(Re)devenir une menace

Le troisième mois de mobilisation contre le gouvernement s’achève. A Toulouse, les samedis sont toujours agités et le centre-ville a, depuis bien longtemps, délaissé ses oripeaux de temple de la consommation pour ceux de la contestation. Retour partiel sur la journée du samedi 16 février.

Les nerfs un peu à vif depuis l’attaque du cortège par les fafs la semaine dernière. Les jours précédant le rendez-vous de samedi ont été l’occasion de mises aux points, d’éclaircissement sur nos positions, sur ce qu’on voulait au sein du cortège, ce que l’on ne voulait surtout pas. Rien de mieux donc pour se resserrer autour de quelques chants pour réaffirmer tout ça, démontrer que nous sommes là et que l’extrême droite ne sera jamais la bienvenue. Quelques aventurier.e.s de cette extrême en feront les frais vers Alsace-Lorraine (la Dissidence française, aperçue un peu plus tôt le matin vers les Carmes) mais aussi boulevard de Strasbourg un peu plus tard. Ne pas faire de fixation mais être vigilant.e.s. Toujours.

Car les chien.n.e.s de garde et leurs affidé.e.s sont toujours présent.e.s, au coin des rues, bloquant l’accès à leur soi-disant prospérité. Ca tombe bien, nous on n’en veut plus mais on veut pas qu’on nous l’impose. Alors après s’être fait disperser une première fois au croisement de la Colombette, les plus déterminé.e.s sont allé.e.s au carton, rentrant dans le lard des condés postés comme des vautours rue Labéda. Les repousser un moment pour caler quelques feux de poubelles qui protègera le gros de la troupe qui n’en finit plus de pleurer de rage derrière au milieu des lacrymos éjectées de nouvelles katioucha. Comme tous les samedis la répression est féroce mais nous sommes toujours aussi nombreux à y faire face convaincu.e.s que notre combat est le bon. Et les porte-paroles des gouvernants quels qu’ils soient n’y peuvent rien, compensant leur impuissance par une arrogance outrancière, ne sachant plus par quel bout alimenter les controverses.

Eclaté.e.s en plusieurs parties, il est encore trop tôt pour rentrer. Certain.e.s se sont perdu.e.s vers Camille-Pujol mais on est quelques-un.e.s à reprendre le boulevard de Strasbourg pour arriver à Jeanne d’Arc et occuper le croisement. De l’autre côté, un bon cordon de CRS veillent aux grains devant cette foule qui, décidément, ne fait jamais comme on lui dit de faire. On glandouille un bon moment sur le bitume en attendant que se reforme un cortège petit à petit. Une petite bande remonte du boulevard Carnot mais pas suffisante pour offrir une masse conséquente face aux condés. Le gazage reprend avec pour objectif de nous disperser dans les rues et permettre à la BAC de prendre le relais. La chasse à l’homme est ouverte dans les rues proches de Victor-Hugo et heureusement qu’on peut se planquer derrière quelques gros parpaings, barricades de fortune laissées par les ouvriers du chantier du parking. Les flics veulent clairement nous éradiquer du centre-ville. Et tant pis si dans le tas se trouvent des personnes qui passaient par hasard. Après un énième gazage à Wilson, des gamin.e.s vomissent leur bile sur la chaussée, une jeune fille tombe raide à deux pas de nous. L’état n’en a rien à foutre, ce qui compte pour lui c’est que le centre-ville de Toulouse retrouve sa prospérité de moribond sous soin palliatif et peu importe la manière d’y parvenir.

La nuit est tombée depuis quelques heures quand les dernier.e.s émeutier.e.s finissent la journée. Un samedi comme les autres à Toulouse où rien n’a été laché. Les mécontent.e.s sont toujours présent.e.s dans les rues. De toute façon il est trop tard pour faire marche arrière. S’arrêter ouvrira la voie à la plus incroyable altération sociale qu’il n’y ait jamais eu en France. Reste à savoir comment réellement impacter les gouvernants dans leur tour d’ivoire d’ou transpire le mépris qui alimente notre colère.

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