Retour sur les comparutions immédiates du 26 décembre à Toulouse

Des procès particulièrement intenses en ce lendemain de Noël, des magistrats en très grande forme, de nombreuses condamnations à du ferme avec maintien en détention, des inculpés en prison depuis le lundi soir, mais heureusement également un « public » très remonté, qui réagira à de nombreuses reprises pour zbeuler l’audience, notamment 2 familles pour les prévenus non GJ, qui vont partir en gueulant (les 2 sont racisés et sont ceux qui partent en cabane le plus longtemps). Un prévenu (qui va prendre 12 mois pour une histoire d’agression dans la rue) se fait frapper par les flics dans le box.

R.Y

- Violence sur agent sans ITT
- Participation à un groupement en vue de commettre des violences ou dégradations
- Port d’arme de catégorie D

Les compas commençaient exceptionnellement à 13h30 et je suis arrivée au moment des réquisitions.
La personne a été arrêté avec sur lui une fronde et un chalumeau.
La proc demande 6 mois dont 3 de sursis, avec maintien en détention, un stage sur les valeurs de la république et une interdiction de manif.
Il partira effectivement en prison pour 3 mois, ce qui aura pour effet de se faire se lever 2 personnes dans la salle, qui partiront en gueulant qu’il n’y a pas de preuves et que c’est injuste, « elle est belle la justice ! »

A.B

- Outrage à magistrat
- Outrage à agent
- Dégradation par un moyen dangereux pour les personnes
- Participation à un groupement en vue de commettre des violences ou dégradations

Il se fait repérer par l’hélico vers 17 h à Jean Jaurès en train d’alimenter un feu, puis de balancer des barrières dans les escaliers du métro pour casser les caméras, et il se fait arrêter dans la foulée.
Lors du renouvellement de GAV, il insulte les flics et essaie de mettre un coup de tête, il menacera aussi le proc qui lui allonge sa garde à vue.
Il reconnaît les faits, et ajoute que les caméras sont une atteinte à la vie privée. Il dira que c’est normal de se révolter, car la France n’est pas un État juste. Il est très drôle, il part dans des longs monologues où notamment il parle de la calvitie d’un des juges, ce qui fait marrer toute la salle. Il dira aussi que les caméras sont très solides et qu’elles ont pas été cassées, et que donc il refuse de payer pour elles.
Le juge lui demandera : « Est-ce que vous êtes un black bloc ? »

L’avocat de Tisséo va partir dans un discours sur les dégâts « assumés par la collectivité » pour finalement demander 1500€ et 500€ de frais de justice, parce qu’ils sont plus à une contradiction prés.

La proc va commencer par dire : « Je ne suis pas sûre que la situation soit comique », pas parce que y a de la tôle à la clef mais parce que ce sont des « dégradations dangereuses » qui sont commises. Elle ajoutera qu’il manque de respect à la justice et qu’il n’a aucune considération pour l’enceinte dans laquelle il est.
Elle demande 6 mois ferme, 2 ans de mise à l’épreuve et interdiction de manif et une indemnisation pour Tisséo.

Le prévenu qui a la parole en dernière lancera à la proc « Mieux vaut en rire qu’en pleurer », ce qui vaudra au juge une petite crise où il le menacera comme s’il avait insulté la proc.

Rendu : 6 mois dont 4 avec sursis et maintien en détention, interdiction de manif pendant 2 ans et 1500€ pour Tisséo + 500€ de frais de justice.

H.S

- Entrave à la circulation
- Violence sur agent sans ITT

Il se fait pécho vers Compans à 18h50 avec des cailloux dans les poches. Il s’est fait repérer depuis la rue Bayard en jetant une bouteille sur les flics qui se mettent à le suivre pour l’interpeller, ils observeront aussi qu’il participe à la barricade.
Le juge parle de preuves issues de la vidéosurveillance, mais elles ne seront jamais exploitées.
Il commence par nier en GAV puis admet avoir jeté un caillou mais pas une bouteille, pour finalement avouer au procès la bouteille et avoir mis une palette dur la barricade. Les projectiles ne toucheront jamais personne toutefois.

2 bacqueux portent plainte, un est venu sur son jour de congé, même que ça fait pas plaisir à sa femme (mais bon, une petite prime de Noël, on va pas cracher dessus). Il va se plaindre de la violence des manifs que des groupes viennent au contact et que même par 2 fois, ils empêchent des interpellations ! Le juge est bien évidemment très ému, lui demande si la situation est compliquée, s’il a peur. Le flic va parler des bobos de ses collègues, y en a un qui s’est retourné le pouce pendant une arrestation, c’est dur. (Perdre un œil ou une main à côté c’est rien)

Le prévenu a un casier vierge, des parents dans le social : « un parcours en décalage avec les faits » selon le juge.

L’avocat du flic dira que si l’accusé va pas manifester à Auch (où il vit), c’est parce que là-bas les manifs sont pacifistes et que ça prouve qu’il est venu pour en découdre. (Sa mère nous précise, hors procès, que s’il ne va pas manifester à Auch, c’est parce que là-bas, il y a des fachos dans les manifs.) L’avocat du keuf demande 1000€ de préjudice moral et 800€ de frais de justice. L’avocat du 2ᵉ flic absent demande la même chose. (On comprend pas trop pourquoi ce sont ces 2 keufs là qui portent plainte, ils n’ont à priori pas plus de raison que le reste de la brigade)

La proc est surprise « que des individus insérés commettent des exactions ». Pour elle l’important c’est l’intention, il n’est pas important que la bouteille est touchée ou pas.
Elle demande 6 mois dont 5 de sursis et maintien en détention et une interdiction de manif de 2 ans.

Il va prendre exactement ça et repartir en prison directe, avec en plus à payer 800€ + 600€ pour chaque flic.

G.G

- Violence sur agent sans ITT
- Participation à un groupement en vue de violences ou dégradations
- Rébellion
- Outrage à agent
- Usage de stupéfiant (on retrouve 1,6 g de weed sur lui)

Arrête à 14h50 (par la brigade du Mirail apparemment) avec une autre personne qui n’est pas poursuivie. Il aurait été repéré en train de jeter des palettes au Capitole, ce qu’il niera et dont ils ne reparleront plus. Il est accusé d’avoir donné des coups de pieds au moment de son interpellation, et d’avoir insulté les flics. Il réfute les coups, il dit avoir seulement fait le mort et s’être laissé traîner.

Il a un casier avec vols et violences, il a déjà fait du ferme.
Il dit que ça fait 4 ans qu’il se réinsère, le juge va lui demander pourquoi alors venir à Toulouse dans « une manif particulièrement houleuse »

L’avocat des flics s’excuse pour ses clients qui ne peuvent pas venir, car ils travaillent, et en profite pour faire un petit couplet sur les sous-effectifs. Il dit que le mouvement ayant commencé il y 5 semaines, « on n’est plus au stade de l’euphorie » et qu’on sait où on va si on vient en manif. Il dit aussi que les manifestants sont mieux équipés les flics car n’importe quoi peut leur servir d’armes…
Il demande 600€ pour chaque flic et 800€ pour lui.

La proc va demander 8 mois dont 4 avec sursis, une mise à l’épreuve et une interdiction de manif de 2 ans.

Il va être relaxé pour les violences (il n’avoue rien et pas assez de preuves) mais il va quand même prendre 6 mois de bracelet électronique, la classique interdiction de manif et les frais de justice des keufs.

S.J

- Tentative de destruction de biens par moyen dangereux
- Participation à un groupement en vue de violences et dégradations

Se fait choper vers 16h30 avec un briquet à la main en train d’essayer de foutre le feu à un sac poubelle. Il va dire que c’était « une petite vengeance » pour avoir pris des palets de lacrymos dans les jambes.
Le juge va parler d’une vidéo où on le voit dans la manif au milieu des gaz mais où il fait rien.
Il a un masque, car il est asthmatique mais apparemment « si on est importuné, on s’en va, comme les Toulousains qui ne manifestent pas et changent de rue »
Il se défend d’être un manifestant et dit qu’il était à Toulouse pour son anniversaire (le 23, GAV pour son anniversaire et Seysses pour Noël, une année qui fini bien)
Il a un casier vierge, il taffe, mais le juge dira quand même que « les gens qui ont manifesté samedi sont loin des gilets jaunes du début »

Le proc va commencer en disant : « Le manifestant vindicatif qui cherche à en découdre n’existe pas manifestement, tout le monde est là par hasard ! »
Pour elle le fait qu’il parle de petite vengeance montre que c’est un casseur. Mais elle admettra quand même que ce sont les faits « les moins graves » de la journée.
Elle demande 6 mois de sursis et 2 ans d’interdiction de manif.

Il prend 4 mois de sursis et 2 ans d’interdiction de manif en Haute-Garonne.

D.C

- Violence sur agent sans ITT
- Participation à un groupement en vue de violences ou dégradations

C’est le dernier, et le seul à comparaître libre.
Le proc se lâche grave, il va commencer par dire « Encore un Gersois ! », et va montrer des photos de son équipement « extraordinaire » en se marrant, plus tard il dira qu’il ressemble à Dark Vador.
Le prévenu admet avoir shooté dans une lacrymo mais pas en direction des flics, ce que maintient le juge.
Il est interpellé vers 17h45 sur le boulevard de Strasbourg pendant la charge d’un groupe « particulièrement actif ». Un flic dira qu’il a monté une barricade mais l’autre flic n’en parle pas et lui nie. Après, personne n’en reparle.
Il n’a pas de casier, il a un emploi.

La proc dit que c’est un équipement de combat, et que seuls les flics sont légitimes à faire usage d’armes. Elle demande 4 mois dont 2 de sursis avec aménagements, un stage de citoyenneté et une interdiction de manif.

Il prend 4 mois de sursis et une interdiction de manif de 2 ans en Haute-Garonne.

3 reports

Il y a eu 3 reports par manque de temps, pour des GJ qui comparaissait libres : un passe le 23 janvier, avec l’obligation de pointer tous les 15 jours d’ici là et l’interdiction du centre de Toulouse le samedi ; les 2 autres ont des renvois sans CJ (un le 29 janvier)

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