En avril 2021, à Toulouse, les mineur.es isolé.es étranger.ères continuent de lutter pour leurs droits

Depuis plusieurs jours, des mineurs isolés étrangers bloquent l’accès au bâtiment où ils vivent pour se faire entendre et faire valoir leurs droits les plus fondamentaux

TOULOUSE 9 AVRIL 2021

Les jeunes et leurs soutiens bloquent leur lieu de vie pour faire valoir leurs droits les plus fondamentaux.
Ça se passe à Toulouse, à l’ancien EHPAD des Tourelles, où le collectif AutonoMIE demande depuis des mois un rendez-vous avec des élu·e·s de la collectivité municipale pour faire le point sur un dispositif défaillant, qui, sous couvert d’expérimentation, met des jeunes en danger !
On vous explique : à Autonomie, depuis toujours, nous nous battons pour une prise en charge complète des jeunes mineur·e·s isolé·e·s, qui respecte les droits de l’enfant, par l’autorité compétente : le conseil départemental. Lequel conseil, tout en affichant hypocritement des valeurs de gauche, met chaque année à la rue des centaines de jeunes, ne reconnaissant pas leur minorité même quand ces jeunes présentent des documents officiels.
Et depuis 2021, il va même plus loin : remettant en cause les décisions du juge, il remet à la rue des jeunes qui avaient été placé ! En face, la collectivité de Toulouse se trouve contrainte, depuis 2019, de reloger ces jeunes suite à l’occupation d’un bâtiment lui appartenant car elle était responsable pour mise en danger de la vie d’autrui. Occasion pour la collectivité de montrer qu’avec des valeurs de droite, on peut faire une politique moins antisociale qu’un conseil départemental dit « de gauche ».
Mais si en interne ça se targue de mettre au point un dispositif innovant, en externe rien ne se voit, surtout pas : c’est une politique d’invisibilisation qui se met en place, sur fond sécuritaire, « surtout qu’on ne les voit plus et qu’on les entende plus ! ». La mairie de Toulouse délègue donc à une structure sociale -l’ARSEEA- des missions qui ne nous ont jamais été communiquées malgré nos demandes insistantes et répétées. Le flou total s’installe. L’association met à disposition 3 salarié·e·s (pour 80 jeunes), non présent·e·s pendant le premier confinement, aucun moyens matériels (nourriture de survie, bâtiment dégradé, pas de chauffage partout, alarme sonnant en continu, rationnement des produits d’hygiène essentiels) et une destruction systématique de l’auto-organisation des jeunes, dernier rempart contre la folie !
Ce dispositif au rabais n’a jamais pris la mesure de l’enjeu et repose encore une fois sur les bénévoles et militant·e·s, obligé·e·s de faire le travail de protection et de subsistance que ces institutions devraient mettre en place (nourriture, scolarisation, soins, etc.)
Par manque de moyens et de confiance, il met la sécurité des jeunes en péril sur le plan physique, mais aussi psychique et émotionnel. Résultat de plusieurs années d’abandon de la part des institutions, une escalade d’incidents (violences physiques et verbales) se produit ces dernières semaines malgré des alertes répétées.

Encore une fois, c’est le pari du dégoût plutôt que de l’accueil inconditionnel, de la répression plutôt que de la confiance, de la désorganisation plutôt que de la construction collective.
Encore une fois, les enjeux politiciens et comptables prennent le pas sur une réelle politique sociale qui accueille, met à l’abri et reconnait les droits des jeunes.

 !!! Un jeune est un jeune, quelle que soit sa nationalité !!!

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