Sivens - Affaire de la Caravane - 8 janvier, le suivi du procès

En octobre 2014, alors que les travaux de déboisement dans la foret de Sivens avancent pour construire un barrage inutile et imposé, la repression est forte. Le nombre de blessés s’accumule.
Le 7 octobre, un gendarme jette une grenade desencerclante à l’interieur d’une caravane oú sont refugié 4 personnes. L’une d’entre elle est grievement blessée. La scene est filmée et largement diffusée sur internet.
Aujourd’hui, le 8 janvier 2019, a lieu au TGI de Toulouse le procés du gendarme qui a lancé la grenade dans la caravane. On fait le suivi du procès.

  • C’est le verdict...

    Le tribunal reconait coupable Vilamanya de violence volontaire.

    - 6 mois de sursis
    - 6 mois de suspension de port d’arme
    - 1 000 € d’amende
    - pas d’inscription au casier judiciaire
    - pas de rétrogradage

    Procès au civil le 3 avril 2019 pour décider du montant de l’indeminisation d’E.

  • Après le procès, on va danser

    Quelque soit le verdic du tribunal, demain il y après-midi de discussions puis soirée et boum. Ça se passe au Grobat (10-12 quai Saint Pierre) :

    - 14h, accueil

    - 15h, présentation des collectifs Désarmons-les et de l’Assemblée des blessés

    - 16h, discussion autour du trauma des personnes blessées ou proches de victime de la police

    - 17h30, projection Les Coups de leurs Privilèges (1h) suivie d’une discussion

    - 20h, soirée ! (buvette et cantine sur place)
    concerts : rbnb, ethno beat, lil fish

    Fin de la soirée à minuit

    PS : L’après-midi et la soirée se dérouleront dans un lieu de vie (avec des familles et personnes en galère). Merci de respecter les espaces de vie et les habitant·e·s.

  • Le tribunal se retire pour le délibéré

    Les avocats de la défense ont fini de parler. Comme le veut la procédure Vilamanya, qui semble se décomposer à mesure que le procès avance, est appelé à la barre pour s’exprimer. Il choisit de ne rien déclarer.

    C’est la fin du procès (qui devait durer 3 heures). Le délibéré sera aujourd’hui !

    Il n’y a plus de flics pour filtrer les entrée, c’est possible de venir assister au délibéré !

  • Le gendarme maréchal des logis Vilamanya a un deuxième avocat

    Pas de plaidoierie technique, il va tenter d’émouvoir le tribunal.

    Vilamanya a 30 ans au service de la gendarmerie, et il serait maintenant un bouc-émissaire pour le non lieu dans la mort de Rémi Fraisse [pas sympa de charger les collègues, il n’y a pas de défense collective chez les gendarmes ?]. "Ce procès c’est sacrifier un gendarme pour en finir avec Sivens". Il a été utilisé à toute heure du jour et de la nuit pour un projet foireux.

    A la ZAD de Sivens "les caravanes devenaient des chevaux de Troie". Les caravanes peuvent dissimuler de graves dangers. Les ordres qu’ils reçoivent : "il faut avancer, il faut dégager, il faut sortir les gens des caravanes". Alors il demande gentiellement aux gens de sortir, mais ilselles ne le font pas...L’avocat décrit une ambiance dantesque pendant l’expulsion, contredisant complétement ce qui a été vu précédemment dans le procès. Vilamanya "peut dégoupiller au sens propre comme au figuré"...

    Il joue plutôt bien, manie bien les silences et les changements de tons. On le nomine aux Molières. Un duo avec le procureur ?

    Bon il se permet quand même de redire que ce n’est pas parce que la grenade est tombé dans la caravane qu’il visait la caravane [même défense que le gouverment après la mort de Rémi Fraisse : "mais cette grenade, qui vous dit qu’elle a été lancé en direction de Rémi Fraisse ?"]
    Ça a duré un peu trop longtemps quand même...

  • C’est pas ma faute à moi

    Selon l’avocate de Vilamanya, le gendarme a fait un mauvais usage de grenade, mais la violence est involontaire [oui elle a bien dit ça]. Il ne voulait pas blesser, il a simplement utilisé la mauvaise manière. Elle tente le tout pour le tout en reconnaissant qu’il y a un débat à mener sur l’armement des flics et aussi sur les violences à Sivens mais le gengen n’a rien à voir avec ça. Il a simplement utilisé les armes qu’on lui donnait, suivi les ordres.

    "Heureusement les dossiers (de flics violents) ne sont pas très nombreux" dit l’avocate. [Parceque les flics violents sont rares, évidemment !]. Vilamanya "a reçu une déflagration" au moment du réquisitoire [elle sait choisir ses mots...], ce serait trop dur pour lui de ne plus porter d’arme et d’être privé de maintient de l’ordre.

  • Le mythe des méchant·e·s opposant·e·s

    D’après l’avocate du gendarme, au moment des faits, il était convaincu du danger du groupe d’opposant·e·s, même s’il reconnait après la confrontation qu’il n’y en avait en fait pas. Il y aurait pu avoir des cocktails Molotov dans la caravane...
    Elle en fait des caisses sur le contexte, la peur, le stress du gendarme en ce début octobre 2014.
    L’enjeu c’est de savoir si l’acte était volontaire ou pas. Elle raconte que Vilamanya est pas un cow-boy. L’avocate mine un lancer de grenade en biais sur le côté.
    (Note : comme celle qui a blessé gravement R. D. avec une DMP à Paris en mai 2016, c’est pire...)
    Pour elle, le gendarme aurait eu une « mauvaise perception de la situation ».

  • « Le respect des forces de l’ordre, c’est ça la démocratie »

    Punchline de l’avocate du gendarme. (Nous, on trouve que c’est un peu superfétatoire comme argument.)
    Elle ose dire qu’il y a eu peu de faits de violences qui ont été constaté à Sivens, mis à part l’affaire de la caravane, la mort de Remi Fraisse et un autre type à terre. C’est poussé comme tentative de défense.

  • Plaidoierie de la défense

    L’avocat du gendarme rejoint à peu près les réquisitions du procureur de la république. Il a peur que ce procès soit un peu le procès de Sivens ou celui de Rémi Fraisse, compte tenu du fait que le parquet ne poursuit pas le gendarme qui a lancé la grenade qui a tué Rémi Fraisse. Il craint que ce soit Vilamanya qui prenne pour tout le monde alors que c’est un bon gendarme : il a eu plein de récompenses (même après Sivens).

  • Réquisitoire du proc

    Il demande 8 mois de sursis, 1 an d’interdiction de port d’armes, 3 ans d’interdiction de maintient de l’ordre contre le gendarme V. Il suggère aussi une interdiction d’être OPJ.

    C’était du grand théâtre, mais souvent incompréhensible. « Superfétatoire » est le mot inconnu du jour que le procureur a réussi à caser dans son blabla !

  • Et voilà le discours du procureur !

    Il commence par rappeler le contexte de violence actuelle, puis parle de "certains objets qui s’ils étaient introduit dans cette salle [les] obligeraient à sortir" (il parle des lacrymos ?), et enfin il évoque Rémi Fraisse. Ensuite il compare les rapports sur le maintient de l’ordre écrits par la Ligue des Droits de l’Homme à ceux produits par les parlementaires.
    Voilà maintenant qu’il demande un débat contradictoire et une explication publique du délibéré (???). Il fait aussi un parallèle étrange avec le trafic de stupéfiant.

    "Son petit doigt lui chuchote à l’oreille : la justice est instrumentalisée". Le procureur se demande si la caravane était un lieu d’habitation ou une épave (...), et voilà qu’il enchaîne sur le "côté maniaco-répressif des procureurs", le "monde de Oui Oui", etc.

    Oui c’est confus, mais on soupçonne ce procureur de trop vouloir se donner. Ou de trop en prendre.

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