Revue de stress - semaine du 13.03

La revue de stress c’est une sélection d’articles tirés de la presse dominante qui à un moment donné peuvent avoir un intérêt pour nos luttes, même si les infos sont toujours abordées sous un angle qui nous va pas. Dans ce numéro, une petite contribution qui couvre une période de deux semaines. Et on peut touTEs alimenter les prochaines éditions, c’est très facile, ça se passe sur cette page.

Travail

Alors qu’iels devaient normalement recevoir leur rémunération en janvier, près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier n’ont toujours pas vu la couleur de leur salaire.

Le conflit au sein de la société Tereva (sanitaire et chauffage) - employeur d’une quarantaine de salarié.e.s à Montauban (Tarn-et-Garonne) - qui durait depuis 11 jours, a pris fin mercredi 15 mars. Un accord signé entre les salarié.e.s et la direction prévoit notamment des améliorations des conditions de travail, le paiement mensuel des heures supplémentaires et de certaines primes (contre un paiement annuel précedemment) ainsi que les embauches d’un CDI et de deux CDD. En revanche, il ne prévoit aucune avancée salariale.

Par contre le site de Gimont de Latécoère est en grève s’est mis en grève jeudi 16 mars à 9h, dans le cadre de revendications salariales.

École

Que s’est-il passé durant le week-end du 11 mars dans les locaux du Centre d’Action Médico Sociale Précoce (CAMSP) de l’Adapei installé dans l’ancienne maternelle Sud, place du Présidial à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron)  ? Toujours est-il qu’en début de semaine, lorsque le personnel a repris son service hebdomadaire, il est tombé nez à nez avec des locaux en état de désolation le plus total. « Tout a été vidé, les bureaux ont été saccagés… », raconte un témoin. En arrivant sur place, c’est une vision apocalyptique qui leur est apparue. Selon toutes vraisemblances, les auteur.e.s ont pénétré sur place après avoir cassé un carreau. Vu la taille du passage, tout porte à croire qu’il s’agit de personnes plutôt jeunes (enfants, ados…). Le sol était maculé d’huile d’olive et d’autres éléments liquide. « Ils ont jeté tout ce qui leur tombait sous la main et ont cassé pour casser », poursuit le témoin. Des faits n’étant pas sans rappeler des actes similaires intervenus auparavant dans l’ancienne maternelle Haute Guyenne.

Les agent.e.s du lycée Louis Vicat à Souillac (Lot), des parent.e.s d’élèves, des élèves et 40 professeur.e.s sur 52 étaient en grève mercredi 15 et jeudi 16. La confiance et le dialogue sont rompus avec le proviseur Didier Durieux. Iels réclament son remplacement. Face aux problèmes dénoncés, la souffrance isolée est devenue collective. S’iels n’obtiennent pas une réponse favorable à leur requête, la grève sera reconductible.

Urbanisme

Toulouse veut changer d’ère avec sa première tour de grande hauteur, l’Occitanie Tower, signée par l’Américain Daniel Libeskind, le reconstructeur du World Trade Center à New York, et par les Toulousains du cabinet d’architectes Kardham. 150 mètres de haut, 120 à 150 millions d’euros d’investissement par la Compagnie de Phalsbourg sur un terrain appartenant à SNCF Immobilier, sur le site de l’ex-tri postal de Matabiau. L’immeuble abritera à l’horizon 2022 des bureaux, un hôtel Hilton, un restaurant panoramique, une centaine de logements et commerces. « Nous nous sommes inspirés du ruban des platanes bordant le canal du Midi pour suivre l’ascension de la tour jusqu’aux derniers étages, qui seront accessibles au public », a expliqué Daniel Libeskind, évoquant un « prolongement poétique du canal ». Le maire Jean-Luc Moudenc a souligné « l’intégration du végétal au projet », qui devrait être partagé à parts à peu près égales entre bureaux (11 000 m2), logements (100 à 120), commerces (2 000 m2) et l’hôtel Hilton. Au total, ce sont quelque 30 000 m2 qui seront aménagés. Le permis de construire pourrait intervenir en 2019 pour une livraison à l’horizon 2022.

Après les Ponts-Jumeaux, la Cartoucherie, le site de l’ancien CEAT à Jolimont ou encore Montaudran, voici Béarnais Brouardel. Sur près de 12 hectares, ce nouveau quartier s’étendra de la rue Brouardel à la place de l’Europe. Au nord, le canal du Midi. Au sud, le boulevard Lascrosses. le premier maillon de la chaîne sera bien l’îlot Brouardel, dont la construction devrait débuter dès 2018, sous l’égide du promoteur Eiffage. Près de 230 logements seront construits sur cet îlot d’anciens entrepôts ouvriers, associés à 20 % de bureaux et 10 % de services.

Vendredi 17 mars, le premier Salon de l’immobilier a été inauguré à la salle des fêtes de Rodez (Aveyron). C’est Éric Laffont Baylet, administrateur délégué du groupe La Dépêche du Midi, qui a coupé le ruban alors que le maire insistait sur les 400 logements construits par an sur l’agglo : « à Rodez de gros projets sortent de terre et il n’y aura plus de friche ».

Police

Un équipage de police qui intervenait mercredi 15 en fin de journée sur le quartier de Bellefontaine, à Toulouse, a été attaqué vers 17 h 40. Une cinquantaine (!) de personnes les ont pris sur cible, caillassant violemment les policiers et l’arrivée d’importants renforts n’a pas permis de calmer les esprits. La police a répliqué en utilisant gaz lacrymogène et flash-ball. Deux policier.e.s ont été légèrement blessés, pas d’info sur les blessé.e.s de l’autre côté...

Vendredi 17 en milieu de soirée des keufs ont été de nouveau pris pour cible, cheminement Auriacombe dans le quartier Reynerie à Toulouse, et on gazé pour disperser les assaillant-e-s. Les keufs ont fait monter la provoque un peu plus tard dans la soirée en se montrant dans le quartier et en réalisant des contrôles d’identité abusifs pour "reprendre le terrain". Vers 22h40, le conducteur d’un scooter a volontairement foncé sur un officier de police qui a été blessé à une cheville. Le conducteur a pris la fuite mais il a été interpellé un peu plus tard par la brigade anticriminalité du Mirail.

Les services de la sécurité intérieure ont rapporté qu’un gendarme de 40 ans a utilisé son arme de service pour mettre fin à ses jours, à Ajaccio, en Corse, dans la nuit de mardi à mercredi.

Les défenseur.se.s des free parties manifestaient samedi 19 mars dans l’après-midi à Toulouse. Le cortège partait du Cours Dillon à 14 heures pour rejoindre le Grand Rond. Chaque année en France, quelque 800 collectifs organisent environ 4 000 free parties, qui peuvent attirer de 50 000 à 50 000 participant.e.s. L’oganisation des free parties est en effet beaucoup plus réprimée depuis une loi de 2002 sur les "rassemblements festifs à caractère musical", votée suite aux attentats du 11 septembre 2001.

Racisme

D’un pas décidé et banderoles à l’appui, iels étaient une vingtaine, samedi 18 mars au matin, au rond-point de Saint-Jean-du-Falga à Pamiers (Ariège), avant de se retrouver bien plus nombreux.ses, à l’arrivée, place de la République. À l’initiative des familles de victimes, cette marche pour la justice et la dignité visant à dénoncer les violences policières notamment. Le lendemain dimanche, c’étaient environ 200 personnes qui se réunissaient devant le palais de justice de Toulouse pour manifester également pour "la justice et la dignité" et "contre le racisme, les violences policières et la chasse aux migrants".

Capitalisme

Une adresse en Grèce figure sur le colis dont l’explosion au siège parisien du FMI a fait un blessé jeudi 16 mars. Le groupe anarchiste Conspiration des cellules de feu est « vraisemblablement à l’origine » de l’envoi du colis, a déclaré à l’Agence France-Presse la police grecque. C’est par ailleurs ce groupe qui a revendiqué jeudi l’envoi du paquet reçu mercredi 15 au ministère des finances allemand. Celui-ci contenait un mélange explosif, et avait été expédié de Grèce, avec comme fausse adresse d’expéditeur celle d’un député de droite. Les anarchistes grecs disent dans leur communiqué avoir envoyé le colis piégé au ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, dans le cadre du projet Nemesis [1] visant le système de pouvoir. En France, le parquet antiterroriste a été saisi de l’enquête en flagrance, notamment ouverte pour "tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste". Les investigations ont été confiées à la section anti-terroriste (SAT) de la brigade criminelle de la préfecture de police et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Spécisme

Cadavres d’animaux en putréfaction, ossements jonchant le sol, animaux maigres, malades, agonisant, ayant des difficultés à respirer... Les images tournées par l’association de défense animale L214 sont accablantes. L’ONG a immédiatement porté plainte pour maltraitance animale et a lancé une pétition à l’attention des autorités pour faire fermer cet élevage, qui fait naître et engraisse des milliers de cochons tous les ans. Les images révèlent également un niveau d’insalubrité alarmant : les excrément ne sont pas nettoyés, des toiles d’araignées ont envahi le bâtiment, de nombreux produits vétérinaires sont périmés, la queue des porcelets est systématiquement coupée alors que cela est interdit depuis 2003. « Cette insalubrité est sordide. L’éleveur ne doit pas contrôler quotidiennement le bon fonctionnement de l’élevage, comme il le devrait. Les animaux sont livrés à eux-mêmes, nourris automatiquement », indique le porte-parole de L214, Sébastien Arsac. « Les défauts de ventilation entraînent des problèmes respiratoires pour les animaux, comme en témoignent les médicaments trouvés dans l’élevage ». Cet élevage breton fait partie de la coopérative Triskalia, qui regroupe 700 éleveurs et qui commercialise 1 700 000 cochons par an. Cette même coopérative qui fournit le géant de la viande française Bigard, qui s’applaudit d’avoir créé des filières de qualité (Bleu Blanc Coeur, Label Rouge Opale...). Dans l’hexagone, 95% des cochons sont élevés hors sol, dans des bâtiments fermés d’où ils ne sortent que pour aller à l’abattoir. Les truies sont enfermées dans de petites stalles où elles ne peuvent pas se retourner, et mettent bas environ trente porcelets par an. Elles sont envoyées à l’abattoir au bout de trois ans. La France est le troisième producteur en Europe, 25 millions de cochons tués chaque année.

Notes

[1« justice » en grec. Pour plus d’infos sur le projet Nemesis, voir ici.

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