Lisbonne 10 août 2019. Retour sur la contre-manifestation antifasciste.

Le 10 août dernier avait lieu à Lisbonne une mobilisation antifa lancée en partie par le Frente Unitario Antifascista (FUA). L’enjeu était de faire face à l’organisation de la conférence d’extrême droite préparée par Mario Machado, responsable du Nova Ordem Social (NOS), qui devait réunir ce qui se fait de pire dans l’abjection.

Dans le sillage du FUA, plus de 110 organisations antifa portugaises et internationales avaient signé un manifeste auquel faisait suite une pétition recueillant 9000 signatures demandant que les groupes parlementaires s’emparent de cette question et se prononcent clairement pour son interdiction en vertu de l’article 46 de la Constitution de la République portugaise, qui interdit les associations armées et de type militaires ou paramilitaires, mais également les organisations racistes ou qui distillent l’idéologie fasciste.

Mais de réponse officielle institutionnelle il n’y en eu point. Eduardo Cabrita, ministre de l’Intérieur, a préféré jouer les papa Schultz (je ne sais rien, je ne vois rien), tandis que Marcelo Rebelo de Sousa, Président de la République, a préféré renvoyer fafs et antifas dos à dos, oubliant que, s’il est là, c’est parce que les seconds avaient viré les premiers un jour de l’année 1975. Mais bon, c’est peut-être aussi pour ne pas froisser la mémoire de son père qui fut ministre de Salazar et de son tonton, Caetano, dernier président de l’Estado Novo.

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La riposte est donc venue de la rue. Entre la place du Rossio jusqu’au Largo de Camoes, entre le Chiado et le bairro alto, entre 1000 et 2000 personnes se sont mobilisées pour s’opposer à ce qui ne doit pas rester anodin. Membres de SOS Racisme, União de Mulheres Alternativa e Resposta (UMAR), mais aussi manifestant.e.s d’origine africaine, de la communauté LGBTI, quelques citoyen.n.e.s français.e.s, opposant.e.s à Bolsonaro, de tout âge et de toute condition, toutes et tous s’étaient donné rendez-vous afin de donner un sérieux avertissement à Machado et à tout.e.s celleux qui voudraient lui emboîter le pas.

Et les fafs dans tout ça ? Ben leur conférence a bien eu lieu mais, suite à la pression, ils en ont été réduits à raser les murs. Le premier hôtel dans lequel elle devait se dérouler a laissé tomber l’idée et Machado et sa clique ont du se rabattre dans un autre, de la chaîne Sana, sous une fausse appellation et un faux prétexte. Les rares photos de la sauterie en plan serré ne permettent pas d’évaluer l’assistance - en même temps si elle avait été importante, les plans auraient été plus large - mais, aussi modeste soit-elle, le danger fasciste est bien là car, comme le disait un des manifestants : “A existência de um único fascista é uma ameaça”*.

P.-S.

* L’existence d’un seul fasciste est une menace".

Les photos proviennent du site du Frente Unitaria Antifascista

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