« Nous avons dit non ! » Les jeunes du collectif AutonoMIE répondent à la mairie

La mairie de Toulouse, par l’intermédiaire du cabinet de Jean-Luc Moudenc, a fait une proposition aux 40 jeunes mineurs isolés occupant le bâtiment du 75 rue Glacière. Suite à une assemblée où la prise de décision s’est faite entre personnes concernées (uniquement des mineurs isolés étrangers), voici la réponse des jeunes, voici la réponse du collectif AutonoMIE.

La mairie se propose de gérer l’ancien hôtel via une convention d’occupation et de mettre en place avec le département de la Haute-Garonne et la préfecture un "accompagnement" ressemblant étrangement à ce que fait déjà le DDAEOMIE. Mais cette proposition ne s’adresse qu’aux 40 jeunes vivant sur place et ignore la 60aine d’autres jeunes hébergés chez des personnes solidaires…
Suite à une assemblée où la prise de décision s’est faite entre personnes concernées (uniquement des mineurs isolés étrangers), voici la réponse des jeunes, voici la réponse du collectif AutonoMIE.

« Nous sommes les mineurs isolés du collectif Autonomie. Nous tous, nous sommes dans la même situation. Nous nous sommes réunis ce samedi pour discuter de la proposition de la Mairie pour gérer le bâtiment du 75 rue Glacière. Après une heure de discussion entre jeunes, en Français et en Bambara, nous avons décidé de dire non à cette proposition.

Nous n’acceptons pas cette proposition parce que nous ne voulons pas voir des mineurs isolés pris en charge alors que d’autres sont dans la rue. Nous tous, nous avons été abandonnés par le DDAEOMIE. Il nous a jetés à la rue. Le DDAOEMIE n’a pas reconnu notre minorité, malgré les preuves que nous avions. Des jeunes sortent du DDAEOMIE tous les 5 jours de la semaine. Demain, ça continuera.

Quand nous allons chez des hébergeants, c’est pour un temps bien déterminé, temporaire. À un moment donné, ils n’arrivent plus a nous accueillir. Une fois partis de chez les hébergeants, nous n’avons nul part ou aller. Nous avons besoin du bâtiment pour que personne ne dorme dehors.

La Mairie nous a proposé d’associer le Département et la Préfecture pour gérer le bâtiment. Mais nous ne voulons pas d’un deuxième DDAEOMIE. Si l’évaluation du Département nous qualifie comme d’habitude de majeurs, la préfecture nous obligera a quitter le territoire français.

Dans ce bâtiment, nous avons une salle de classe qui nous permet d’apprendre à lire, à écrire, à calculer. Les 100 jeunes mineurs isolés du collectif participent à ces cours. Si nous disons oui à la Mairie, nous laisserions les 60 autres jeunes sans possibilité d’apprendre, en attendant d’aller vraiment à l’école avec la prise en charge.

Avec le tout le respect que nous devons, nous ne voulons pas d’une proposition qui ne concerne que 40 jeunes. Notre espoir, c’est que les 100 jeunes soient pris en charge et aient une vie stable.

Nous avons dit non ! Non pas parce que nous n’avons pas envie de travailler. Non pas parce que nous n’avons pas besoin d’aide... Nous avons dit non parce que nous avons le droit de ne pas être d’accord avec la proposition de la Mairie.

Nous sommes venus ici. Nous voulons vivre ici. La France est un pays de droit. Nous voulons que nos droits, ceux de tous les mineurs, soient reconnus.

Nous savons que, en faisant cela, nous allons aller au tribunal et vivre avec le risque d’être expulsés du bâtiment. Mais nous sommes tous dans le même bateau et nous ne pouvons pas laisser les autres se noyer sans rien faire.

Alors, les 40 jeunes et les 60 jeunes se donnent la main pour dire non.

Les jeunes du collectif AutonoMIE »

Avec cette réponse, les jeunes du collectif savent que la procédure d’expulsion continue. Ils donnent rendez-vous à toutes les personnes solidaires le vendredi 6 avril, à 9h devant le tribunal d’instance (40, avenue Camille Pujol, métro François Verdier). « Nous sommes tous dans le même bateau et nous ne pouvons pas laisser les autres se noyer sans rien faire »...

P.-S.

Photo - Ben Art’core

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