Prise de conscience

Réflexion autour de la réaction de mes proches et du peuple de ce monde autour de l’incendie de la cathédrale Notre Dame de Paris.

Ce lundi 15 avril, la cathédrale Notre Dame brûle,
Ce lundi 15 avril, la France entière, crédule,
Reste pantois devant sa chaîne d’information,
Qui comme à son habitude, est ouverte par capitulation.

Parisien de naissance, voir un des nombreux coeurs de Paris brûlé ne me donne aucune réjouissance.
Je me souviens, de mes nombreux verres bus sur les quais, bercé de l’insouciance devant une telle beauté, comme si celle ci, dans le quotidien de tous était une banalité.
Je me souviens, de ces promenades, qui me faisaient passer devant toi, majesté d’une illusion d’espoir auquel tant d’Hommes ont espérés.
Les fils de mes réseaux sociaux est inondés de ces images, tous mes amis s’émeut, de cet édifice dont les flammes ont anéanti l’ouvrage.
Quelques textos, de mes parents, de quelques amis, se disent anéantis, de voir ainsi un si beau monument, témoin d’une histoire, brûlé, blessé, détruit.
Je pense à mon moi d’il y a deux ans, je me dis que comme eux, j’aurai été meurtri.
J’aurai sans doute, pareillement partagé dans le fil de ma story, une de ces images accompagnées d’un triste émoji.
Mais non, quelque chose en moi à changé.
Non, un mot de trois pauvres lettres qui résume pour autant toute mon aversion envers cette émotion que dégage un bâtiment affaibli, si beau soit il, si riche soit il, si culturellement important soit il.

Mais dans quel monde suis-je né ?
Mais putain à quel moment cessera cette cécité ?
Des milliers de femmes et d’hommes, meurent chaque jour sous la pauvreté.
Des milliers de femmes et d’hommes, sont chaque jour opprimés.
Des milliers de femmes et d’hommes subissent chaque jour un pouvoir qu’un autre, qui par un droit tout à fait injuste, de naissance, de condition, de réussite (quel mot abject) lui impose.

Et tu voudrais que je m’émeuve ?
Et tu voudrais que je mouille mon mouchoir avec le tien ?
Pauvre Homme que tu es.
Pauvre société dans laquelle je suis né.
J’ai eut la chance de voyager dans quatre continents, j’ai pu voir la même merde partout rongeant abondamment, cette merde que d’autres appellent l’argent.
J’ai eut la chance de m’éveiller aux mouvements sociaux, et de découvrir des gens venant d’une autre classe, d’un autre monde que le mien, m’enlevant ses tristes oeillères que j’avais si longtemps fais miens.
Tu dois penser que je suis un rabat-joie.
T’as bien raison, comment tu voudrais que j’exprime de la joie ?
C’est mon monde qui brûle avant toute autre chose. Ma mer s’envahi de corps et de plastique, ma terre de l’humain deviens allergique, mes compagnons animaux crèvent de manière empirique, et mes voisins humains, américains, australiens, européens, africains, asiatiques, observent tristement ou impuissant cette pièce tragique.
Et cela, que trop peu s’en émeuvent, que trop peu descende dans la rue, où agisse tous simplement, pour exprimer leur peine. Non. Ils préfèrent condenser leur tristesse à un pauvre bâtiment qui brûle.
Oubliant qu’une minorité tourne notre monde en ridicule, en sabotant la vie au profit du pécule.

Bâtiment symbole d’une religion qui ne prend même pas parti sur les problèmes qui l’a ronge intrinsèquement. Bâtiment symbole d’une religion qui au nom de son Créateur dont elle fait autant l’éloge, ne nous dis même pas à quel point nous sommes ridicule de saboter sa soit disant oeuvre.
Et tu voudrais que je m’émeuve ?
Et tu voudrais que je mouille mon mouchoir avec le tien ?
Non, détrompe toi, je n’ai que du mépris pour toi.
Car c’est toi, qui par ta faiblesse, ton désir de confort, fais que ce mal de jour en jour deviens plus fort.

Saches néanmoins que je te comprend. J’étais comme toi il y a pas si longtemps.
Mes soeurs, mon frère, mes amis, mes parents, ils sont tous comme toi.
Pas naïf non, tous simplement en quête d’une pensée rassurante qui font d’eux un ensemble.
« Notre Dame brûle, quelle tristesse, nous français, c’est un vrai symbole, soyons unis face à cette détresse ».
Tu es comme cette abeille, qui piégée dans du miel, essaye d’attraper avec ces faibles pâtes le rebord du pot. Plongé dans la merde, tu essayes de trouver un symbole qui donne enfin à notre parole un maigre écho.

Non, je n’y rajouterai pas ma voix.
Je préfère me réserver pour les mouvements et les causes qui importent vraiment.
Je ne suis personne pour te le dire, mais je te conseille d’en faire autant.

P.-S.

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