De l’importance de la presse papier (et la censure digitale à venir)

Traduction d’un article de CrimethInc. sur l’importance de la presse papier, ou pourquoi c’est important de sortir des réseaux sociaux même si ces derniers peuvent (encore) servir d’outils de communication pour les différentes luttes. Cette traduction est dans la continuité de cet article, suite à la "censure" subit par le CAMé et d’autres collectifs actifs sur Facebook.

Depuis 2017, nous avons distribué 50 000 stickers « Réfugié-e-s bienvenu-e-s ». Maintenant, en partie grâce à votre soutien, nous en avons imprimé 50 000 de plus. (Vous pouvez aussi commander les stickers du CAMé à prix libre en nous envoyant un petit message).

De nos jours, où les médias numériques sont la forme dominante de communication, nous restons passionnément engagé-e-s à imprimer du contenu et toute autre forme de communication qui intervient en dehors du monde digital. C’est catastrophique que des entreprises de technologie massives contrôlent autant de réseaux à travers lesquels nous communiquons les un-e-s avec les autres. Bien que nous reconnaissions l’importance d’utiliser ces réseaux, il s’avère qu’ils nous mettent dans une position extrêmement vulnérable, où nous dépendons d’institutions capitalistes réglementées par l’État pour communiquer.

Rien que cette année, nous avons vu plusieurs de nos posts supprimés des réseaux sociaux sous prétexte de violation de contenu. A tous les niveaux, cette politique de confidentialité est hypocrite et incohérente – par exemple, les fournisseurs réclament l’interdiction de « contenus violents » tout en offrant volontiers une publicité à l’armée américaine, parmi les institutions les plus meurtrières et destructrices de l’histoire de l’humanité. Évidemment, nous ne versons pas de larmes quand des sites comme The Daily Stormer et 8chan se voient refuser une plate-forme permettant de recruter des suprématistes blancs. Nous croyons que personne ne devrait être obligé-e de fournir des services aux racistes ou tout autre défenseurs de l’oppression. Mais alors que nous célébrons la décontamination numérique de l’extrême droite, l’histoire nous montre que la prochaine étape est de voir cette technique être utilisée contre celles et ceux qui défient l’État et le capitalisme en faveur d’une véritable libération.

En règle générale, le contrôle centralisé des infrastructures de communication permet aisément de maintenir une forme de status quo. Les jurisprudences établies pour empêcher celles et ceux qui tentent de changer les choses pour le pire peuvent être également utilisées contre celles et ceux qui luttent pour rendre les choses meilleures. La grande majorité des positions de l’extrême-droite ne rentre pas en conflit avec ces politiques relatives au contenu de nos grands seigneurs numériques : par exemple, il ne considèrent pas comme étant une « incitation à la haine » le fait de militer pour plus de violence d’Etat contre les réfugié-e-s. Et si, en effet, celles et ceux qui œuvrent à une libération du système capitaliste et de l’Etat sont les prochain-e-s à se voir censuré-e-s, le vide qui en résultera simplifiera la tâche des autoritaires dont les positions rentrent dans les limites de ces politiques relatives au contenu, leur permettant ainsi de se présenter au grand public comme les seuls ayant des propositions de programmes pour un changement social.

Lire la suite sur le site du Collectif Automédia Énervé.

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  • 3 septembre

    Il est aussi possible de créer des structures indépendantes comme les réseau mutu, ou les blog de no-blogs par exemple... Et il ne faut pas oublier que les réseaux sociaux forgent aussi un habitude de lecture qui mets beaucoup de chose sur le même plan : vidéo de chaton, appel à manif, vidéo complotiste, nouvelles des ami.es au loin etc... et rend parfois difficile le lien avec qui a produit l’info ou l’opinion que l’on lit, rendant difficile la construction d’un univers cohérent de référence.
    On dit souvent "j’ai vu passer un truc qui disait"...
    En fait c’est une copie des grands médias et une continuité du travail de confusion qui y est fait.
    Alors bien entendu le nombre de gens touchéss est important, bien entendu ce sont des outils populaires qui ont montré leur efficacités dans bien des cas... Il nous reste pourtant à trouver des stratégies pour sortir, et faire sortir de ces réseaux si toutefois notre projet n’est pas juste de "diffuser de l’information" mais plutôt de construire des affinités fortes pour passer à l’action contre ce monde...

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