Une histoire de train peut en cacher une autre

La SNCF décide d’évacuer un TGV bordeaux-Marseille en escale à Toulouse en raison de la présence de 3 familles de migrant syriens en détresse. Une interpellation par la police nationale a eu lieu mais les 17 migrant.es ont pu passer la nuit dans un wagon de TGV : bloquer des trains pour obtenir satisfaction, ça marche encore !

Il est 19h à la gare de Toulouse Matabiau en ce mardi 16 septembre, l’alerte orange est proclamée, et une tempête doit éclater dans la nuit. Une autre va pourtant voir le jour dans le TGV Bordeaux-Marseille en escale à 19h49 et s’étendre pour sévir jusqu’à minuit dans les locaux des cadres de la SNCF, contraints de revenir spécialement pour l’occasion.

A 19h, 3 familles syriennes, cherchent du repos dans la gare Matabiau. Ils et elles s’installent dans un train en destination de Marseille, 11 enfants dont 3 bébés, 6 adultes et le cortège de valises de 17 personnes en exil. L’une des valise est difficilement portée par un enfant. Celui-ci en titubant va bousculer la cheffe de bord du train, elle réagit violemment contre lui, se sentant insultée. Elle leur demande leurs titres de transports. Parmi eux personne n’en a, personne ne parle français, personne ne parle anglais. Ils sont en France depuis 5 jours, malades et fatigué.es, l’un des père de famille n’a pas fermer l’œil depuis 5 jours, un enfant a récemment subi une opération chirurgicale, son état est préoccupant et il doit voir un médecin. En arrivant à la gare, un passant arabophone leur a conseillé de prendre un train pour Marseille, « parce que ce sera plus facile, y a déjà plein d’arabes là-bas ». Ils et elles sont en détresses et ne demandeNT qu’une seule chose : une prise en charge par l’Etat français.

Mais la cheffe de bord ne l’entend pas ainsi, elle s’énerve et décide de les faire descendre du train coûte que coûte. Deux voyageur-euses s’interposent, et essaient de la calmer. Forte de son bon droit à faire la loi dans son train, elle fait intervenir la police de la sûreté ferroviaire. Contre toute attente, celle-ci s’oppose à l’évacuation des 3 familles, soutenue par quelques cheminot.es en vertu d’une circulaire interne à la SNCF qui autorise les migrant.es à pouvoir voyager gratuitement. La cheffe de bord s’en fout, elle décide alors de faire descendre les 400 passager.es du train plutôt que de les voir embarquer, considérant sûrement que la sécurité des passager.es était menacée par des étranger.es en détresse. En raison de travaux sur la ligne, le départ du train ne pouvait être repoussé, il est alors tout simplement annulé.

La SNCF affrète donc 4 bus pour les passager.es qui souhaitent partir vers Marseille et déniche même des nuits d’hôtels pour celles et ceux (avec un titre de transport bien sur !) qui tiennent à rentrer en TGV. La cheffe de bord affirme aussi qu’elle va porter plainte contre la famille du gosse qui l’a « agressée » en portant sa valise. La police nationale intervient alors et embarque le père de famille qui passera la nuit en garde à vue. Et les autres ?

Deux voyageurs sont restés auprès des syrien.nes pour chercher une solution, un autre voyageur s’arrête, arabophone il fera la traduction pendant près d’une heure, à ce moment précis, tout le monde est en mesure de savoir que ces familles souhaitent être prise en charge, Toulouse ? Marseille ? Peu importe, ils et elles veulent au moins un toit pour la nuit... Dans les bureaux de la SNCF, c’est la panique ! Les cadres de la gare Matabiau organisent « une réunion de crise » qui dure plus de 2h, sans même avoir rencontré les migrant.es. Les décideur-euses de cette réunion cherchent une solution de logement pour la nuit auprès de la préfecture, et du directeur de la cohésion sociale... Le directeur de la gare décide alors de les autoriser à dormir dans un train en wagon premiere classe qui décollera à 5h du matin et annonce qu’il les « soutiendra auprès de la préfecture pour être pris en charge ». La SNCF fait-elle alors preuve d’un grand coeur ? Il semblerait plutôt qu’elle cherche surtout à ne pas faire de vague sur l’attitude raciste d’une cheffe de bord. Préserver l’image d’une entreprise sensible à la détresse des migrant.es peut bien coûter quelques plateaux-repas.

La Dépêche dressera un portrait humaniste de la SNCF face à ses migrant.es bloqueur.euses de train. Un article abjecte de plus du torchon local.

Le lendemain, les familles seront finalement prises en charge par la préfecture, et deux des enfants malades seront hospitalisé.es.

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