CAO et CAOMIE : protestations à Biscarrosse et partout en France

Comme partout en France, les mineurs attendent depuis le démantèlement de Calais (cela fait maintenant presque 2 mois) que soient mises en oeuvre les promesses des gouvernements français et anglais de pouvoir rejoindre leurs familles en Angleterre.

Dans plusieurs CAO (Centre d’Accueil et d’Orientation) pour mineur.es (CAOMIE) à Biscarrosse (près de Bordeaux) les dernières semaines, il y a eu des manifestations auto-organisées et des grèves de la faim pendant plusieurs jours pour protester contre la décision de gouvernement anglais d’arrêter d’accepter des mineurs en Angleterre.

La semaine dernière les associations gestionnaires des CAO à Biscarrosse ont communiqué aux mineur.es que l’Angleterre n’acceptera plus les mineurs qui attendent dans des CAOMIE - au contraire des promesses qui leur avaient été faites selon lesquelles toutes les familles pourraient être réunies.

Les gestionnaires des CAO ont alors essayé de convaincre les mineurs de demander l’asile en France ou de rejoindre l’Irlande, mais évidemment, les mineur.es veulent rejoindre leur famille en Angleterre et n’acceptent pas une autre possibilité.

Les mineur.es demandent le respect des promesses gouvernementales

Iels ont donc répondu qu’ils n’accepteraient que le transfert en Angleterre, mais il n’y pas eu de réaction de la part des autorités anglaises. 

Les mineur.es demandent que les deux états européens respectent leurs engagements. Leurs revendications prennent la forme de manifestations, avec notamment le slogan "I want to see my family in the UK", et de grèves de la faim.

Manifestation à Biscarrosse, 16.12.2016 - 232.4 ko
Manifestation à Biscarrosse, 16.12.2016
Manifestation à Biscarrosse, 22.12.2016

Comment est-il possible de faire confiance à des « États de Droit » qui promettent d’accorder des droits à des milliers de personnes - comme à Calais - pour ensuite ravaler leurs promesses et trahir les personnes ? Car une fois leur usage servi les promesses sont non seulement retirés et les droits jamais accordés, mais pire, trompées par cette mascarade « humanitaire » les personnes en CAO et CAOMIE se retrouvent dans des situations encore plus précaires. Ces promesses avaient une utilité avant tout instrumentale : permettre le déplacement massif sans contestation ou résistance. Le démantèlement achevé, il n’y avait plus intérêt pour l’État de mettre en œuvre ses promesses. Promesses mensongères, donc, proférées et violées en toute impunité, sans conséquence aucune pour les autorités énonciatrices.

Cet avis est partagé par beaucoup des personnes déplacées de Calais lors du démantèlement, dans les CAOMIE et CAO, qui ont accepté de partir avec l’espoir de pouvoir rejoindre leur famille en Angleterre pour les mineurs ou de déposer une demande d’asile en France, selon des promesses initiales des gouvernements français et anglais.

Les exilé.es de Calais font entendre leur voix

Totalement désespéré.es en apprenant qu’après tout iels ne pourront rejoindre leurs proches en Grande-Bretagne, ou qu’iels ont été placés en « procédure Dublin » et risquent l’expulsion dans des pays où iels n’ont aucune perspective, iels veulent faire entendre leurs voix partout en France.

La « procédure Dublin » permet à la France (mais aussi l’Allemagne, l’Angleterre, etc.), dans le cadre d’un règlement européen, de décharger la responsabilité du traitement de la demande d’Asile sur les pays des rives sud de l’union européenne, soit majoritairement l’Italie, la Grèce, la Bulgarie, Roumanie, Espagne, Hongrie. Pays dans lesquels l’« asile » est encore plus inexistant qu’en France et où les demandeur.e.s d’asile risquent encore plus d’être déporté.es dans leur pays d’origine.

Les réfugié.es manifestent à Luchon et des adolescents quittent presque la ville à pied, totalement désespérés après avoir appris qu’iels ne pourraient pas regagner leurs proches en Grande-Bretagne.

Iels organisent des rassemblements devant les Préfectures d’Albi, de Toulouse et de la sous-préfecture du Havre, se mettent en grève de la faim plusieurs jours à Réalville, dans le Tarn-et-Garonne, à Paris (Porte de la Chapelle), et organisent des manifestations à Batz-sur-Mer.

Beaucoup des gens, pressentant la tromperie, se sont déjà enfuis, adultes et enfants y compris, et ont été raflés sans pitié par des déploiements policiers dans les gares et lieux d’articulation de transports en voie vers le nord surtout à Paris. D’autres ne tarderont à partir.

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