Entre grilles et dream teams, retour sur l’action du 12 avril au Conseil Général

Mardi 12 Avril, 13h, nous nous rendons au rassemblement dans la cour du Conseil Départemental (Conseil Général) afin de tenter d’empêcher le vote d’une mesure supprimant l’hébergement hôtelier des femmes seules avec enfants de moins de trois ans et des jeunes majeur-e-s isolé-e-s.

Un rassemblement déterminé force les grilles du Conseil Général

Environ 500 manifestant.e.s sont présent.e.s, les grilles du CD sont fermées. Après un court discours exposant la situation, « l’intersyndicale » ou la dream team [1] du jour appelle à tenter une entrée dans le CD en passant par l’entrée située près du métro, afin d’interrompre l’assemblée des élu-e-s en cours. Le cortège se déplace jusque devant cette entrée, petite et grande portes sont closes. L’ambiance monte et entre slogan demandant l’ouverture de la grille et huées face à l’absence de réactions, la grille (cadenacée au préalable) est alors prise d’assaut et vigoureusement secouée jusqu’à ce qu’elle sorte de ses rails.

L’intersyndicale cherche à pacifier l’action

Une syndicaliste de la CGT tente d’interrompre l’assaut de la grille en prétextant qu’une négociation pour nous laisser entrer est en cours (négociation dont nous n’aurons aucune nouvelle par la suite). La colère ne faiblit pas, une ouverture est faite et quelques manifestant.e.s parviennent à rentrer. La syndicaliste, jamais très loin, tente de bloquer l’ouverture et le passage des personnes, pendant que, à l’intérieur, le groupe se fait refouler violement par le service de sécurité du CD. De nombreux coups sont portés par les vigiles, un manifestant ressort le tee-shirt déchiré et la peau marquée. La syndicaliste est écartée, enfin, et une partie du cortège se faufile au compte goutte dans l’enceinte.

Alors que les vigiles étaient dépassés et bien moins nombreux que nous, la dream team de l’intersyndicale se positionne à leurs côtés et empêche les manifestant.e.s d’entrer dans les locaux. Une grille donnant sur les jardins est alors ouverte et nous nous y engouffrons, mais là encore une autre grille empêche l’accès à la cour. La porte par laquelle nous étions entré-e-s est alors refermée par la sécurité, des personnes continuent de nous rejoindre en escaladant les grilles alors que d’autres resteront à l’extérieur. Alors que l’on crie des slogans et que cette grille est de nouveau secouée, des CRS font leur apparition et se positionnent derrière celle-ci, dans la cour. D’autres s’installent devant l’entrée principale alors qu’on voit débarquer 13 camions de CRS. La deuxième dream team de l’aprèm est en place : en quelques minutes nous nous retrouvons enfermé-e-s par des lasagnes de grilles (grille/crs/grille/crs) entre la cour et la porte d’entrée, sans sortie possible.

Travail conjoint de la CGT et CRS pour arrêter l’occupation

Le face à face manifestant grille CRS est ponctué d’un enchainement de slogans pour le moins déroutant, entre « on est pas méchant » et « police partout justice nulle part » alors que la dream team de l’intersyndicale se réunit pour définir la suite de l’action, sans juger bon d’associer d’autres personnes qu’eux-mêmes.
La CGT annonce que la décision a été prise de quitter les lieux (par qui ? comment ? quand ?) afin de faire une AG à l’extérieur.

Les CRS entrent alors pour nous faire sortir, et nous font une véritable « haie d’honneur » pour nous escorter jusqu’à la sortie. Nos cher-e-s syndicalistes nous demandent alors de rejoindre la porte dans le calme, certains oseront même dire aux derniers militant-e-s déterminé-e-s « ne restez pas seul-e-s, suivez nous », facilitant par leur travail de flics une « évacuation propre » comme la définiront les CRS présents.

Quand la "détermination" syndicale deviendra-t-elle autre chose qu’une posture ?

Une AG s’organise alors, il nous est expliqué que le Conseil du CD a voté la mesure de suppression des hébergements des jeunes majeur-e-s et femmes avec enfants en bas âge. Mais qu’une délégation sera reçue dans la foulée. Les syndicats tentent de réaffirmer leur détermination à ne pas se laisser faire. Où était-elle lorsque nous étions 300 dans les jardins ? Où était-elle quand une poignée de vigiles nous séparait de l’intérieur du bâtiment ?

Comme en 2014, les syndicats appellent à se réunir de nouveau (mardi prochain à 12h), autour d’un pique nique et d’un éventuel campement.

Il y avait des tas de raisons d’être en colère ce jour-là. Cette mesure est scandaleuse, met à la rue des tas de personnes (jeunes, femmes et enfants), une fois encore le CD prend des décisions sans nulle concertation avec les publics concernés, une fois encore les flics étaient partout, une fois encore la seule réaction du CD c’est d’appeler les flics et de porter plainte. Si la dream team de l’intersyndicale pouvait éviter de rajouter des motifs à cette colère ou de se l’approprier ce serait le minimum syndical.

Notes

[1équipe de rêve

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