Quelques éléments de l’acte XII

La désorganisation de la préparation de l’acte XII, avec trois appels distincts, résume assez bien la confusion générale qui règne en ce moment autour du mouvement : une manif de droite déclarée qui fait beaucoup de bruit pour pas grand chose, dont la proposition d’alliance avec une manif syndicale déclarée qui peine à exister est gentillement rejetée, et une manif non déclarée de grande ampleur mais à moitié déterminée... et partout les mêmes gilets et l’écho du désormais célèbre "macron démission". Quelques éléments épars d’un récit impossible.

La première est donc celle qui a excité les journaleux pendant une semaine : qui des "pacifistes" ou des "casseurs" allait donc gagner la légitimité de la mise en scène de cette pièce au nombre d’actes indéterminés ? On apprendra rapidement que ce rendez-vous citoyen a en réalité été déposé par trois personnes, dont un ancien élu du FN. Ce qui n’empêche pas la Chambre de Commerce et d’Industrie d’y voir une convergence d’intérets, et de prendre à bras le corps l’introduction du trio auprès de la préfecture. Celle-ci aurait alors tenté à son tour des pressions sur la CGT pour qu’elle accepte l’union sacrée avec les fachos... La propsition entourloupe est finalement rejetée par les syndicats, dans un élan d’honneur à défendre. Malgré tout, l’air de rien, la dépeche tente tant bien que mal (et surtout mal) de faire croire à une approbation massive envers ce retour à l’ordre, mais elle est rapidement confrontée à l’incohérence entre ses propres photos d’un cortège de 40 personnes et les analyses de ses compteurs qui en dénombrent plusieurs centaines...

Rions un peu avec le journal de la démocratie et sa grossière tentative de manipulation :

À Jean Jaurès c’est sous le signe de la solidarité internationale que deux rassemblements ont lieux

Act up sud ouest en soutien aux LGTBQI+ torturés en tchétchénie

Et un rassemblement contre les frontières et la nouvelle loi Asile immigration


Malgré une tête de cortège explicite...


Cela n’empêche pas que le cortège est traversé par des courants contradictoires. Un militaire en tenue complète qui marche tranquille en tête de manif, des Gilet jaunes siglés de la sinistre "Quenelle" et un pseudo journaliste vrai facho. Ce dernier a été viré manu militari par plusieurs personnes, l’Union Anti Fasciste Toulousaine communique à ce sujet.

Ce jour de l’Acte XII à Toulouse, Vincent Lapierre déambulait comme s’il était à sa place parmi les Gilets Jaunes. Il y a quelques mois encore, il était un ami proche de Dieudonné mais surtout un militant et cadre de l’organisation « Égalité & Réconciliation » d’Alain Soral. Fier de ses galons, ses « quenelles d’or », il réalise maintenant des reportages au sein du mouvement, se cachant derrière un apparent « travail journalistique indépendant » pro-Gilets Jaunes pour gagner en popularité et diffuser son idéologie.

Peu de temps après une arrivée laborieuse au capitole, on applaudit la précision des artificiers du samedi après-midi qui enchainent les jets de feux d’artifice juste au dessus des keufs, qui restent sagement immobiles devant le mcdo. Leur patience trouve finalement ses limites, et ils finissent par innonder la place de lacrymo, séparant les manifestant-es en plusieurs mini cortèges qui s’enfuient furtivement.Environ 1h plus tard, la jonction a de nouveau lieu sur les boulevards : ce sont desormais plusieurs milliers de personnes qui avancent déterminées vers francois verdier. Il est un peu plus de 16h30, et c’est la sérénade des lacrymogènes et des flashballs qui va disperser les manifestant.es.
Encore une fois, plusieurs manifs en une seule.

Rions un peu avec la dépêche : une idée particulière de cortège - 274.9 ko
Rions un peu avec la dépêche : une idée particulière de cortège


Plus jamais ça ?

Une certaine émotion nous envahi à la vue de cette scène où des équipes médicales se trouvent au chevet des forces de l’ordre pendant qu’un manifestant gît menotté à leurs côtés, nous renvoyons à un article précédent.

La police a pu pénétrer le cortège à plusieurs moments pour procéder à des arrestations. Celles-ci sont facilitées par un travail d’information du fait de poucaves rémunérés dans la manif mais aussi des bénévoles. Il est aujourd’hui avéré par plusieurs communications officielles que les lives, photos et vidéos sont exploités en direct et en différé pour mettre des personnes en prison.

Il semble que nous sommes face à une nouvelle stratégie assez oppressante. Les "gros" GM et CRS agressent les cortèges à coup de gaz et de grenades contraignant la circulation du cortège et poussant à sa dispersion. Pendant ce temps les plus mobiles BAC et assimilées trainent dans les coins attaquant ponctuellement et faisant des arrestations. Comme dit précédemment plusieurs de celles-ci semblent informées et ciblées sur des personnes précises.

Toujours un bilan assez lourd en terme de blessures et de répression

2 blessés en "urgence relative" selon la dépeche, dont une personne gravement blessée à la tête (10 points de suture), sûrement par un tir tendu de lacrymo selon son avocat. Sans compter les gaz que l’on respire et les inombrables "petites" blessures qui ne seront pas comptabilisées. Durant la semaine, la préfecture a confirmé l’utilisation de nouvelles grenades lacrymo à toulouse, plus concentrées, qui peuvent provoquer vomissements, nausées, brulures... et dont il est plus difficile de se protéger
La préfecture a annoncé 20 interpellations pour 17 gardes à vue.

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