Revue de stress - semaine du 15.05

La revue de stress, c’est une sélection d’articles tirés de la presse dominante qui à un moment donné peuvent avoir un intérêt pour nos luttes, même si les infos sont très souvent abordées sous un angle qui nous va pas. Et on peut touTEs alimenter les prochaines éditions, c’est très facile, ça se passe sur cette page. Hésitez pas à juste copier-coller des liens d’articles que vous trouvez pertinents !

Libération animale

Les militant.e.s de l’association L214 qui lutte pour la protection des animaux ont mis en place un "compteur humain" samedi 20 mai de 14 heures à 17 heures, rue Alsace-Lorraine à Toulouse. Cette action est intervenue une semaine avant la sixième édition de la "Marche pour la fermeture des abattoirs", qui se déroulera le 27 mai à Toulouse. Rendez-vous sera donné à 13 heures aux anciens abattoirs de Toulouse, 76, allées Charles de Fitte. Après un discours d’ouverture, la marche partira à 14 heures pour arriver au Capitole vers 17 heures.

À l’initiative du collectif Boucherie Abolition, une action en faveur de la protection animale a eu lieu en tout début d’après-midi dimanche 21 mai au centre de recherche de l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA) à Auzeville-Tolosan près de Toulouse. Sur une vidéo publiée sur la page Facebook du collectif, des militant.e.s de la cause animale se sont introduit.e.s dans les locaux de l’institut, et libèrent des animaux en les emportant dans des cages. "Les victimes sont enfermées légalement dans un camp de torture, ce qui justifie la désobéissance civile", justifient les militant.e.s dans un communiqué. 20 animaux sur 92 ont été enlevés et placés dans un refuge spécialisé. C’était la première fois que ce collectif né récemment communiquait sur ses « actions de sauvetage ». L’INRA a porté plainte. « Ils ont forcé un portail, découpé une clôture, fracturé des portes pour pouvoir rentrer par effraction dans les bâtiments dans lesquels nous conduisons des expérimentations », explique Michèle Marin, la présidente du centre. Il existe à Toulouse plusieurs collectifs de défense des animaux, comme Animal Amnistie, 269 Life France, ou encore le Mouvement pour la Cause Animale, antenne locale de l’association L214. Si ces associations ont pu collaborer par le passé, elles mènent aujourd’hui des actions ciblées. « On ne travaille plus ensemble parce qu’on n’est pas sur les mêmes axes politiques », confie une militante de « Boucherie Abolition ». « On ne s’inscrit ni dans la voie réformiste, ni dans la voie de la pédagogie. Nous préférons l’action directe avec un message politique précis », précise-t-elle. « Boucherie Abolition » se concentre sur la lutte contre l’élevage. « En termes de maltraitance et de nombre de victimes par jour, c’est incommensurable »

Métropoles

Afin de libérer son ancien site dans la zone au profit d’une extension de l’entreprise Larnaudie foie gras, le centre technique routier du département du Lot sera installé sur deux parcelles, dans un projet mutualisé avec le Grand Figeac. Il s’agira d’y créer une surface de locaux de 1 255 m2 et d’aménagements extérieurs de 11 131 m2, soit un total de surface exploitable de 12 386 m2. Une opération qui se chiffre à 3 480 000 € TTC subventionnés par l’État à hauteur de 50 %. Autre projet du Grand Figeac en ce moment : la création d’un Fablab.

Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc l’a rappelé, le 28 avril dernier, lors de la pose de la première pierre d’une résidence de standing, Carré d’Art, face au musée des Abattoirs : le dôme de Saint-Joseph, à La Grave, ouvrira ses portes les 16 et 17 septembre prochains, à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine. Depuis un mois, les travaux ont commencé pour aménager un cheminement piétonnier qui permettra, à terme d’accéder au jardin Raymond VI (Jardin des Abattoirs). Des travaux de renforcement du réseau électrique vont permettre de poser des caméras de vidéoprotection, sur tout le parcours piétonnier, et notamment au pied de la chapelle Saint-Joseph. L’ensemble des immeubles de l’Institut Claudius Régaud, occupés encore aujourd’hui par la Cité de la Santé, seront détruits. Le promoteur Kaufman & Broad veut y construire 25 000 m2 de surface. "Le programme regroupera une résidence senior, une résidence hôtelière 4 étoiles, des commerces et un immeuble d’habitations avec des logements sociaux et une centaine d’appartements de standing, avec terrasses et vue sur la Garonne." Un lieu qui restera sans doute très propre grâce à la nouvelle campagne de com de la ville.

La date officielle de l’inauguration de la rue Bayard, en cours de rénovation à Toulouse dans le cadre du projet Toulouse Euro Sud Ouest, a été fixée par la mairie au samedi 30 septembre. L’association Amitié Bayard veut s’associer à l’événement, avec la participation des riverain.e.s. Une réunion est prévue lundi 29 mai à 19 heures à l’hôtel d’Orléans, 72 rue Bayard. Les habitant.e.s et commerçant.e.s qui souhaitent participer à "l’animation de la rue" (sic) le jour de l’inauguration sont invité.e.s à participer à cette rencontre. Chacun.e peut apporter des idées, afin de faire de cette inauguration une réussite collective...

Pour l’association "Vélorution !", la menace d’expulsion de son local situé depuis 7 ans au 6 rue Bénezet (propriété de la mairie) plane toujours. Initialement prévue pour le jeudi 18 mai, l’audience au tribunal de grande instance a été reportée au jeudi 1er juin, à 8h30. À Muret (Haute-garonne), le bailleur social Promologis semble avoir eu plus de facilité à trouver un petit arrangement à 200 000 euros par an avec la mairie dans ce qui ressemble fort à une politique de renforcement du contrôle policier et social sur les habitant.e.s des immeubles dont il est propriétaire, en échange de réductions d’impôts...

Lycéen.ne.s, enseignant.e.s et parent.e.s d’élèves se sont rassemblé.e.s mercredi 17 à 10h10 devant le lycée Bellevue, à Toulouse. Iels étaient environ un millier à exprimer leur opposition à l’implantation devant leur établissement d’une gare de l’aérotram, qui doit relier, à l’horizon 2020, la station de métro Paul-Sabatier à l’Oncopole.

Malgré le refus de l’inspection académique, l’Assemblée parents-enseignants-habitants de la Reynerie réclame le maintien des inscriptions en 6e au collège Badiou, menacé de fermeture. Les enfants du quartier sont pour le moment redirigés vers des collèges du centre ville de Toulouse, de Tournefeuille ou de Balma, ce que beaucoup refusent. Une manifestation était prévue vendredi 19 à 14 h 30 place Abbal et devant le collège Badiou (18 heures).

Tech, indus, grand capital

Jeudi 18 à Marcillac-Vallon (Aveyron), une réunion publique sur le compteur Linky à l’invitation du Collectif du Vallon, opposé à son installation a réuni une quarantaine de personnes. Le collectif, suite aux avancées juridiques du cabinet d’avocats Artemisia, spécialisé dans les affaires d’environnement, a fourni aux communes les moyens d’agir contre le déploiement des compteurs : une délibération montrant que les compteurs font toujours partie du domaine public des communes. Et samedi 21 devant la préfecture place Chapou à Cahors (Lot), iels étaient une quinzaine à avoir répondu à un appel du collectif Alerte Linky 46, à l’occasion d’un week-end d’action national. « Nous sommes face à un déni de démocratie. Face aux dangers du compteur Linky, nous demandons un moratoire et un débat public national » indique Michel Guillaumin, un des membres du collectif. Dès 2016, plusieurs mairies ont refusé l’installation des nouveaux compteurs. Certaines ont été poursuivies en justice par Enedis.

Le parquet a requis trois années d’emprisonnement avec sursis simple contre l’ancien directeur d’AZF Serge Biechlin, et une amende de 225 000 € contre la société Grande Paroisse. Les plaidoiries de la défense ont eu lieu mardi 23 et mercredi 24 mai.

Violences d’état

La police aux frontières (PAF) de Toulouse et Marseille, avec le soutien de l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et de l’emploi d’étrangers sans titre (OCRIEST) ont interpellé mardi 16 mai quatorze personnes en régions parisienne et marseillaise. Huit ont été mises en examen pour « aide au séjour irrégulier », « faux et usage de faux » et « obtention frauduleuse de documents administratifs ». « L’association de malfaiteurs » a également été visée. À l’issue, cinq d’entre elles ont été écroué.e.s.

De 19 à 72 ans, iels brandissaient des pancartes jaunes et noires avec pour inscriptions, les noms, les photos et les conditions de décès des 43 personnes assassinées depuis que les manifestations ont commencé le 1er avril dernier au Venezuela. En sept semaines de mobilisation, 16 000 personnes ont également été blessées par les forces de l’ordre et 3 000 ont été incarcérées.

Jeudi 18 mai, vers 6 heures du matin, cinq personnes ont été enfermées en garde à vue accusées de cambriolages à Grenade, Léguevin et Beauzelle, lors d’une opération de gendarmerie menée par 65 gendarmes de la compagnie de Toulouse Mirail et de Muret.

Attention à vous les chouchou.e.s, du 15 mai au 16 juillet, puis du 25 septembre au 1er décembre, Tisséo va doubler les contrôles dans son réseau métro, tram et bus. En effet, l’an dernier, une enquête menée au printemps puis à l’automne a révélé que la fraude avait augmenté pour atteindre un taux de 6,7%. Jean-Michel Lattes, président du syndicat mixte des transports en commun [1] veut couper court à toute dérive. "Plus on intervient vite, mieux, c’est ». Les cent cinquante contrôleureuses sont donc renforcé.e.s par 80 personnes, recruté.e.s auprès d’agences de sécurité privées, qui vont agir par petits groupes, dans des lieux passants ou de façon itinérante. Il est vraisemblable que le tramway soit privilégié... La loi du 22 mars 2016, relative aux transports publics, a renforcé le pouvoir de police des agents [2]. L’an dernier, 16 000 PV ont été dressés. Un sur deux seulement (48%) a été payé par le contrevenant. Tisséo a évalué à 10 M€ le coût de la fraude par an, soit 27 000 € par jour.

Cishétéropatriarcat

La Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie s’est déroulée mercredi. C’était aussi le lancement à 19h place du Capitole du festival LGBT organisé par l’association Pride Toulouse, qui dure jusqu’au 10 juin. La soirée s’est poursuivie à l’espace diversité-laicité avec la projection de « Devenir il ou elle », un documentaire qui s’intéresse aux médecins et aux familles entourant et exerçant des violences transphobes sur cinq adolescent.e.s transgenres. Un film complaisant avec la transphobie, la psychiatrisation des parcours trans, la fétichisation des corps trans, et la binarité de genre, mais dont la réalisatrice (une adulte cis) défend fièrement le côté "non militant"... Les discussions qui ont suivi la projection ont été plutôt tendues, de nombreuses personnes trans présentes dans le public ayant voulu exprimer leur colère suite au visionnage du documentaire. La veille, une pride de nuit avait été organisée par un collectif autonome dans les rues de Toulouse et a réuni plusieurs centaines de personnes, sans aucun relai médiatique. Le cortège a défilé aux cris de "Toulouse, toulouse, on s’encule !", "Les féministes détestent la police", "FièrEs, vénèrEs, pas prêtes à se taire", "Ah si Marie avait connu l’avortement, on n’aurait pas tous ces emmerdements"... dans les rues Riquet, Gabriel Péri, puis après une petite pause au Capitole, rue Pargaminières, place Saint-Pierre, et retour au Capitole par la rue des Lois.

A Rodez (Aveyron), ce sont les associations Alertes et des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence qui ont pris la parole pour dénoncer l’homophobie et la transphobie qui sévit à différents niveaux partout dans le monde. La journaliste de la Dépêche, qui semble plutôt intéressée par le sujet, finit quand même son article par une grosse bourde en écrivant que "L’OMS ne supprimera l’homosexualité des maladies mentales qu’en 1993, la transphobie y étant encore répertoriée comme telle." [3] À Agen (Lot-et-Garonne), où c’est l’association Ecce Homo qui organisait un rassemblement place Wilson, on note aussi des efforts louables de lae journaliste pour relayer la parole des personnes concernées, sans pouvoir s’empêcher toutefois d’y ajouter une bonne dose de transphobie en mégenrant [4] la seule personne trans qui s’exprime.

Vendredi des syndicats de lycéen.ne.s avaient appelé à une "journée de la jupe", poursuivant un mouvement issu d’initiatives autonomes de lycéennes dans les années 2000 [5]. « Je suis contre le sexisme et le fait d’être insultée quand je porte une jupe » revendique Mailee, élève de seconde au lycée Gabriel-Fauré à Foix (Ariège). « J’ai fait les affiches et j’ai lancé des invitations sur les réseaux sociaux » confirme-t-elle. Un effort qui se heurte au profond masculinisme du journal La Dépêche, dont l’article s’intéresse seulement aux garçons du lycée qui ont répondu à l’appel en portant des jupes. Mais en ce qui concerne le sexisme la palme de la semaine revient quand même à cet article présentant ainsi la nouvelle détentrice du record du monde de force athlétique : "Mélanie, jeune, belle et très forte"... No comment.

Travail

Depuis quelques jours, une partie des personnels du service espaces verts de la mairie de Toulouse est en grève. Les agent.e.s grévistes souhaitent interpeller la municipalité sur la refonte du service prévue à la rentrée de septembre. « On va passer de 30 équipes à 22 mais on est censé assurer la même charge de travail ». Sur les 402 salariés, 60 ont suivi le mouvement. Soit environ 15 % de l’effectif. Mardi 16, iels étaient sur la place du Capitole pour tenir leur assemblée générale pendant qu’une délégation était reçue par les élu.e.s concerné.e.s.

Les infirmières du bloc opératoire de l’hôpital des enfants du CHU de Toulouse, en grève illimitée depuis jeudi 11 mai, ont manifesté mardi 16 au matin sur le site de Purpan. « Ce qui a déclenché notre colère c’est la réorganisation de nos plannings avec des jours pour lesquels nous connaîtrons au dernier moment nos horaires et notre lieu de travail, ça va créer de l’insécurité pour nous et les patients ». Une autre manifestation était prévue le 23 mai. Face à leur souffrance le directeur de Purpan n’a rien trouvé de mieux à dire que lui aussi souffrait mais ne "pleurait pas devant tout le monde". C’est une honte, mais malheureusement la direction poursuit dans cette voie en leur envoyant un huissier pour leur mettre la pression afin qu’elles reprennent le travail.

Notes

[1l’autorité politique en matière de transports publics de l’agglo

[2Avec par exemple l’apparition de ce nouveau délit : "Le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, tout message de nature à signaler la présence de contrôleurs ou d’agents de sécurité employés ou missionnés par un exploitant de transport public de voyageurs est puni de deux mois d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende."...

[3C’est bien sûr le fait d’être trans qui est considérée comme une maladie mentale et non pas la transphobie... En France, le suivi psychiatrique forcé est encore aujourd’hui le lot commun des personnes trans qui souhaitent avoir accès à toute forme de prise en charge de leur parcours de transition.

[4c’est à dire en utilisant un pronom qui ne correspond pas au genre de la personne désignée

[5née selon le Figaro en 2006 à Étrennes près de Rennes, ensuite récupérée médiatiquement et institutionellement notamment par Ni putes ni soumises

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