A bas l’Etat, les frites et les patrons

Compte-rendu subjectif des manifs du 3 mai et de l’occupation du McDo au Capitole, contre la loi travail et son monde.

Il est 12h15, on arrive à Jeanne D’arc ; les salarié-e-s sont devant la permanence de la députée. On est peu d’étudiant-e-s et lycéen-e-s alors on décide de partir avec les salarié-e-s jusqu’à Compans car elleux rejoignent le Conseil Départemental pour un rassemblement.

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On reste avec elleux jusqu’au bout. Arrivé-é-s au CD, ça se délite, certain-e-s partent, d’autres non, manif sauvage ? Bof, finalement rien ne se passe.

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Il est 18h, Nuit Debout commence à s’installer tranquillement… Et voilà qu’on n’a pas monté les barnum que la police municipale débarque pour nous dire qu’on a pas le droit. Voyons donc. C’est pas comme si ça faisait déjà un bail que c’était possible de le faire. Alors on obéit ou pas ? « Oui mais on a l’autorisation – Non, là on me confirme vous pouvez pas – Oui mais on a déposé le rassemblement – C’est pas suffisant, il faut demander pour le barnum – C’est quoi les raisons ? On a toujours fait comme ça on nous a jamais rien dit ! – C’est comme ça c’est interdit. […] Ce soir il vont peut être servir de projectile […]. » Voilà je l’ai faite en courte. Servir de projectile… Ok ben on va tout interdire alors. Et puis franchement un barnum en projectile ça craint, c’est pas du tout assez lourd hein. Les tables, c’est sûrement mieux. Du coup : AG rapide ! Qu’est-ce qu’on fait ? On plie, on plie pas ? Sachant que y’a l’action dans pas longtemps… Qui resterait pour protéger les barnum en cas d’intervention policière ? 8 personnes… Bon ben ok, on démonte… Mais demain, qu’on se laisse pas marcher dessus comme ça !
Il est 18h30, l’action « Y’a pas d’arrangement » se fait au Macdo du Capitole. Y’a beaucoup de monde. Ça jette des confettis, « et retrait, retrait, de la loi travail !  », etc. On passe le mot : si les flics interviennent on va dans les étages. C’est "bon enfant". Les organisateurs rappellent que « c’est pacifique et non violent, on ne dégrade rien, on occupe seulement  » et nianiania. Malgré cela on retrouvera de nombreux tags tel que « ACAB », « A bas l’État, les frites et les patrons », « l’argent c’est sans intérêt », « retrait du travail », « la télé commande » (perso, c’est mon préféré :P).

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En parlant d’ACAB, les flics sont déjà bien là. CRS, BAC et Gendarmerie. On a même le droit à un coucou de l’armée… Iels se placent, iels sont partout, prêt-e-s à agir. Au bout d’un moment, iels décident que c’est la fin de la récré. Nous on est en haut, on s’est tou-s-tes assis-es, on se tient fort. Iels finissent par arriver, après avoir gazé tout les gens à côté du Macdo (on crie de fermer les fenêtres, les gaz remontent bien vers nous…) ; et là c’est plus « bon enfant », ça fait pas comme à l’occupation de la BNP. Ça dit "CRS calmez vous, asseyez vous !" et autres slogans qui veulent qu’on fasse des bisous au CRS (mais bon entre nous ça me tente moyen). Iels hésitent pas pour quelques coups de matraques, iels sont pas vraiment délicats, ni en actes, ni en mots. Les derniers à sortir sont les plus mal traité-e-s (plus de témoins...). Apparemment, quelqu’un s’est fait traîner dans le verre d’une vitre brisée. Il serait à l’hôpital. Pour avoir vu son état, c’était pas 3 bobos de rien du tout. L’équipe infirmière de Nuit Debout s’est occupée de lui pour les premiers soins.
Les gens, évacué-e-s, restent devant le Macdo. Il faut même pas deux minutes pour qu’iels chargent et balancent leurs lacrymos. Ça court dans tout les sens. Un flic est à l’étage du Macdo pour tirer avec son cougar. Iels tirent plusieurs salves de gaz poivre et grenades. Les sérums phy’ circulent, on s’entraide bien. Ça crie « Rémi, Rémi, on t’oublie pas !  » etc. Un camarade aurait été chopé par les flics apprend-on.

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A partir de là, y’a un flottement. Quoi faire ? Les étudiant-es des beaux arts vont arriver pour #OnOccuppeMieuxQueÇa. On peut partir en manif’sauvage. On peut partir au comico du canal pour soutenir le mec chopé. On se dit que le plus important c’est de rester ensemble, parce que les flics sont sur les dents, qu’iels hésiteront pas à faire des sales trucs et encore plus si on se sépare. Les rues qui mènent au métro Capitole sont entièrement bloquées par les flics et leurs camions. Iels s’étendent petit à petit, et on se dit que la nasse elle est pas loin.
Finalement on se décide à partir tous en manif’ sauvage au comico. On passe par la rue du Taur, vers St Sernin, puis on prend la rue qui mène à Arnaud B. et puis après le pont des Minimes on se retrouve au comico. Les flics nous ont collé au cul tout le long. Arrivé-e-s là-bas il fait nuit. Ça craint, les flashs-balls et LBD sont de sortie. Une partie des gens, craignant la nasse s’étaient un peu éloigné-e-s et puis iels se font encore plus éloigner par les flics. Nous sommes donc scindé-es en deux, donc très peu, car les autres, sont reparti-es. Voyant qu’on commence à se décourager, ou partir, et qu’on à pas envie de finir tous à l’hosto, on prend le métro par groupes et pas au compte goutte pour rester ensemble.

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Apparemment on voit sur Twitter que certain-es se sont fait encore gazer place du Cap. Les étudiant-e-s des Beaux Arts ? Aucune idée, je décide que pour ce soir j’en ai assez vu et je rentre chez moi.
Il est 22h30, et le pacifisme n’a toujours pas fait ses preuves aujourd’hui.

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  • 7 mai 2016

    Il est 11:21, et à ce que je sache la violence n’a pas fait de grandes preuves non plus.
    Tout le vocabulaire insurrectionnel est bon à prendre, et bien qu’agiter les mains ou voter à tout va ça casse les couilles et c’est aliénant, c’est pas quelques distribs cassés qui vont changer le monde. On bégaye nos premiers mots révolutionnaires, voilà tout, mais le pacifisme aussi a déja fait ses preuves historiquement. Bien que 9 révolutions sur 10 soient en violentes, s’attarder sur cette caractéristique c’est oublier toutes la variété et les subtilités d’un soulèvement, toutes les tactiques mises en oeuvre : guerre d’usure, guerre d’information, folklore et savoirs-faire, constructions, organisation de la vie sur place.

    Pour une convergence des méthodes visant à perturber l’ordre .

    Quant aux étudiants des Beaux Arts, l’action s’est faite, on vous a envoyé un article d’ailleurs

  • 7 mai 2016

    +1 Je suis d’accord ; ce que j’ai voulu exprimer c’est mon dégout, parce que j’ai écrit ce CR à chaud, juste après l’action. J’aimerai autant que tout les moyens de lutte convergent, et je pense qu’on gagnera en étant tous ensemble, dans la diversité. Mais quand j’ai écrit j’étais un peu révoltée par cet usage de la force contre des militants "non-violents", et j’avais l’impression qu’on a tendu l’autre joue. Voilà :)
    H.

  • 6 mai 2016

    merci pour l article.

    juste, le pacifisme est incontournable. c ’est la seule voie pour éviter la guerre.
    la guerre économique est en cours, loi komry ou pas, elle détruit les gens par la loi de l’ argent, notre planète aussi.

    ensuite, quand on est attaqué on peut se défendre, ce sera de l’ auto défense.
    si on s oppose pacifistes et non pacifistes on perd des billes.

    si on est se soutient on peut se rencontrer, et se connaitre. ce n’ est déjà plus le projet capitaliste : tous contre tous et un plus d’ argent chaque jour. ça peut nous aider à savoir ce qui ns différencie des brutes qui déféndent les riches, le mensonge dans les médias, la destruction des plus faibles.

  • 4 mai 2016

    Le copain arrêté est sorti autour de minuit sain, sauf et, apparament sans poursuite.

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