Le bonheur en France, c’est les feux d’artifice.

Retour partiel sur la marche aux flambeaux du 23 janvier 2020

La nuit, le black bloc est de sortie. C’était pas parti pour être trop festif pourtant. Un rassemblement de quelques milliers de personnes à Jean-Jaurès avec des torches pour réchauffer ce centre-ville qui n’en finit plus de crever avec ces boutiques qui ont définitivement choisi leur camp. Et ce n’est pas le nôtre. Une ville qui a définitivement choisi le rapport commercial au rapport humain. Mais le cortège qui s’est rassemblé ce soir est là pour inverser la tendance. Se dire que rien n’est inéluctable et que la victoire est peut-être ce que nous sommes en train de vivre actuellement, dans le rapprochement et la solidarité qui s’opèrent depuis plus d’un an.

En traversant le square Wilson, on peut se dire que c’est le plus important et les mines réjouies qui contrastent avec les mines éteintes des personnes revenant des boutiques en est la meilleure preuve. Le préfet de Toulouse a interdit l’accès du Capitole aux Gilets Jaunes, mais ça ne fait guère de différence. Les miliciens ne pourront de toute façon pas tout bloquer. Même les keufs de la nationale ont été réquisitionné.e.s pour l’occasion. De fait le croisement du poids de l’huile est bloqué mais pas du côté du square Wilson. Le cortège s’engouffre par là pour atterrir sur une place du Capitole qui va peu à peu se remplir de petites lumières. La troupe de filles en bleu de travail qui a fait une chorégraphie pour les voeux de Moudenc remet ça, cette-fois ci sur l’air de Bandiera rossa, suivi par À cause de Macron. Une petite demi-heure et ça repart dans l’autre sens en direction de Jean-Jaurès. Sur les boulevards, ça graffe, ça remue, on sent qu’il faut pas grand chose. Les trottoirs sont déserts, le cortège occupe le milieu de la rue, bloquant le trafic qui n’est pas exceptionnel ce soir. Plus on s’approche du Monument aux Morts, plus c’est mort. En faisant du centre-ville un temple exclusif de la consommation, les gens ne voient pas l’intérêt de sortir quand les boutiques sont fermées.

À rue de Metz, les milicien.n.e.s bloquent l’accès à la Préfecture, pour changer, mais c’est pas là que le cortège se rend. Allées Jules-Guesde, le Palais de Justice est en point de mire. Au croisement d’Ozenne la rue est barrée par les flics qui détestent tout le monde. Ça défile toujours pour marquer un arrêt devant le Tribunal. Des chants résonnent devant le portail, quelques graffs demandant l’amnistie de nos camarades et une poubelle en feu dévale dans le parking. Un feu d’artifice éclate alors contre les vitres du palais, une bleue, une jaune, une verte, une rouge. À l’intérieur les gardes préviennent les flics postés pas loin de là. Leur arrivée provoque une première dispersion sur les allées. Un autre escadron arrive de Lafourcade et le cortège remonte l’avenue des 36 ponts. Au passage les poubelles sont renversées sur la chaussée pour stopper l’avance des bleus, ce qui ne semble pas trop déranger non plus les employé.e.s de la société immobilière Cogedim, trop occupé.e.s à bouffer petits fours et boire des coupes de champagne.

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  • 17 février

    Environ 2h après dispersion et recherche de suspects entre palais de justice et saint Michel Marcel Langer....tadam ! 2 journalistes débarquent pour filmer l’entrée du palais de justice qui leur est gracieusement ouverte (ces derniers ne portent pas d’étiquetage les reliant à une chaîne TV)...et...tadadam ! la police scientifique débarque (à 2) armée d’un appareil photo et de sacs en papiers. S’ensuit des prises de photo des tags sous tous les angles, ils s’amusent même à créer des mises en scène (l’un ramasse une canette de bière et la pose sur le banc de l’abri bus pour la prendre en photo avec le tag en arrière plan)...les sacs en papier se remplissent de canettes, mégots et autres merdes qui traînent par terre...en avant l’analyse ADN !

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