ll n’y aura plus jamais de Dernière Chance

Témoignage d’une cliente lors d’une soirée à la Dernière Chance, bar de nuit du centre ville toulousain connu pour ses soirées de soutien, où un des actionnaires me donne des coups et me menace de mort.

C’est le début de l’été, des potes sont encore sur Toulouse, c’est le dernier week-end de Juin alors on sort.
On quitte les Siestes Electroniques et on se dit qu’Arnaud Bernard est idéalement placé.

A la fermeture des bars on est encore partant.e.s pour continuer de danser, mais les boîtes de nuit ou club c’est pas vraiment notre kiff, on aime aller dans des lieux pour leur engagement et leur position politique. Naïvement, on se dit que continuer la soirée à la Dernière Chance ça peut être chouette, danser et s’amuser jusqu’au petit matin.
Ça commence plutôt bien, je reconnais des têtes connues que je vois dans les rassemblements, les manifs, les soirées de soutien.
Je suis accompagnée par 3 potes mecs, je suis la seule meuf. Et ça va avoir son importance.
Les heures défilent et c’est déjà l’heure de la fermeture, on nous dit gentiment que c’est le moment de remonter, que la Dernière Chance va fermer.
Je monte la première, mes 3 potes me suivent mais s’arrêtent dans les escaliers pour discuter entre eux.
Ce qui a vraisemblablement énervé un mec puisqu’il pousse un de mes potes dans les escaliers (qui en a gardé de belles traces dans le dos). Là il se présente, crie qu’il est le patron, qu’on est ici chez lui et qu’on doit se barrer. Mes potes commencent à s’énerver face à cette violence gratuite, je redescends et m’interpose. Je me mets entre les mecs et ce fameux patron. On monte les escaliers, il nous suit et commence à me donner de violents coups de pieds.
Les employé.e.s et d’autres personnes essaient de l’arrêter, nous demandent de partir même si ils.elles ont bien compris que nous n’avions rien fait.
On arrive en haut, il continue de me mettre des coups des pieds alors que nous partons. Mes potes s’en rendent compte et je fais tout pour qu’on parte au plus vite malgré la forte envie de mes potes de se et me défendre.
Une fois dehors on nous explique qu’il est un nouvel actionnaire et qu’il est ingérable quand il est dans cet état.
On est choqué.e.s, en colère et très remonté.e.s mais on décide de partir.
Un mec non identifié nous suit. Il se rend compte qu’on l’a vu et part de l’autre côté. On continue notre chemin entre Arnaud Bernard et Jeanne d’Arc, il fait jour.
A notre grand étonnement, 300 mètres plus loin, le patron enragé nous retrouve et vient continuer ce qu’il a commencé. Il est suivi par un autre mec qui envoie des textos tout en restant à côté de lui. S’en suit des menaces. Il nous dit qu’il lui faut peu de choses pour qu’on se retrouve avec des coups de couteaux dans le ventre. Je flippe, je fais tout pour apaiser la situation, calme mes potes qui n’en peuvent plus, eux non plus.
Je tente de lui expliquer que nous venons à la Dernière Chance car on sait que c’est un lieu qui accueille des soirées de soutien en accord avec nos convictions politiques et qu’on ne comprend pas pourquoi un patron peut s’en prendre à ces clients comme ça sans raisons.
Il me répond qu’il en a rien foutre de l’antifascisme.
A ce moment là je réalise que le plus urgent est de partir et de rentrer chez nous, en sécurité.
Ce qui finit par arriver enfin.
C’est le moment des longues heures d’angoisses où je me pose milles questions : que serait-il arrivé à mes potes si je n’avais pas tout fait pour calmer la situation ? Pourquoi un lieu qui se dit militant traite ces clients comme ça ? Qu’est ce qui a pu dans nos comportements le faire vriller ? Et maintenant qu’est ce qui va se passer ? Pourquoi continuons-nous d’organiser des soirées de soutien dans ce lieu ? … ? … ?
Une chose est certaine : plus jamais de Dernière Chance pour nous.
Si j’écris aujourd’hui c’est pour témoigner en mon nom mais aussi aux noms de toutes ces personnes qui m’ont raconté les différentes violences vécues à la Dernière Chance et qui n’ont pas osé parler. J’ai beaucoup hésité moi aussi, je ne me sens pas en sécurité mais le besoin de sensibiliser sur les dangers de ce lieu est plus fort.

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