Une ardeur de vivre

A toutes celles et ceux qui se demandent pourquoi une telle volonté de faire la fête pour ce nouvel an, la réponse tient en quelques mots : une année de tristesse, d’anxiété et de privations.

  • Interdiction du rassemblement de soutien aux inculpés de la Maskarade

    Nous, comités de soutien aux inculpés de la Maskarade, avons appris avec stupeur l’interdiction du rassemblement statique qui devait avoir lieu à Rennes ce samedi 9 janvier. Encore une fois la Préfecture de Rennes a choisi une politique de répression plutôt que d’accompagnement de sa population, quitte à criminaliser toute une partie de sa jeunesse qui ne manquera pas pour certain.es de refuser cette injustice. Pour justifier l’interdiction de se rassembler, elle agite le spectre de débordements et de manifestant.es irresponsables en les enfermant au passage dans la catégorie de « teufeurs » comme si seuls les fêtard.es pouvaient être scandalisé.es par cette affaire. Car bien évidemment les teufeurs et les teufeuses ne seraient qu’une horde de sauvages irrespectueux, une classe à part à bannir de notre société. Non content de stigmatiser toute une population, elle justifie son interdiction de se rassembler en se réfugiant derrière un délai légal dépassé de quelques heures pour la demande d’autorisation, quand l’urgence de la situation n’aurait pas pu permettre mieux. On constate de toute façon que ce traitement est uniquement réservé aux sujets de protestation qui dérangent le gouvernement. On voit aussi depuis quelques mois à quel point, en instrumentalisant le contexte sanitaire, ce même gouvernement réduit progressivement le droit de manifester.

    Face aux menaces de sanctions pénales et financières de la Préfecture et parce que déjà trop de nos camarades ou enfants sont derrière des barreaux ou croulent sous les amendes pour avoir dansé ou manifesté, nous nous voyons contraints de reporter notre rassemblement de soutien, qui se voulait pourtant festif, déterminé mais serein. Nous appelons toutefois toutes celles et ceux qui se sentent concerné.es à se mobiliser dès maintenant pour créer des comités de soutien et prévoir de nombreuses actions dans les semaines à venir, dans le respect de la diversité qui a toujours fait notre force. Une manifestation pour le droit à la culture, Culture 4 Liberty, aura lieu à Paris ce samedi 16 janvier et sera dédiée aux inculpés de la Maskarade. Dans ce contexte d’entérinement légal de politiques liberticides, nous appelons également à rejoindre l’ensemble des manifestations du 16 janvier en lien avec les questions de sécurité globale. Nous invitons à y faire apparaître des messages, banderoles et portions de cortèges sur la répression démentielle de la fête du 31 et des diverses formes de dissidence culturelle collective.

    Enfin, le 23 janvier, si des personnes arrêtées cette semaine dans le cadre de la Maskarade sont toujours enfermées ou menacées de sentences disproportionnées, nous appellerons de nouveau à une grande manifestation unitaire dans les rues de Rennes pour les soutenir. Contre un gouvernement qui considère sa jeunesse et la culture alternative comme les principaux ennemis publiques et contre une justice assujettie à des considérations politiques. Il est en effet plus que choquant que le procureur, Mr Phillipe Astruc, qui met autant de zèle à arrêter en quelques jours de fantasmatiques organisateurs de la fête du 31, soit le même qui ai pris en charge le plus lentement possible les suites judiciaires du meurtre de Steve Maia Caniço, une affaire doucement mais sûrement enterrée, où justice ne sera probablement jamais rendue !

    Nous apprenons à l’instant que les 4 personnes en garde-à-vue ont été mises également en examen pour les mêmes chefs d’inculpation démesurés. En revanche elles ont été remises en liberté mais sous un contrôle judiciaire drastique. Nous tenons à remercier toutes les personnes qui se sont mobilisées pour elles.

    Malheureusement, la 5e est toujours incarcérée et risque, à l’age de 22 ans, 10 ans de prison pour avoir voulu danser une nuit de réveillon !

    Nous restons donc plus que jamais déterminé.es à la sortir de prison et à mettre fin à cette mascarade !

    Les comités de soutien aux inculpés de la Maskarade, de Rennes, Nantes, Toulouse, Paris et IDF, Auvergne et Rhones Alpes. La Coordination Nationale des Sons

La détermination dont a fait preuve le public pour accéder à la fête n’est que la manifestation d’un désir profond de lâcher-prise. Ces espaces de liberté sont inhérents à nos sociétés depuis la nuit des temps. C’est un besoin inaliénable pour nombre d’entre nous.

Pourtant, la jeunesse, la fête et la culture sont montrées du doigt tous les jours. Nous serions les bourreaux irresponsables de nos ainé·e·s et des plus fragiles, grands vecteurs de la propagation du virus. Face à cette culpabilisation incessante, la jeunesse se retrouve réduite à ne voir qu’un obscur brouillard comme seule perspective. Et après le Covid, le climat !

Nous n’acceptons donc pas que seuls les intérêts économiques puissent passer outre les précautions sanitaires, encore davantage lorsque le malaise créé par l’absence d’espaces de culture et de sociabilisation engendre de graves conséquences sur la population. Nous comprenons que cela puisse être choquant. Nous avons tous et toutes dans nos proches une personne à risque et nous tenons aussi à les protéger. Mais il faut entendre qu’il existe aussi des vies déséquilibrées par cet état de morosité ambiante et d’isolement constant. La consommation d’antidépresseurs a considérablement augmenté. Les instituts psychiatriques sont saturés. Nombre de gens ont perdu leur emploi. Beaucoup ne supportent pas ce climat anxiogène et des alternatives socioculturelles sont nécessaires. Pourtant quasiment rien n’est fait de ce côté-là. Ni pour soigner ni pour prévenir.

Nous avons donc répondu à l’appel de celles et ceux qui ne se satisfont pas d’une existence rythmée uniquement par le travail, la consommation et les écrans, seul·e·s chez eux le soir. Notre geste est politique, nous avons offert gratuitement une soupape de décompression. Se retrouver un instant, ensemble, en vie.

Il aura suffi qu’une bande de ravers enthousiastes osent dire non à un ordre de dispersion pour que fusent les balles de défense et que les gaz lacrymogènes envahissent Lieuron, en Ille-et-Vilaine. Quelques heurts ont éclaté en réponse aux pressions policières, le temps d’ouvrir un passage dérobé par-derrière pour les piétons. Une immense joie retrouvée et un sentiment partagé de soulagement se sont fait sentir dès que le reste du public a pu accéder à la fête. S’ensuivirent diverses scènes de liesse où l’on put même apercevoir des riverain·e·s, des pompiers et des fêtard·e·s célébrer ensemble la fin de cette terrible année !

Nos services d’Etat étant plus prompts à réprimer qu’à secourir, il est logique qu’ils aient dépêché près de 200 gendarmes armés pour empêcher la tenue de cet événement. Mais, si le danger était si grand, pourquoi n’avoir envoyé sur place un dispositif sanitaire qu’après la fin ?

Dès les premières communications, nous avons donné une place primordiale à la prévention sur le Covid. Des consignes strictes de dépistage et d’isolement ont été données en amont, à l’entrée, pendant et après. Quelques milliers de masques et des dizaines de litres de gel étaient distribués à l’entrée et disponibles en libre-service. Avec l’aide précieuse de l’association Technoplus, les adresses de centres de dépistage ainsi que de nombreuses autres informations liées aux pratiques festives en temps de pandémie ont été communiquées aux participant·e·s. Le choix du site s’est fait en calculant les volumes d’air et l’aération, conditions principales pour réduire au maximum les risques de contamination.

Quant à la fête en elle-même, que dire si ce n’est que ce fut une belle bringue. Des couleurs, des sourires, de l’amour, du partage, de la musique, des lumières. Une ardeur commune de vivre. Un instant recouvré de liberté. Suite aux menaces d’évacuation par la force, nous avons fait le choix de partir dans la nuit, afin d’éviter que la violence d’Etat ne vienne ternir ce souvenir désormais indéfectible.

1 650 amendes. La seule réponse qu’a apportée l’Etat à cette lueur d’espoir a été de frapper au portefeuille une jeunesse pourtant déjà durement touchée par la crise économique. De les catégoriser publiquement comme « 2 500 délinquants ». Pire, pour ne pas perdre la face, deux participants lambda furent immédiatement arrêtés. Tout simplement parce qu’ils étaient en possession, pour l’un d’un instrument de musique électronique et pour l’autre d’une petite sono avec platines ainsi que d’un groupe électrogène de faible puissance. Eléments forts sympathiques pour une soirée chez soi mais inutiles pour une telle fête. Ces personnes furent donc humiliées et terrorisées pour une simple opération de communication.

Dans sa triste obsession de vouloir à tout prix envoyer un message d’autorité, l’Etat n’a pas hésité à engager de lourdes poursuites. Un maximum de chefs d’accusation furent alignés les uns à la suite des autres pour bien montrer la gravité de la réponse donnée. Nous, organisateurs et organisatrices, sommes dès lors « activement recherché·e·s », des termes habituellement réservés aux pires criminels. On voudrait donc nous voir incarcéré·e·s et décourager toute velléité de dissidence culturelle collective, quelles que soient les dispositions prises. Pourtant nous offrons ces fêtes par passion, à prix libre pour tenter de couvrir une petite partie des frais engendrés. Bien souvent, la seule chose que nous récoltons en retour, ce sont des emmerdes.

Mais ces fêtes sont un vecteur d’espoir et de cohésion sociale pour des centaines de milliers de jeunes, de toutes classes et de toutes origines. Elles sont ce qu’elles sont, mais elles sont surtout le reflet de toute une partie de notre société que nos gouvernant·e·s ne pourront éternellement continuer d’ignorer. Ainsi, en ces temps si troubles, nous sommes fièr·e·s d’avoir pu redonner le sourire à quelques milliers de personnes, ne serait-ce que l’instant d’un « raveillon » de nouvel an !

— - les organisateurs et organisatrices de la rave party du nouvel an à Lieuron.

Rassemblement de soutien samedi 9 janvier à 14h à Rennes

Après une année particulièrement difficile pour toutes et tous, des milliers de personnes ont exprimé un besoin de vie, le temps d’un raveillon surnommé "La Grande Maskarade".
Une personne se retrouve incarcérée au fond d’un cachot, accusée de 16 chefs d’inculpation prétendument associés à l’organisation de cette fête libre, risquant ainsi de lourdes peines. Aujourd’hui, 2 nouvelles personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire et risquent le même sort. Bien pratique pour masquer l’incurie du gouvernement dans la gestion de cette crise et mater toutes velléités de vie sociale et culturelle alternative, ils sont présentés comme des criminels irresponsables.
Qu’importe si ces personnes sont réellement en lien avec l’organisation, ce que nous savons c’est qu’il est inconcevable d’aller en prison ou en GAV pour avoir fait danser des femmes et des hommes ! Nous exigeons la libération immédiate des inculpés et l’arrêt des poursuites démesurées contre les organisateurs et organisatrices.
Nous, Comité de Soutien à la Maskarade de Rennes et des environs, appelons, dans un premier temps, à un rassemblement de soutien aux personnes incarcérées, à Rennes ce samedi 9 janvier.
D’autres actions suivront...
Premiers signataires :
Les comités de soutien à la Maskarade de Rennes (CDSM35), Nantes (CDSM44), Paris (CDSM-IDF) et Toulouse (CDSM31), la Coordination Nationale des Sons
...
Plus d’infos : cdsm35.noblogs.org
maskarade35@riseup.net
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  • 8 janvier

    Interdiction du rassemblement de soutien aux inculpés de la Maskarade

    Nous, comités de soutien aux inculpés de la Maskarade, avons appris avec stupeur l’interdiction du rassemblement statique qui devait avoir lieu à Rennes ce samedi 9 janvier. Encore une fois la Préfecture de Rennes a choisi une politique de répression plutôt que d’accompagnement de sa population, quitte à criminaliser toute une partie de sa jeunesse qui ne manquera pas pour certain.es de refuser cette injustice. Pour justifier l’interdiction de se rassembler, elle agite le spectre de débordements et de manifestant.es irresponsables en les enfermant au passage dans la catégorie de « teufeurs » comme si seuls les fêtard.es pouvaient être scandalisé.es par cette affaire. Car bien évidemment les teufeurs et les teufeuses ne seraient qu’une horde de sauvages irrespectueux, une classe à part à bannir de notre société. Non content de stigmatiser toute une population, elle justifie son interdiction de se rassembler en se réfugiant derrière un délai légal dépassé de quelques heures pour la demande d’autorisation, quand l’urgence de la situation n’aurait pas pu permettre mieux. On constate de toute façon que ce traitement est uniquement réservé aux sujets de protestation qui dérangent le gouvernement. On voit aussi depuis quelques mois à quel point, en instrumentalisant le contexte sanitaire, ce même gouvernement réduit progressivement le droit de manifester.

    Face aux menaces de sanctions pénales et financières de la Préfecture et parce que déjà trop de nos camarades ou enfants sont derrière des barreaux ou croulent sous les amendes pour avoir dansé ou manifesté, nous nous voyons contraints de reporter notre rassemblement de soutien, qui se voulait pourtant festif, déterminé mais serein. Nous appelons toutefois toutes celles et ceux qui se sentent concerné.es à se mobiliser dès maintenant pour créer des comités de soutien et prévoir de nombreuses actions dans les semaines à venir, dans le respect de la diversité qui a toujours fait notre force. Une manifestation pour le droit à la culture, Culture 4 Liberty, aura lieu à Paris ce samedi 16 janvier et sera dédiée aux inculpés de la Maskarade. Dans ce contexte d’entérinement légal de politiques liberticides, nous appelons également à rejoindre l’ensemble des manifestations du 16 janvier en lien avec les questions de sécurité globale. Nous invitons à y faire apparaître des messages, banderoles et portions de cortèges sur la répression démentielle de la fête du 31 et des diverses formes de dissidence culturelle collective.

    Enfin, le 23 janvier, si des personnes arrêtées cette semaine dans le cadre de la Maskarade sont toujours enfermées ou menacées de sentences disproportionnées, nous appellerons de nouveau à une grande manifestation unitaire dans les rues de Rennes pour les soutenir. Contre un gouvernement qui considère sa jeunesse et la culture alternative comme les principaux ennemis publiques et contre une justice assujettie à des considérations politiques. Il est en effet plus que choquant que le procureur, Mr Phillipe Astruc, qui met autant de zèle à arrêter en quelques jours de fantasmatiques organisateurs de la fête du 31, soit le même qui ai pris en charge le plus lentement possible les suites judiciaires du meurtre de Steve Maia Caniço, une affaire doucement mais sûrement enterrée, où justice ne sera probablement jamais rendue !

    Nous apprenons à l’instant que les 4 personnes en garde-à-vue ont été mises également en examen pour les mêmes chefs d’inculpation démesurés. En revanche elles ont été remises en liberté mais sous un contrôle judiciaire drastique. Nous tenons à remercier toutes les personnes qui se sont mobilisées pour elles.

    Malheureusement, la 5e est toujours incarcérée et risque, à l’age de 22 ans, 10 ans de prison pour avoir voulu danser une nuit de réveillon !

    Nous restons donc plus que jamais déterminé.es à la sortir de prison et à mettre fin à cette mascarade !

    Les comités de soutien aux inculpés de la Maskarade, de Rennes, Nantes, Toulouse, Paris et IDF, Auvergne et Rhones Alpes. La Coordination Nationale des Sons

    maskarade35@riseup.net

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