Mardi prochain c’est le premier mardi du mois, et donc comme chaque premier mardi du mois on te donne rendez-vous à l’Impasse, 1 impasse Lapujade, à 19h pour Ambiance Pédale !
Cette fois on se retrouvera autour d’une Archive Pédale : on regardera un document télévisuel de 1984 sur la vie des homos à l’époque. Des images touchantes qui seront l’occasion de papoter de ce qui a changé depuis, et aussi de ce qui a moins changé, tout ça autour d’un thé ou d’une bière selon ses goûts.
Et aussi, réserve ton mercredi 17 : pour la dernière de l’année, Ambiance Pédale fait son karaogay !
Les rendez-vous Ambiance Pédale c’est quoi ?
Pourquoi une Ambiance "Pédale" ?
Tu t’es déjà fait traiter de pédé·e ? Tu penses que tu pourrais te faire traiter de pédé·e ? Tu fais ou tu as tout fait pour éviter de te faire traiter de pédé·e ? Alors tu es dans l’Ambiance Pédale !
A Ambiance Pédale, les termes "pédale/pédé·e » sont utilisés pour retourner le stigmate : on s’approprie ce terme injurieux pour le vider de sa charge négative.
Se dire pédé·e dans un contexte militant, c’est :
- affirmer son identité sans honte
- revendiquer une forme de fierté
- refuser la norme hétérosexuelle qui définit toutes les autres sexualités ou identités de genre comme déviantes
- un acte politique et culturel, une manière de reprendre le contrôle sur le langage et de dire : « Vous ne pouvez plus m’insulter avec ce mot, car c’est moi qui le définis »
- un signe de solidarité
C’est pour qui ?
Ambiance Pédale c’est donc pour toi si tu te reconnais dans le terme pédé·e, mais aussi si tu es bi, gay, homo, en questionnement, que tu es intersexe, non binaires, trans (avec ou sans passing), cis. Que tu sois out depuis 40 ans ou 5 minutes, dans le placard ou sur la scène. Que tu sois racisé·e ou blanc·he, valide ou non, vivant avec le VIH ou pas.
On n’est pas une réalité uniforme.
On a des vécus multiples. On peut être pauvre, rural·e, de banlieue ou de centre-ville, on peut être survivant·e de violences intrafamiliales, de violences sexuelles, on peut être en couple ou non, marié·e·s pourquoi pas, avoir des enfants, on peut être super timide ou grande gueule, mais une chose est sûre : on peut toustes se retrouver à Ambiance Pédale !
On veut aussi que cet espace puisse se découper en groupes de personnes qui partagent des expériences spécifiques, par exemple qu’on puisse se retrouver entre personnes non-blanches, provenant d’une minorité religieuse, non-binaire, transfem, bi, bref, qu’on puisse fabriquer nos espaces aussi quand on en a besoin.
Pourquoi ?
On a l’impression que de nombreux lieux de sociabilisation dépérissent.
On ne compte pas le nombre de bars et de boites gay qui ont fermé en 20 piges. Les assos sont toujours là, les pédé·e·s dedans, moins. Certains lieux de drague en extérieur se vident, quand ils ne sont pas dégagés par la gentrification. Seuls semblent rester des événements festifs ponctuels comme la Gayguette à Toulouse qui, preuve que le besoin d’être ensemble est toujours présent, font le plein comme jamais.
Dans certains milieux féministes ou queers, on a vu se systématiser des zones en mixité choisie « sans mecs cis », comme si les pédé·e·s étaient des « hétéros comme les autres » : écartant les pédé·e·s cis et obligeant les personnes trans à se justifier de leur identité (pratiques heureusement plutôt en reflux).
La conséquence, c’est que beaucoup de pédé·e·s ne savent plus où aller. Et donc on a envie de se rencontrer autrement, de mettre en lumière nos trajectoires différentes et observer les points communs dans nos récits, apprendre à écouter, et à se raconter.
L’homophobie, certes moins palpable qu’autrefois, ne cessera jamais de nous agresser, ne serait-ce que parce qu’on en a intériorisé une partie. Nous sommes, comme l’ensemble des personnes LGBTI+, toujours surreprésentés parmi les personnes ayant des troubles psy, parmi celles qui font des tentatives de suicide ou des overdoses. Ou encore parmi celles qui sont victimes d’agressions sexuelles, de (cyber-)harcèlement ou de guet-apens.
La honte et l’isolement nous traversent, l’explosion de la pratique du chemsex en est une conséquence dans les milieux gays. Si elle est en partie liée au besoin de se retrouver et d’assumer ses envies en faisant sauter tout un tas de barrières mentales, on en connaît aussi les dangers. Pour la personne qui ne vit plus sa sexualité et ses relations sociales qu’au travers des drogues, la perte de contrôle n’est jamais loin, et c’est ainsi que l’on apprend presque chaque semaine que X est parti à l’hosto, ou que Z est décédé. Drames invisibles qui sont un véritable enjeu de santé communautaire aujourd’hui.
Malgré tout ça, tout irait bien : on a eu un premier ministre gay, gay comme plusieurs députés RN à l’Assemblée Nationale.
Être des fachos comme les autres, ne serait-ce pas là l’étape ultime de notre « intégration » ? NON. Et d’ailleurs s’intégrer est-il l’objectif ?
On ne veut pas choisir l’assimilation, être des bons citoyen·ne·s obéissant·e·s qui laisseront toujours de côté les moins privilégié·e·s.
Nous on a LA solution : venir à Ambiance Pédale se serrer les coudes face à la merde actuelle. Ne restons pas seul·e ! Rencontrons nous joyeusement !
Depuis quand ?
Depuis juin 2024, on a déjà parlé de drague, d’autodéfense, de consentement, de sexualité entre cis et trans, d’antifascisme, de la famille, de blanchité et de racisme... On a organisé des karaokés, des cinés, un événement festif : la Baltringue (ateliers, scène ouverte, concert ...)
On a plein d’idées pour les prochains rendez-vous et on attend les tiennes ! Pour partager nos bonheurs, nos peines, nos questionnements, un peu à bouffer et à boire. Échanger sur nos vécus et nos constructions.
Alors tu viens ? Ouiiii ! A 19h à l’Impasse (1 impasse Lapujade) et tu te souviens : le premier mardi et le troisième mercredi de chaque mois !!“”

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