Un no-noël enragé contre le père-noël et son spectacle

Vu qu’on n’avait pas envie de se remplir la panse de gras de viande baignant dans du sang encore chaud, on s’est fait la malle en levant le pouce (et le poing) pour ensuite se retrouver à plein dans Toulouse. Y avait même des gens qu’on connaissait pas. Et d’autres qu’on connaissait et qui venaient de l’autre bout de la métropole. l’occasion était en or pour fuir les assemblées familiales, ou tout le monde se déteste mais se rassemble quand même parce que les traditions tout de même...

On a bien imaginé séquestrer le père noël et libérer ses rennes dans la taïga mais il a été prévenu par Interpol de notre action parce qu’on avait omis d’écarter nos portables à la cinquième réunion. Comme quoi les lettres ça ne sert plus à rien. Père noël is watching you.

Du coup on a surtout fini par beaucoup cuisiner et beaucoup manger, mais vegan ! Il y avait aussi des trucs des poubelles et quelques riches (les riches s’en sont sortis, sauvé.e.s par les bouffeureuses d’herbe). Evidemment, en bon.ne.s robin.e.s des bois anticapitalistes, on a fait au mieux pour répartir les richesses supermarchères.

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Lettre au père noël

Le 24 on a rendu visite au marché de noel, le temple de l’hyper consommation sur la place du capitole. Armées d’une banderole venant directement de nos guides spirituels les hippies (« Travail->Argent->Fêtes->Travail, D’autres vies sont possibles »), de tracts et d’un espace-de-lecture-qui-n’est-pas-un-parapluie, on a abordé une masse de passant-e-s et eu de bonnes discussions qui nous ont bien entraînées à cracher, une fois de plus, sur le spectacle et le capital.

Cette chouette vidéo de l’action a été tournée par une passant.e.

Le soir on a retrouvé les copaines dans la rue pour noyer Joel, partager de la bouffe issu de la réquisition par le peuple des produits du grand capital et des poubelles, danser comme des oufs... Et c’était grave cool.

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La marchandise nous asservit. Le spectacle nous zombifie.
La marchandise nous asservit. Le spectacle nous zombifie.

Profitant de l’effervescence collective, des initiatives d’actions se sont multipliées pendant cette nuit mais aussi pendant la semaine : sabotage de l’agression publicitaire, éteignages de néons nuisibles, affichage de banderoles subversives, et plein d’autres. En dehors de cette liste, pour ne pas assumer nos pulsions consommatrices, quelques zigoto-a-s sont allé.e.s boire des coups dans les cafés les plus dispendieux tout en faisant du théâtre de l’invisible, un moyen de transmission de dialectique politique par l’art de s’engueuler en public.

Une grosse motiv’ pour faire deux soupes populaires et gratuites s’est lancée le même jour. On a donc sauvé les sapins qui, après avoir fait de la figuration pour abriter les produits de l’exploitation d’esclaves des quatre coins de la planète (aussi appelé cadeaux) avaient été abandonnés dans la rue destination l’incinérateur. Mais, après ce sauvetage, ils ont été mangé par notre rocket stove. Se calant près des gars et filles de la rue, on a installé un infokiosque et lancé une grosse marmite remplie de produits non issus de l’exploitation animale (mais de l’exploitation végétale...). À défaut d’une TAZ, une zone de gratuité a émergé, où les gens ont cuisiné ensemble, amené des trucs à donner et emporter d’autres trucs, partagé un repas et discuté.

Inspiré.e.s par nos gourous insurrectionnels Debord et Tiqqun, on a voulu s’attaquer violemment à la marchandise, parce que le père noel est une ordure capitaliste. La ligne du parti a été rappelée par notre banderole : Réduction sur les libertés au rayon ta gueule et consomme.

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Contre les supermarchés et leur monde

Et ce fut des plus violemment, puisqu’on a dégainé une guitare, mégaphone en bandoulière, tracts en amuses gueules, et qu’il y a même eu un vendeur en vélo de snack vegan qui nous a proposé gratuitement de ses plats en soutien (c’est par intérêt qu’on fait de l’anarchie non ?). Au vu du contexte, ce genre d’action constitue un danger à l’ordre public(itaire). Du moins fut-ce l’avis de nos protecteurs les condés venus spécialement nous saluer lors de l’opération d’appel au boycott devant 2 supermarchés successivement épinglés. Certain.e.s ont dansé au sein du supermarché, d’autres ont écrit sur des barquettes de viande la terrible sentence : « cadavre ». Une queue à l’infini attendait devant nos murs parlants pour refaire le monde (=une affiche sur lequel on fait écrire à des gens ce qu’illes pensent sur des questions comme « comment se passer des supermarchés », « faut il travailler »).

Depuis les supermarchés tremblent et le peuple marche la tête haute. Avis à la population, ce genre de petite action permet de bien tester un lieu pour le repérage pour d’autres types d’action, genre savoir comment réagit le directeur, s’il est dans la négociation ou dans l’appel de la peaulisse et au bout de combien de temps celle-ci décide de venir nous couper les poils.

Dernière action manquée : le concours d’enlevage de drapeaux français. Bizarrement les gens pendant noel illes ont retiré leur tricolore drapeau anciennement pendu fenêtre (2 hypothèses sont forts probables, la 1ère étant que ces drapeaux empêchent le père noël, monté sur son traîneau, de se repérer, la 2nde étant que toute la population nous suivant en directe, face à l’appel de notre concours ont voulu conserver leur drapeau en les cachant). Résultat le 1er prix fut donné à l’unique équipe ayant trouvé un drapeau.

Et sinon, notre quotidien fut ponctué par des ateliers de clowns activistes, des débats et discussion (histoire de l’anarchie,...), d’improvisage en torse-nudité (et forcément les sujets associés le rapport aux corps, ça change des sujets de rapport au cops) etc etc.

Et comme 2015 s’est terminé sans qu’on aie écrasé le grand capital, ça nous laisse plein d’occasions de nous retrouver. La lutte continue parce que no-noël, c’est pas qu’à no-noël !

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