Mai 2016 : du débordement au basculement ?

"Le gouvernement utilise le 49.3, nouvel acte de guerre. L’heure est au défi : défions le patronat et les centrales syndicales collabos, défions le corps répressif policier et médiatique. De l’anti-répression à l’autodéfense, de l’autodéfense à la contre-offensive. Tel est l’apprentissage collectif majeur en ce printemps 2016 pour les personnes en lutte. L’auto-organisation dans l’action, qu’il s’agisse de grève ou de blocage économique, est le prémisse politique de l’auto-organisation sociale. L’auto-organisation sociale permet l’éradication des rapports de domination et d’exploitation et donc la transformation des structures sociales de production et d’existence."

[...]
Ce texte n’est pas un appel, il ne s’adresse pas unilatéralement « à ceux qui veulent bien l’entendre » en excluant l’ensemble des composantes sociales. Cette fois encore, ce n’est qu’une ébauche de réflexion pour le plus grand nombre ; y compris la mère de famille qui élève seule ses enfants en plus du turbin… y compris tou.te.s celleux exclu.e.s de fait de la logique de l’affrontement direct avec la police.

Tout ce qui touche de près ou de loin à l’affiche de la CGT sur les violences policières nous désole : du communiqué lamentable dans lequel la CGT Strasbourg Eurométropole (pour ne citer qu’elle) dédouane la police de ses violences réelles au profit d’un citoyennisme néo-républicain puant au sens même de cette affiche qui nie la fonction sociale de la police dans une société capitaliste.

Nous parlons de solidarité de classe. A l’image de ces ouvriers du BTP qui ont secouru des lycéen.ne.s pris au piège d’une nasse policière à Paris début avril ou de ces personnes qui ouvrent la porte de leur commerce aux manifestants pour les protéger de la répression, cette solidarité de classe contre l’appareil répressif est une composante de la convergence des luttes. Le courage politique de la position de Aissatou Dabo, porte-parole de la Coordination nationale étudiante, qui déclare la décision collective « de ne pas se dissocier de ce que vous appelez les casseurs », a déjà permis à beaucoup de franchir un cap.

Quand certains disent que nous ne vivons pas un mouvement social mais le débordement même du mouvement social considéré comme « cadre » traditionnel étouffant, nous disons l’inverse : le mouvement social est le mouvement du débordement offensif, du dépassement collectif. L’encadrement des services d’ordre syndicaux qui complètent sciemment la police pour renforcer le corps répressif, ainsi que la mainmise des centrales syndicales, ne sont pas le mouvement social et n’en font pas partie. Ils désignent au contraire son étouffement.

Les cortèges « autonomes » désignent cette force collective en action où chacun.e se retrouve au-delà de ses attributs de classe / genre /« race », avec ou sans papiers. Mais, d’une part, tou.te.s les étudiant.e.s, lycéen.ne.s, chômeur.se.s, précaires, salarié.e.s, banlieusard.e.s et autres personnes présentant des attributs de classe discriminants pouvant se retrouver dans les modes d’action en Black Bloc demeurent majoritairement des « jeunes » au sens où illes n’ont pas sur la tête l’épée de Damoclès d’une famille à nourrir. D’autre part, ils sont contraint.e.s de se retrouver dans cette entité politique sécessionnaire qui pose une extériorité éphémère et aléatoire. L’avantage certain est celui de créer un point de cristallisation politique qui dépasse l’impuissance politique des indigné.e.s au profit de la position insurrectionnelle : l’action directe et sans concession, qui fait prendre position à tou.te.s de par sa radicalité. En revanche, cela se trouve déterminé en entre-soi avant-gardiste de fait. Les Black Blocs ne sont finalement et ne doivent être que l’élément offensif d’un cortège de salarié.e.s grévistes : certes contre les cadres syndicaux, mais avec toute personne en lutte solidaire.

Le mois de mars 2016 a été celui de la répression et le mois d’avril celui de la contre-offensive qui s’est organisée et généralisée. Comment penser le basculement ?

[...]

P.-S.

À lire entierement sur Paris-Luttes.Info ou ici

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