Réfugiés syriens : à Toulouse, on rase gratis...

Afin d’éviter que les familles syriennes, installées à Toulouse depuis plusieurs mois, ne se sentent pas trop les bienvenues, certains promoteurs et bailleurs sociaux n’hésitent pas à raser purement et simplement des habitations occupées par des réfugiés.

Cacher la poussière sous le tapis ?

Jeudi 14 novembre, comme le relate France 3 et CôtéToulouse, plusieurs familles sont éloignées de leurs habitations pour mettre en branle, dans leur dos, les bulldozers. 4 jours plus tard, tout a été rasé et les gravas enlevés. Le but étant de ne laisser aucune trace de leur passage ? Non, juste d’éviter que d’autres familles s’installent à leur place.

Et ce n’est pas une première dans le domaine : dans la barre d’immeuble des Izards, dès qu’une famille libère un appartement (pour cause d’expulsion ?), ce sont des artisans mandatés par le bailleur social qui viennent détruire les fenêtres et saccager les appartements ; ainsi, ces logements sont rendus insalubres, et surtout inoccupables par de nouveaux réfugiés.

Une pluie d’OQTF pour toute solution de l’Etat

Le règlement européen connus sous le nom de "Dublin" est le petit doigt derrière lequel tentent de se cacher nos responsables locaux et nationaux. Une sorte de "chat perché", mais qui oublie d’en être drôle : le 1er sol européen foulé est censé devenir terre d’asile.

Pour la plupart des réfugiés syriens présents à Toulouse, le 1er sol foulé a été l’Espagne. Ben oui, jusqu’à preuve du contraire, la France n’a pas, contrairement à l’Espagne avec l’enclave de Melilla, de frontière terrestre avec le Maghreb. Et ces réfugiés qui, ne l’oublions pas, fuient un pays en guerre depuis bientôt 5 ans, n’ont pas eu le bon goût d’arriver via Roissy...

Mais en Espagne, devant l’inexistence d’accueil (certains ont vécu dans la rue), de soins et de travail, beaucoup ont décidé de continuer plus au nord. Oh, pas jusqu’à l’Angleterre : ils avaient peut-être eu quelque écho de Calais, et de sa Jungle. Non, mais au moins jusqu’au "Pays des Droits de l’Homme". Oui. Enfin... de l’Homme, oui, mais pas de tous les hommes, apparemment... et des femmes et enfants non plus.

Mobilisations citoyennes contre ces expulsions

Quoiqu’il en soit, afin d’éviter que ces réfugiés ne se créent trop de liens sociaux à Toulouse, la consigne aujourd’hui semble être "point de ça chez nous !". Et pour cela, rien de tel que la politique de la terre brûlée ; ou de la patate chaude, c’est selon.

Avocats bénévoles, associations locales, simples citoyens... certains tentent de s’opposer à cette accélération des expulsions. Accélération qui risque d’autant plus de créer des situations arbitraires, et lourdes de conséquences pour ces familles démunies. La plupart d’entre elles n’ont plus aucune attache, si ce n’est les autres familles de réfugiés sur Toulouse. Et nous ne parlons pas là de milliers de personnes, mais d’environ 250 âmes. 250 personnes, pour une agglomération urbaine de plus de 900.000 habitants.

Cette mobilisation passe aujourd’hui par :
- la participation à une pétition en ligne
- la manifestation vendredi 22 janvier à 9h devant le Tribunal d’Instance de Toulouse, date à laquelle devraient être jugées plusieurs affaires d’expulsion.

Quant aux droits de l’Homme dans tout ça ?
On peut bien se demander de quel Homme nous parlons. Et de quels droits.

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