlé dans la rue. Au moins une vingtaine de personnes ont été arrêtées dans la capitale. La police répliquant aux bombes à main artisanales et aux cocktails molotov par des tirs d’auto-pompe et des grenades lacrymogènes.

Mise à jour : 200 personnes ont été arrêtées à Athènes, tous ont été relachés sauf 25 qui passeront au tribunal ce mardi. Ils sont accusé de divers délits et crimes : tentatives de meurtre sur policier, vol, destructions, possession de cocktails molotov. Les anarchistes athéniens seront de retour dans la rue cette après-midi dans un cortège pour Nikos Romanos lors d’une manifestation syndicale. Pour la situation de Nikos : il serait très affaiblit et aurait décidé de faire la grève de la soif. Il est difficile d’avoir plus d’informations puisque la direction de l’hôpital coopère avec la police et refuse de donner des informations sur son état de santé. La crise en est à un tel point que le premier ministre rencontrera lundi les parents de Nikos Romanos.

*Occupation du Centre Culturel Melina, dans le quartier de Thissio.[Lire le communiqué].

Notes

[1Lire sur le site de Non-Fides la lettre qu’il a écrit le 10 novembre depuis la prison de Korydallos, Asphyxie pour une bouffée de liberté, pour expliquer sa décision de recourir à la grève de la faim.

[2D’ailleurs les camarades grecs parlent en exagérant à peine de "Guantamo à Domokos", du nom de la première prison grecque qui sera catégorisée type C. A ce propos lire ce court texte revendicatif du Comité de lutte des prisons, lors d’une imposante grève de la faim dans les prisons grecques.

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