Police Emploi = contrôles, radiations, répression !

Depuis 2003, la Coordination des Intermittents et Précaires de Midi-Pyrénées lutte pour un « salaire socialisé » pour tout-es les précaires et la fin des contrôles venant des organismes dit de protection sociale. De manifestations joyeuses en occupations sauvages, les actions de la CIP MP sont souvent réprimées comme lors de la dernière occupation en date de la DRAC. Cette fois-ci c’est un militant actif de la CIP MP qui est désormais poursuivi devant les tribunaux pour participation à une occupation Pôl[ic]e Emploi en... février 2014 !

Plaintes contre un militant de la CIP-MP et membre de SUD culture Solidaires !

13 février 2014 :

Au tout début du mouvement contre le nouvel accord Unédic la CIP-MP appelle à la mobilisation.
Se joignent à l’appel le MNCP, le SYNAVI, SUD culture Solidaires, le DAL.
L’intersyndicale de Pôle Emploi (CGT, SNU/FSU et Solidaires Sud Emploi) soutient l’appel.

Vers 11h l’agence Pôle Emploi Occitane est envahie et occupée durant plus de 3 heures par plus de 100 manifestants intermittents, chômeurs et salariés.

Au moment d’entrer 2 salariées de Pôle Emploi envoyées par le Directeur de l’agence pour s’interposer et fermer les portes ont été bousculées involontairement par les premiers manifestants.

Après avoir improvisé une AG au sein de l’Agence, les manifestants décident au bout de 3 heures de sortir.

Durant toute l’occupation l’Agence est restée ouverte et a fonctionné normalement.

Début juillet 2015 : un an et 1/2 plus tard.

Un dimanche midi les gendarmes se rendent chez Lalou pour l’informer qu’une plainte a été déposée contre lui pour faits de violence le 13 février 2014 à l’agence Occitane et qu’il sera prochainement convoqué à la Gendarmerie de l’Isle Jourdain.

Le 15 septembre 2015 : l’intersyndicale de Pôle Emploi réagit en interne et demande par courrier à la Direction de Pôle Emploi de retirer sa plainte (document téléchargeable).

Le 16 septembre 2015 : Lalou est convoqué et se présente à la Gendarmerie. Une vingtaine de personnes parmi lesquelles des membres de la CIP et de l’intersyndicale de Pôle Emploi (SUD, CGT) l’accompagnent. L’interrogatoire dure 2H.

Trois plaintes ont été déposées :

- 2 nominatives contre Lalou déposées par deux salariées.
Motifs : 2 coups de poings au ventre pour l’une et bras coincé lors de l’envahissement pour l’autre.

D’après le Gendarme le Directeur de l’Agence serait témoin des 2 coups de poings portés.

- 1 plainte plus globale (à l’encontre de la CIP MP) pour entrave au bon fonctionnement d’un service public.

S’ensuivent la séance photos, la prise d’empreintes et des relevés ADN.

Information Syndicale : le même jour, les représentants syndicaux de l’intersyndicale de Pôle Emploi, portent à notre connaissance les événements consignés concernant cette « affaire » . Un compte-rendu (CR) du descriptif de la Direction de Pôle emploi Occitane concernant l’événement qui a été écrit le lendemain, le 14 février ne fait jamais mention de coups de poing. Il est dit simplement que « 2 conseillers ont été bousculés » .

Dans le CR du CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) daté du 18 février (5 jours après) à laquelle participaient la Direction de Pôle Emploi Occitane ainsi que les syndicats (SUD, CGT, CFDT, UNSA, SNU), iI n’y a que « la bousculade » qui est mentionnée.

Quelques jours plus tard : scandalisée, l’intersyndicale de Pôle emploi (CGT, SNU/FSU, SUD Solidaires) demande à rencontrer la Direction de Pôle Emploi.

7 octobre 2015 : la rencontre a lieu ce jour - là. Les syndicats sont intervenus pour disculper Lalou.

Aujourd’hui nous attendons la décision du Parquet de Toulouse.

La CIP-MP est catégorique : ce jour-là Ni Lalou, ni personne d’autre n’a porté de coups sur l’une des employées. Ce n’est pas dans les pratiques de la CIP de s’attaquer physiquement aux salariés des lieux que nous occupons et avec qui nous faisons lutte commune.

Il n’y a jamais eu de violences à l’encontre de personne dans nos mouvements et dans nos actions.

Au plus fort du mouvement en 2014, lors de l’occupation de Rio Loco où la tension était à son comble, nous avons reçu des coups ; à l’occasion de la venue de Gattaz à Toulouse, nous avons été gazés. Notre réponse a toujours été la même : riposter par les voi(x)es de l’esprit, de la protestation, de l’humour et de la dénonciation.

La CIP-MP dénonce ces 3 plaintes frauduleuses basées sur de faux témoignages.

Nous rappelons qu’un agent administratif de Pôle Emploi n’est pas un agent de Sécurité. Nous dénonçons ainsi la mise en danger des salariés de Pôle Emploi Occitane par leur directeur et ne pouvons, à ce titre, être tenu responsable de cette faute professionnelle gravissime et hautement répréhensible.
Il est, par ailleurs, impensable que le CHSCT et les représentations syndicales présentes aient pu taire un tel acte de violence (tel qu’un coup porté volontairement sur un salarié de l’entreprise).
La CIP-MP affirme que l’absence de cet épisode dans le compte-rendu du CHSCT prouve de manière évidente qu’il n’a tout simplement pas eu lieu.

Le directeur de l’agence Pole Emploi Occitane fait ainsi fi des règles déontologiques élémentaires d’un agent de Service Public et instrumentalise les outils et les acteurs en place pour "la bonne marche de son entreprise", en toute impunité.

A ce jour, il n’y a que les plaintes déposées qui indiquent que des coups auraient été portés sur des salariés. Aucun document interne n’en fait mention nulle part.

La CIP-MP dénonce un acte volontaire de pression et d’intimidation de la part de Pôle Emploi à l’encontre de ses allocataires. S’ajoutant à la politique de contrôle à la fraude qui s’abat spécifiquement sur les artistes intermittents du spectacle en région Midi-Pyrénées depuis quelques mois, ce sont des comportements indignes, anticonstitutionnels et irrespectueux de la mission d’un Service Public que nous dénonçons avec fermeté (Art. XV de la déclaration des droits de l’homme et du Citoyen : « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration »).

A ce titre, la CIP prendra les dispositions nécessaires pour faire défendre ses droits et protéger la dignité des chômeurs, intermittents, précaires et retraités en lutte à nos côtés.


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