La police polie, la justice juste et le droit droit n’existent pas

Pour que la défense face à la répression ne devienne pas une question de spécialiste et séparée de la lutte, mais qu’elle soit ré-appropriable et réappropriée collectivement.

Pour prendre le temps d’en discuter au-delà de ces aspects pratiques et juridiques, comme une possibilité politique de lutte et de solidarité,

La Caisse d’Auto-défense Juridique (CAJ) vous invite à venir discuter le mercredi 11 Octobre 2017 à La pizzeria Belfort à 19 h

La répression des luttes atteint des niveaux que nous n’avions pas vu depuis longtemps.
Plus globalement, la gestion des pauvres est de plus en plus nécessaire au système et son business toujours plus florissant : politiques anti-squat et expulsions locatives, fermeture-gestion des frontières et agence Frontex, explosion de la vidéo-surveillance, militarisation de la police…
Des manifs contre la loi Travail aux luttes des habitants de Beaumont-sur-Oise, c’est toujours plus de blessé.es, de mutilé.es et de tué.es par la police. La justice continue, en parallèle, son opération de garantie de l’ordre public en condamnant et incarcérant toujours les mêmes, dans des proportions énormes.

Ainsi, le couple police/justice s’assume comme ce qu’il a toujours été : un appareil politique composé d’instruments répressifs au service des classes dominantes.
Rappelons que tous les « grands » candidats de la dernière élection présidentielle proposaient unanimement de construire plus de taules et, sinon, d’étendre la Prison au-delà de ses murs en faisant de nous-mêmes nos propres flics (bracelet électronique, contrôle judiciaire, assignation à résidence etc.).
Pour autant, cette volonté d’étouffement fait face, ici et là, à de nombreux refus et de nombreuses luttes.
La répression n’est pas uniquement subie, elle est aussi combattue, aujourd’hui comme hier, selon des stratégies, des modalités et des moyens divers et mouvants.

Il y a bientôt dix ans, la Caisse d’Auto-défense Juridique (CAJ) se montait à Toulouse face au constat selon lequel la répression n’est que la réponse « normale » d’un État garant de l’ordre social que nous combattons. De ce fait, il importe de s’organiser contre cette répression et faire de la défense une composante des luttes.
L’outil CAJ se structure dans la volonté de pérenniser des outils de solidarité au-delà du seul soutien aux affaires particulières. Il s’agit de s’organiser dans la durée face aux temps répressifs, de ne pas tout recommencer à chaque fois.
Dès lors, ce type d’outil correspond politiquement à une prise de position : d’abord, encore et toujours, la répression est quelque chose de « normal » dans une société basée sur des intérêts contradictoires entre celles et ceux qui gagnent au maintien de cette divergence et les autres qui pâtissent structurellement de la situation.
Ensuite, la capacité concrète à nous réprimer tient à des rapports de force au sein de la société. S’organiser pour lutter est aussi, nécessairement, s’organiser pour anticiper cette répression : ce ne sont pas deux moments distincts et il nous semble important de la penser dans chaque phase de la lutte.
Ainsi, sortir entouré.es de street-médics, monter une legalteam, récolter des thunes pour des caisses de grève/lutte, penser une défense au tribunal collectivement sont autant de moyens d’organiser notre autodéfense sur des bases éminemment politiques.

Néanmoins et malgré une certaine « centralisation » qui s’opère nécessairement (d’informations, de thunes…) l’idée n’a jamais été que la CAJ devienne l’organe de gestion intégrale des questions d’anti-répression sur Toulouse et alentours. Nous n’entendons pas pallier les divers comités de soutien qui se monteraient sur tel ou tel cas de répression.
Un outil « en plus de » et non « à la place de ». La CAJ entend stocker sur la durée et mettre à disposition des expériences face à la justice et face aux flics, des contacts d’avocats et de structures, de l’argent, des réflexions sur le système carcéral, afin de permettre à chacun.e de s’en emparer, de ne pas (re)commencer de zéro, de pouvoir répondre immédiatement à des attaques violentes, comme par exemple une incarcération.

Si nous rappelons ces quelques aspects aujourd’hui c’est parce qu’il nous semble qu’une certaine spécialisation s’est opérée malgré nous, bien que nous en soyons fautifs.ves. La CAJ s’est consacrée au soutien de nombreuses personnes sujettes à la répression (en témoigne le nombre de personnes soutenues après les émeutes suite à l’assassinat de R. Fraisse ou suite aux manifs de la loi Travail) mais cantonnée souvent à des prestations de services (néanmoins nécessaires).
À côté de cette assurance matérielle, il nous semble que les mobilisations de soutien aux inculpé.es de telle manif, telle action ou tel délit ont peu vu le jour ces derniers temps. À chaque cas, la CAJ est contactée et le soutien s’opère (avec plus ou moins d’efficacité) mais la défense plus globale, la continuation de la lutte de départ ou l’élargissement à une critique, en acte, de la justice et du maintien de l’ordre est souvent peu de mise.

Rien de dramatique dans cet état de fait, il nous semblait nécessaire de reposer ces questionnements de manière plus globale, comme une invitation à se ressaisir des questions de défense et d’anti-répression dans les diverses luttes qui verraient le jour dans cette ville.
Prenons acte que la répression n’est pas un temps séparé du reste de nos combats politiques, sur lequel nous n’aurions aucune prise.
Anticipons ces questions lorsque nous appelons à des manifestations ou autres actions.

Enfin, si cela vous intéresse de venir discuter de tout cela ou d’autre chose, si aider ou rejoindre la CAJ vous parle, on propose de se retrouver le mercredi 11 Octobre, à 19h à la pizzeria Belfort (2 Rue Bertrand de Born)

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